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Mémoires marranes. Itinéraires dans le sertão du Nordeste brésilien
Wachtel Nathan
SEUIL
23,30 €
Épuisé
EAN :9782021038712
Enquête sur les traces des marranes au Brésil. Une mémoire marrane encore vivante se perpétue obstinément au Brésil, plus de cinq cents ans après la conversion forcée, jusque dans les terres arides du Nordeste, dans le lointain et mythique sertão. Ce livre part à la recherche de traces des judaïsants d?autrefois, de vestiges d?un passé si ancien, si occulté, en cet autre bout du monde, en ces immenses déserts de broussailles et d?épines, prédestinés en quelque sorte à tous les exils. Entre mémoire et oubli, la condition marrane s?accompagne au fil du temps de représentations et réactions ambivalentes, tant positives que négatives, à l?égard de l?héritage juif: soit la foi du souvenir et la vénération des martyrs, soit le déni des ancêtres qui ont transmis à leurs descendants le stigmate de leur sang impur. C?est donc d?un double processus que se compose la mémoire marrane, de deux mouvements antithétiques (mais non exclusifs car ils peuvent fort bien coexister parmi les membres d?une même famille, voire chez le même individu): d?un côté, fidélité persévérante malgré les bûchers, de l?autre, volonté de fusion et recherche de l?oubli (ce qui ne signifie pas disparition totale du champ de la mémoire). Or le Brésil, au cours de son histoire, a offert et offre des conditions particulièrement favorables à l?un comme à l?autre phénomène.
A travers la série de portraits marranes qu'il dresse, Nathan Wachtel retrace les itinéraires de ces Juifs du secret, espagnols et portugais, convertis de force à la foi catholique à partir de la fin du XIVème siècle. Certains qui ont fui l'Europe pour chercher refuge en Amérique établissent des réseaux de solidarités transcontinentales et contribuent à la création d'une économie ouvrant les voies à la modernité. Sur le plan religieux, à la fois juifs et chrétiens, dedans-dehors, les marranes développent des formes de pensée sceptique qui conduisent à la vision d'un monde moins dogmatique, plus complexe, plus relatif, plus tolérant : penser à Montagne et à Spinoza. Du pauvre hère que fut Juan Vicente au richissime trafiquant d'esclaves Manuel Bautista Perez, de l'érudit Francisco Maldonado de Silva à la "rustique" Theresa Paes de Jesus, l'auteur explore la condition marrane comme lieu des drames, des angoisses et des mutations de l'Occident moderne.
La population de la petite ville de Celendín dans la région de Cajamarca au Nord du Pérou à la réputation d'être d'origine judéo-portugaise. Selon la tradition orale, plusieurs "indices" conforteraient cette idée : les habitants de Celendín auraient la peau "la plus blanche de tout le Perou", et ils s'adonneraient au commerce ou aux études, ce qui expliquerait qu'ils voyagent toujours autour du monde, comme le "Juif errant". Par ailleurs, dans les années 1989-1991, la région Nord du Pérou (Trujillo, Cajamarca, Celendín, etc.) fut le théâtre d'une conversion collective au judaïsme orthodoxe de plus de cent personnes, suivie par de nombreux départs pour Israël. Ces faits curieux sont à l'origine d'une enquête aussi érudite que passionnante qu'a menée le spécialiste de l'Amérique latine et du marranisme, Nathan Wachtel, professeur au Collège de France, sur les origines juives portugaises de cette ville. D'où vient la réputation de l'origine juive portugaise de Celendin ? Ceux qui se sont officiellement convertis au judaïsme seraient-ils les descendants des nouveaux-chrétiens du temps de l'Inquisition ? Existe-t-il encore des traces de coutumes familiales qui manifesteraient une mémoire marrane - plus ou moins consciente ? Fidèle à la méthode de l'anthropologie historique, Nathan Wachtel révèle l'étonnante histoire de ces communautés, interrogeant leur identité. Mêlant enquête de terrain et documents d'archives, il fait d'incessants allers-retours entre le passé et le présent à travers la lecture des mythes et témoignages oraux. En historien et en anthropologue, l'auteur fait ainsi participer le lecteur à l'enquête et développe une démonstration magistrale.
Résumé : Nathan Wachtel raconte, avec tendresse et humour, ses retrouvailles avec les autochtones qui vivent non loin des cimes enneigées de la Cordillère des Andes, en Bolivie. Près de vingt ans après son premier séjour chez les Indiens Chipayas, bien des choses ont changé au village : l'intrusion de la modernité a défait peu à peu les cultes païens et transformé la religion des ancêtres. Pris dans l'engrenage des conflits actuels, l'ethnologue affronte, en compagnie des Chipayas, un univers de dieux et de vampires où se mêlent la quête messianique des sectes chrétiennes, les drames individuels et collectifs et l'intrigue policière. Ce " récit de voyage " permet aussi de mieux comprendre la part de subjectivité qui anime toute enquête sur le terrain. Car, par sa seule présence, l'ethnologue modifie le jeu des équilibres ou des déséquilibres du corps social dans lequel il s'est immiscé. Quel que soit son comportement, il n'est pas maître des interprétations auxquelles il donne prise : alors qu'il se voudrait sujet observant, il risque de se retrouver lui-même objet manipulé. Impossible de s'abstraire en pur regard extérieur. Dans ses aventures aux confins d'un monde en voie de disparition, Nathan Wachtel dévoile sa nostalgie, évoque ses " tristes tropiques " tout en s'interrogeant sur le sens du métier d'ethnologue.
Comment les sociétés précolombiennes qui, pendant des millénaires, avaient vécu isolées du reste du monde ont-elles subi le choc des hommes blancs ? Comment réagirent-elles, quelle fut leur évolution ? L'historiographie occidentale étudie généralement la Conquête, comme l'indique le mot, du seul point de vue des vainqueurs. Mais l'autre face de l'événement ? Pour les Indiens, l'arrivée des Espagnols a signifié la ruine de leur civilisation. Comment ont-ils vécu la défaite, comment l'ont-ils interprétée ? Comment le souvenir de ce cataclysme s'est-il perpétué dans leur mémoire collective ? Bref, quelle fut la vision des vaincus ? Voici l'une des premières tentatives pleinement réussies pour arracher l'histoire à une vision européo-centrée, pour nous déprendre, lecteurs occidentaux, de nos habitudes mentales et nous faire passer de l'autre côté de la barrière.
La Guerre et la Paix est une oeuvre mythique de la littérature russe et universelle, une vaste fresque historique et familiale, modèle de ce que seront les grandes sagas du XXe siècle. Sur le fond des grands événements du début du XIXe ? la campagne de 1805-1806 avec Austerlitz et celle de 1812-1813 avec Borodino et l'incendie de Moscou ? s'inscrivent les chroniques de deux familles appartenant à la noblesse russe, les Bolkonski et les Rostov. Des chroniques faites d'amour et de haine, d'interrogations sur la vie et la politique, traversées par les passions et les doutes.Traduite pour la première fois en français, cette version originelle de La Guerre et la Paix ? il y eut plusieurs éditions souvent différentes du vivant de l'auteur ? se fonde sur l'édition publiée dans « L'héritage littéraire » par l'Académie des Sciences de l'URSS. Elle permet aux initiés de mieux connaître les systèmes de pensée et de création artistique de Tolstoï. Par ailleurs, les réflexions philosophiques allégées, le rythme rapide, l'action resserrée, propres à tenir le lecteur en haleine, sans rien ôter à la richesse littéraire, devraient renouveler l'intérêt pour ce chef-d'oeuvre.