Rien de plus naturel que la reproduction ? Marque supposée de notre existence biologique, celle-ci s'imposerait à nous comme une pulsion, voire une finalité. Pourtant, lorsqu'il s'agit d'engendrer ou de procréer, rien n'est "naturel", instinctif ou spontané. Une multitude d'agents interviennent au contraire pour encadrer la manière dont se fabriquent les familles : professionnels de l'action sociale, médecins, juristes, psychologues, etc. Qu'ils régulent la PMA, soignent la maternité "dysfonctionnelle" ou encadrent l'adoption, ce sont eux qui édictent les possibles, définissent l'acceptabilité relative des situations et mettent en place les conditions de leur réalisation. Réflexion critique d'ampleur sur la manière dont on traite aujourd'hui la famille, cet ouvrage, construit à partir d'enquêtes de terrain, met au jour la manière dont les institutions administrent nos désirs et façonnent nos existences. La famille, loin d'être une évidence, se révèle alors un espace fascinant pour analyser les formes contemporaines du pouvoir et le gouvernement de la vie.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour: elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».
Résumé : En 1904-1905, Max Weber publie la première version de L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme. Il signe là le manifeste inaugural d'une sociologie de la religion qui récuse la réduction exclusive du fait religieux à un irrationnel et étudie l'articulation entre les "intérêts" religieux et les pratiques sociales, les causes symboliques et les effets sociaux ou économiques. La présente traduction d'Isabelle Kalinowski - chargée de recherche au CNRS - comprend les trois premiers textes du Recueil d'études de sociologie de la religion de 1920 : la "Remarque préliminaire", le texte augmenté de L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme (avec indication des variantes par rapport à la première édition) et l'article sur Les Sectes protestantes et l'esprit du capitalisme. La lecture de cet ensemble foisonnant est guidée par une annotation et une présentation fournies.
Ecologie, économie, politique... Il n'est pas de domaine qui ne soit hanté par l'idée de crise. Et pourtant, ce mot galvaudé, synonyme d'incertitude et de rupture, s'est comme vidé de l'intérieur, jusqu'à devenir " grossier et creux ". Avec clarté et sagesse, Edgar Morin tente de lui redonner un peu d'épaisseur et de faire émerger une conscience de la crise en analysant les bouleversements qui ont secoué le XXe siècle, pour réfléchir ensuite à notre entrée dans le XXIe siècle, entre chaos et renaissance. En envisageant la crise comme une sorte de laboratoire pour étudier in vitro l'évolution de la société, Edgar Morin interroge le destin de l'identité humaine et rend possible l'avènement d'une nouvelle vision du monde.
Peu d'idées sont autant galvaudées aujourd'hui que celle de " réalité ". Hommes politiques, chefs d'entreprise, mais aussi économistes, romanciers s'en réclament : seul le réalisme semble recevable, et il suffit à tout justifier. La réalité constitue désormais, dans notre mentalité collective, la valeur étalon. Elle est le nouveau dieu que nous vénérons ; le dernier qui reste en magasin, peut-être. Mona Chollet épingle l'usage pernicieux de cette notion dans tous les types de discours et démontre pourquoi l'injonction réaliste relève de l'imposture. Dans ce livre mordant et salutaire, elle met à nu l'idéologie implicite de certains " réalistes ", elle ouvre aussi joyeusement un chemin de traverse. Elle nous rappelle les bienfaits de l'imagination et du rêve, non pas pour " fuir la réalité ", mais au contraire pour se donner une chance de l'habiter pleinement.
Weber Max ; Joly Frédéric ; Mylondo Baptiste ; App
Il y a plus de deux siècles, une philosophie de l'avarice s'est emparée de l'Occident. Depuis lors, elle s'est étendue au monde entier, accentuant sans cesse son emprise sur nos vies et aboutissant à une mise au travail généralisée. C'est cet "esprit" que Max Weber analyse dans un fameux chapitre de L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme, son chef-d'oeuvre. Car le capitalisme, ce ne sont pas des doctrines ou une idéologie, mais une sensibilité culturelle, un style moral, une psychologie. C'est moins le marché, le profit, le calcul, et plus un tempérament, qui intègre de l'irrationnel, donc du risque et de l'incertitude. Delà, comme le montre l'anthropologue Arjun Appadurai dans sa postface, toute la modernité de la pensée de Weber, qui nous permet de comprendre le fonctionnement - et les ratés - du capitalisme financier aujourd'hui.