Rien de plus naturel que la reproduction ? Marque supposée de notre existence biologique, celle-ci s'imposerait à nous comme une pulsion, voire une finalité. Pourtant, lorsqu'il s'agit d'engendrer ou de procréer, rien n'est "naturel", instinctif ou spontané. Une multitude d'agents interviennent au contraire pour encadrer la manière dont se fabriquent les familles : professionnels de l'action sociale, médecins, juristes, psychologues, etc. Qu'ils régulent la PMA, soignent la maternité "dysfonctionnelle" ou encadrent l'adoption, ce sont eux qui édictent les possibles, définissent l'acceptabilité relative des situations et mettent en place les conditions de leur réalisation. Réflexion critique d'ampleur sur la manière dont on traite aujourd'hui la famille, cet ouvrage, construit à partir d'enquêtes de terrain, met au jour la manière dont les institutions administrent nos désirs et façonnent nos existences. La famille, loin d'être une évidence, se révèle alors un espace fascinant pour analyser les formes contemporaines du pouvoir et le gouvernement de la vie.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour: elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».
Peu d'idées sont autant galvaudées aujourd'hui que celle de " réalité ". Hommes politiques, chefs d'entreprise, mais aussi économistes, romanciers s'en réclament : seul le réalisme semble recevable, et il suffit à tout justifier. La réalité constitue désormais, dans notre mentalité collective, la valeur étalon. Elle est le nouveau dieu que nous vénérons ; le dernier qui reste en magasin, peut-être. Mona Chollet épingle l'usage pernicieux de cette notion dans tous les types de discours et démontre pourquoi l'injonction réaliste relève de l'imposture. Dans ce livre mordant et salutaire, elle met à nu l'idéologie implicite de certains " réalistes ", elle ouvre aussi joyeusement un chemin de traverse. Elle nous rappelle les bienfaits de l'imagination et du rêve, non pas pour " fuir la réalité ", mais au contraire pour se donner une chance de l'habiter pleinement.
Résumé : De tous les sociologues français du XXe siècle, Pierre Bourdieu (1930-2002) est sans doute aujourd'hui le plus connu et le plus controversé. Son oeuvre foisonnante a durablement marqué le champ intellectuel en France et dans le monde. A l'origine d'une nouvelle théorie du monde social qui s'appuie sur des concepts clés tels que l'habitus, la violence symbolique ou le champ, Pierre Bourdieu s'attache à mettre au jour la réalité des rapports sociaux pour mieux la dénoncer. Cet ouvrage présente trois dimensions centrales de l'oeuvre de Pierre Bourdieu : sa réflexion épistémologique sur le métier de sociologue, sa théorie de l'espace social et l'élaboration de ses principaux concepts d'analyse à travers l'étude de domaines particuliers (école, culture, Etat et économie). Dans chacun des chapitres, sont présentés, outre les écrits de Pierre Bourdieu, des travaux d'auteurs qui ont poursuivi sa réflexion ou qui s'en sont inspirés. C'est en s'intéressant aux apports et aspects critiques de la sociologie de Pierre Bourdieu que peuvent être saisies l'importance et la nature de son influence intellectuelle aujourd'hui.
Ecologie, économie, politique... Il n'est pas de domaine qui ne soit hanté par l'idée de crise. Et pourtant, ce mot galvaudé, synonyme d'incertitude et de rupture, s'est comme vidé de l'intérieur, jusqu'à devenir " grossier et creux ". Avec clarté et sagesse, Edgar Morin tente de lui redonner un peu d'épaisseur et de faire émerger une conscience de la crise en analysant les bouleversements qui ont secoué le XXe siècle, pour réfléchir ensuite à notre entrée dans le XXIe siècle, entre chaos et renaissance. En envisageant la crise comme une sorte de laboratoire pour étudier in vitro l'évolution de la société, Edgar Morin interroge le destin de l'identité humaine et rend possible l'avènement d'une nouvelle vision du monde.
Faire de la sociologie une science, tel était le souhait de Durkheim lorsqu'il publie en 1894 cet ouvrage dans la Revue philosophique. Appliquant le rationalisme scientifique aux phénomènes sociaux, la sociologie a pour vocation d'établir des lois de la vie sociale comme il existe des lois de la nature. Dans une introduction, François Dubet explique l'argument de Durkheim, ses lignes de force mais aussi les quelques aspects plus critiquables, plus d'un siècle après la publication du livre.