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Epistémè baroque : le mot et la chose
Vuillemin Jean-Claude
HERMANN
42,65 €
Épuisé
EAN :9782705684488
Extrait du prologue[...] on ne se fait pas en quelques jours à cette transposition, sinon de regarder les bruits, du moins d'écouter avec les yeux.M. Proust, Le Côté de Guermantes (II, p. 307).Écouter avec les yeux. La nature de ce stratagème astucieux, imaginé par la grand-mère du jeune Marcel pour dissimuler à sa famille et à ses proches une surdité inopinée lors de son ultime maladie, relève d'une coquetterie que d'aucuns pourraient qualifier de baroque. Toutefois, en dépit de son efficacité pragmatique et de la pertinence de son affiliation esthétique présumée, cette prothèse auditive d'un genre inédit ne facilite pas davantage l'intelligibilité du phénomène baroque qu'elle ne parvient à tromper le narrateur de la Recherche. Et cela pour deux raisons, au moins. D'une part, parce que les spécialistes du Baroque savent qu'en la matière l'imagination le dispute souvent au regard et, d'autre part, plus fondamentalement, parce que «baroque» signifie plus ou moins tout et son contraire. C'est d'ailleurs un lieu commun de prétendre que le Baroque ne saurait admettre de définition parfaitement assurée. «Sa définition veut qu'il soit rebelle à la définition», décréta jadis Jean Rousset, l'un de ses plus éminents connaisseurs (Littérature de l'âge baroque, p. 240). Selon Rousset, il serait même du génie du Baroque de «s'évanouir sous la prise et de réapparaître, tel Protée, sous une forme nouvelle» (ibid.). Telle était déjà l'opinion de Werner Weisbach en 1941 pour qui le style baroque, «in all its variety, admits no définition» (Spanish Baroque Art, p. 3). Après bien d'autres, Jeanyves Guérin affirme à son tour que la notion de Baroque est «fuyante, efflorescente, protéiforme» et conclut qu'il est par conséquent «malaisé de l'enfermer dans une définition discursive» (Audiberti et le Baroque, p. 24).A l'image des motifs récurrents de la poésie estampillée «baroque»: rêveries désordonnées, eaux jaillissantes, flammes et fumées improbables, bulles et lucioles précaires, nuages en mouvement, etc., le dynamisme caractérisant ce prétendu Baroque ferait que celui-ci se dérobe sans cesse à la rigueur postulée du discours analytique et à sa visée totalisante. Aucune définition n'est en tout cas parvenue à rendre compte de façon satisfaisante de la nature d'un phénomène qui, en définitive, participe peut-être moins de la conceptualisation que de l'expérience, moins du tangible que d'une manifestation de l'imaginaire. Il n'est d'ailleurs pas rare que les théoriciens du Baroque, à commencer par Jean Rousset pour qui la révélation baroque fut «une sorte de coup de foudre» (Littérature de l'âge baroque, p. 7), fassent état d'une rencontre passionnelle et décisive avec ce qui allait devenir leur objet d'étude privilégié. Dans la préface de Du Baroque, Eugenio d'Ors retrace une espèce de cristallisation amoureuse qui, de lectures en musées, d'excursions en méditations, le conduisit jusqu'à l'abbaye de Pontigny où, en août 1932, il dévoila sa version du Baroque. «Ce livre», confesse d'Ors dans l'incipit, «est un roman, un roman autobiographique: aventure d'un homme qui s'éprend lentement d'une idée». De même, c'est à un «mythe personnel» que Christine Buci-Glucksmann identifie le «rapt baroque» (p. 16) qui allait la conduire à La folie du voir (Galilée, 1986).Réfractaire à tout esprit de système, sinon par nature du moins par décret péremptoire de ses herméneutes, et rebelle à une définition réductrice parce que nécessairement totalisante - «To define is to limit» (Wilde, Dorian Gray, p. 162) -, le Baroque échappe aussi, nous le verrons, à une étymologie fiable et univoque. Si le recours fréquent à des guillemets prophylactiques allant souvent de pair avec l'utilisation du terme permet d'éluder la réflexion, il ne saurait en tout cas dénouer une problématique dont l'une des composantes semble relever de l'inachèvement, du fantasme onirique, de la liberté. Le «génie» du Baroque, prétend Gérard Genette, est «syncrétisme, son ordre est ouverture, son propre est de n'avoir rien en propre et de pousser à leur extrême des caractères qui sont, erratiquement, de tous les lieux et de tous les temps» («D'un récit baroque», p. 222). Que représenterait, en effet, une définition ou un dénombrement du Baroque, si ce n'est précisément ce à quoi paraît vouloir échapper le phénomène: un étiquetage et un enfermement? «Donner un nom», avertit Jacques Derrida, «c'est toujours, comme tout acte de naissance, sublimer une singularité et la livrer à la police» (Glas, p. 13). Certes. Toutefois, même s'il n'est pas exclu que l'un des intérêts du Baroque puisse résider dans l"«impossibility of its définition», comme le revendiquait Paul de Man à propos de la théorie littéraire («Résistance to Theory», p. 3), ou dans ce type d'imprécision que Paul Veyne accordait aux concepts historiques, qui «permettent de comprendre parce qu'ils sont riches d'un sens qui déborde toute définition possible» (Comment on écrit l'histoire, p. 89), il n'en demeure pas moins qu'au pays de Descartes ce flou conceptuel fertile à toutes sortes de contresens n'a certainement pas joué en faveur d'un terme mis aujourd'hui à toutes les sauces."
Fort d'une approche généalogique aux accents nietzschéens et nourrissant un scepticisme systématique à l'égard de tous les universaux, Foucault l'intempestif bouscule l'apparente immuabilité des choses et des êtres en les dévoilant comme résultant de catégories contingentes, et donc contestables. Contempteur des certitudes infligées et des consensus établis, il invite à se départir de l'assoupissement grégaire en s'étonnant de ce qui jusqu'alors semblait aller de soi ; à se déprendre pour mieux (se) comprendre. Outre les réflexions foucaldiennes, parfois déconcertantes mais toujours pertinentes, sur les processus d'assujettissement et les modalités de subjectivation, ce sont principalement deux aspects de la "pensée Foucault" - rupture des évidences tranquilles du bon sens et congruité des discours (logos), et des actions (ergon) - que ce livre met en exergue, tout en revisitant certains concepts phares qui lui sont attachés.
A 78 ans, le Docteur Bruno Vuillemin, médecin rhumatologue, ancien médecin du sport et chef de service de gériatrie, met à profit ses expériences personnelles et professionnelles pour proposer une approche nouvelle et optimiste de la vieillesse.
C'est arrivé par l'ouest. Le vent du couchant s'est levé et a apporté une pluie fine continue. D'autres racontent que ce n'est pas ainsi que les choses ont débuté. La pluie serait arrivée dans un second temps. Des phénomènes précurseurs n'ont pas été interprétés comme tels. Il reste que la pluie tombait et qu'elle n'a pas cessé de mouiller les sols, emplir les rus et les ruisseaux, et grossir les fleuves.
Guardia Jean de ; Parmentier Marie ; Vuillemin Jea
Résumé : Les essais réunis dans ce volume interrogent aussi bien le temps des ?uvres que le temps à l'?uvre, c'est-à-dire sa formulation narrative mais également son pouvoir d'érosion et de genèse qui affecte les hommes, auteurs et lecteurs, les livres qu'ils écrivent ou qu'ils lisent et les genres littéraires qu'ils pratiquent. Si l'on veut explorer l'?uvre du temps, on ne peut s'en tenir à l'hypothèse que les intrigues se contentent de mettre en ordre l'histoire et de la doter d'un sens, il nous faut à l'inverse définir les fondements d'une poétique de la discordance narrative qui permette de suivre le glissement du sens dans le temps. Cette réflexion sur le temps soulève une question subsidiaire mais non moins essentielle: "D'où vient le récit et où va-t-il?" Tenter de répondre à cette question exige de sortir de l'emprisonnement textualiste pour (rejpenser la manière dont la narration émerge de la vie et retourne à elle. Il s'agit aussi de marquer la différence qui existe entre les récits qui visent à clarifier le passé, ceux qui veulent en témoigner fidèlement, et ceux enfin qui tentent de mettre en scène le caractère tâtonnant et ouvert des histoires inachevées, tournées vers un avenir à vivre, à écrire ou à lire. Face à la crise que connaissent aujourd'hui les études littéraires et à l'inquiétude que génèrent les usages médiatiques, politiques ou économiques du storytelling, il s'agit de rappeler que la théorie narrative permet de reconnaître dans la littérature le plus fascinant des laboratoires du récit. Si l'homme n'est pas autre chose qu'un faisceau d'histoires, alors l'analyse narratologique des ?uvres littéraires demeure la voie royale pour accéder à son humanité.
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Vers l'autre flamme s'inscrit bien au c?ur d'une actualité dont les débats idéologiques et culturels confirment la pertinence du regard que portait Istrati sur l'Occident et «Octobre rouge».Un regard contemporain dont l'acuité est révélée par un présent qui n'en finit pas de reproduire son passé... De prisons en ghettos, d'asiles psychiatriques en lois martiales, la gangrène totalitaire exerce ses ravages sans distinctions idéologiques. À de rares exceptions près, nos sociétés, qu'elles se proclament prolétariennes ou libérales, violent impunément les droits et les libertés élémentaires de l'homme. Un homme asservi et exploité par l'homme. À quoi s'ajoute cette tare congénitale des sociétés modernes : la bureaucratie, expression maligne du pouvoir d'État.
Le roi Salomon suppliait l'Eternel de lui accorder un coeur intelligent. Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de la bureaucratie, c'est-à-dire d'une intelligence purement fonctionnelle, et de l'idéologie, c'est-à-dire d'une senti-mentalité binaire indifférente à la singularité des destins individuels, à quelle instance adresser cette prière? Ce livre répond: à la littérature. Me fiant à mon émotion, j'ai choisi neuf titres:"La Plaisanterie"de Milan Kundera,"Tout passe"de Vassili Grossman,"Histoire d'un Allemand"de Sebastian Haffner,"Le Premier Homme"d'Albert Camus,"La Tache"de Philip Roth,"Lord Jim"de Joseph Conrad,"Les Carnets du sous-sol"de Fédor Dostoïevski,"Washington Square"de Henry James et"Le Festin de Babette"de Karen Blixen. Et je me suis efforcé de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde". Alain Finkielkraut.
La lecture n'a pas toujours été une activité solitaire : elle s'est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l'écrit et l'oral s'estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l'objet-livre, à l'activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation...) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n'est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel. On passe progressivement d'une lecture sacrée à une lecture profane, et d'une lecture édifiante à une lecture dangereuse — celle des romans, longtemps accusés de favoriser le vice de la curiosité. A l'heure où la lecture subit de profondes mutations, ces textes sont autant de témoignages d'une activité qui traverse les siècles et questionne notre rapport à la tradition et à l'altérité.
Quelle est la chose que l'on recherche quand on sent des gouttes ? Quelle est la différence entre la lettre "i" et un clocher ? Qu'est-ce qui va de pis en pis et se porte de mieux en mieux ? Depuis l'Antiquité et depuis cinq siècles en France, on surprend nos auditeurs en utilisant toutes sortes d'énigmes, de jeux de mots, qui sont autant de traits d'esprit. Voici plus d'un millier de devinettes : quiproquos, raisonnements, différences, combles... en prose ou en vers, anciens et modernes. Saurez-vous vraiment découvrir les réponses à ces facétieux traits d'esprit ? Enigmes, devinettes, charades, rébus : ce livre rassemble plus de 1 000 jeux de mots sous la forme de questions malicieusement posées. Mêmes si toutes les réponses sont données, idéal pour mettre l'esprit à la torture ou exciter la curiosité.