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Le grand partout
Vollmann William Tanner ; Baude Clément
ACTES SUD
22,40 €
Épuisé
EAN :9782742799428
Dans la tradition des ?hobos? empruntant illégalement des trains de marchandises pour des destinations aléatoires, William Vollman parcourt les Etats-Unis, en compagnie de son ami Steve Jones, à la recherche du Grand Partout. Dans cette odyssée initiatique au sein de la décourageante Amérique de Bush, l?écrivain se fait, à son tour, ?clochard céleste?, pour célébrer des paysages inoubliables, convoquer des mythes disparus et se confronter à la vérité de son désir. Le Grand Partout est le récit d?un périple à travers les Etats-Unis entrepris sous prétexte d?effectuer une enquête journalistique, par un vieil enfant de l?Amérique parti sur les traces de ses pairs (de Twain à London en passant par Thoreau, Hemingway, Thomas Wolfe ou Kerouac), à la recherche de mythes fondateurs défigurés par l?administration Bush. Pour mener son enquête tout en reprenant possession symbolique de ce territoire, Vollmann adopte la méthode ?hobo?, sautant, en toute illégalité, d?un train de marchandises à l?autre. Seuls ces lourds convois, grands reptiles du métal (matériau noble détrôné par la civilisation du tout-plastique) qu?il fréquente, le plus souvent en compagnie de son ami Steve, permettent de faire l?expérience d?un état d?expansion illimitée et d?apprivoiser l?angoisse de la prédestination. Ces monstres de fer aux allures de missiles, chargés d?acide sulfurique, chlorhydrique, ou de sirop de maïs, avec leurs mystérieux conteneurs couverts de graffitis, sont pour Vollmann ? qui compare leur bruit de ferraille aux battements de pied d?un danseur de flamenco ? ce que les bateaux ou les vapeurs furent pour Mark Twain. L?expérience du voyage clandestin en train est héraclitéenne: fleuves, routes et voies ferrées sont la vie même. Sur les plates-formes corrodées par la rouille de gigantesques gares de triage (dont un hobo raconte qu?elles lui font penser à ?l?arrêt de train d?Auschwitz à cause de toutes les lumières en hauteur?), on planque dix heures d?affilée, on respire ?l?air du réel?, ce réel dont le déni tue. On y devient pure sensation et pure action, quitte à se blesser, saigner, avoir peur: partout des hommes équipés de talkies-walkies et de lampes-torches, partout des panneaux Défense d'entrer, sans parler du risque de rencontrer les membres des féroces FTRA (Freight Train Riders of America), véritables serial killers ferroviaires qui vont en meute ? ou les ?bourrins? qui déshabillent les resquilleurs et les volent (s?en prenant jusqu?aux fausses dents de leurs victimes), tout en continuant à les tabasser allègrement. Les hobos sont le plus souvent des hommes (malheureux en amour), et forment une société souterraine, loyale et solidaire (en général), qui a son Roi et sa Reine mais n?est fédérée que par le désir de partir et par une loi morale: ?Ne jamais rien voler d?autre qu?un voyage.? Population invisible dont les membres sont perçus comme des déchets, et qualifiés de ?trolls? par le ?citoyen? craintif, ils sont les représentants d?une culture en voie de disparition, dont les tenants ont été décimés par l?alcoolisme, mais qui a ses icônes, ainsi de Guitar Whitey, grand resquilleur devant l?Eternel, de 1924 à la fin des années 1990! Au-delà de cette enquête en forme de partage des conditions de vie hobo, le but personnel de Vollmann (qui informe aimablement le lecteur qu?existe un ?Atlas du resquilleur? disponible dans une librairie alternative de Portland et carbure au whisky en palabrant avec Steve sur les ossements de dinosaures ou sur Little Bighorn) est d?accéder au Grand Partout (à ne pas confondre avec le Grand N?importe Où), où est sise la légendaire Montagne Froide, lieu mythique décrit par les sages chinois (dont le poète Han Shan) qu?il a pour intention d??américaniser? (voire de ?californiser? ? Vollmann habite à Sacramento), tout en craignant qu?elle ne soit qu?un leurre: et s?il n?existait pas de ?Dernier Beau Coin du Pays?? Ni d?amour? Chez les hobos, ce dernier n?est, en effet, jamais du voyage, sinon sous la forme du sexe brutal: fellations en bordure des voies ferrées, graffitis obscènes, réifications du désir sous forme de ?divinités locales? (dont une fameuse Vénus Diesel qui, telle une image pieuse, orne les parois de maints wagons), souvenirs d?amours disparues chevauchant les rails, et charnelles putes salvatrices au grand c?ur. Mais, à défaut de conduire à la Montagne froide, le voyage aura accumulé un fabuleux trésor de paysages emportés dans le mouvement. ?Le regard se pose sur un îlot, et cet îlot est entier, donc parfait, et puis il n?est plus là.? Encadrés par les portes d?un wagon, le monde prend des allures de ?belle image dans un musée.? Silhouettes d?arbres dansants, captivants théâtres d?ombres glissantes, sang écarlate d?un signal lumineux, viaducs de légende: l?infini est à disposition, stylisé jusqu?à l??émerveillement? qui fait tant défaut à la vie sédentaire. Au fil de pages splendides et inspirées, l?écrivain convoque alors l??il du peintre et du photographe qu?il est également. A travers cette chronique douce-amère d?un temps perdu, cette élégie célébrant la disparition d?un monde, celui du Grand Ouest des pionniers, auquel s?est substitué une omniprésente laideur plastifiée et une soumission amorphe, Vollmann questionne son propre ?désir d?Amérique? aujourd?hui. Vouloir y voyager c?est, quand on est comme lui ?un embrasseur et pas un pilleur?, tenter de sortir de l?image, pour voir et être brûlé par ce qu?on voit, le réel, pour ne cesser d?ouvrir ?les cadeaux de Noël?, pour la beauté sauvage qui fait monter les larmes aux yeux, pour récupérer un peu de liberté dans une Amérique où, au nom de l?américanisme, on malmène les Américains. Mais les folies ferroviaires de Vollmann (lui-même petit-fils d?un conducteur de trains de l?Union Pacific!) sont celles d?un privilégié, d?un ?putain de citoyen? qui se décrit comme devenant vieux, fatigué, gros et manquant de courage, même dans son envie de devenir ?hors sujet? avant de s?interroger: ?Aller n?importe où et aller nulle part, n?est-ce pas la même chose? Tout fuir et tout poursuivre, n?est-ce pas la même chose??, faisant peut-être de la peur le fondement du bonheur, et, de la question ?où suis-je?? l?une des meilleures réponses à la question ?qui suis-je??
Résumé : Dans cet impressionnant recueil de nouvelles, William T. Vollmann nous offre une incursion aussi magistrale qu'envoûtante dans les territoires infinis du surnaturel, à travers des histoires de fantômes, de vampires et autres créatures démoniaques vaquant à leurs magiques ou funestes besognes, des Balkans au Japon en passant par le Mexique et les Etats-Unis. Au fil de ce kaléidoscope narratif placé sous le double signe de la mort et de l'érotisme, l'écrivain joue avec les codes du roman d'aventures, du thriller, du fantastique et de l'horreur pour transporter le lecteur dans un univers fantasmagorique où l'amour et le désir rendent possible l'inimaginable. Ce "Livre des morts", regorgeant de spectres, goules, sorcières et monstres en tout genre, s'attache à la façon dont les vivants tentent d'échapper à la mort, de la contrôler ou même de la séduire. Tremblez.
William T Vollmann est né à Los Angeles en 1959. Auteur d'une douzaine de romans et d'essais - dont Le Cycle des sept rêves, auquel appartient La Tunique de Glace -, considéré par la critique somme l'un des plus grands écrivains de sa génération, il a remporté en 2005 le prestigieux National Book Award.
Durant une dizaine d'années, de 1993 jusqu'en 2002, William T. Vollmann a beaucoup séjourné en Afrique et dans le monde musulman. A Madagascar, il s'est mêlé aux populations les plus miséreuses. En Malaysia, comme en République du Congo et dans l'ancien Zaïre, il a côtoyé les insurgés et séparatistes de tout bord. En Somalie, il s'est embarqué avec les Marines. Et en Irak, en Afghanistan ou au Yémen - où il s'est rendu au lendemain des attentats du 11 septembre - William Vollmann a approché, du plus près qu'il l'a pu, la réalité et les causes de la haine de l'Amérique. L'auteur de Gomorra, Roberto Saviano, écrit : "Vollmann raconte ce que sont l'Histoire et l'humanité, et sonde tous les aspects de cette dernière. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Dans ses livres-reportages, il est là, enfoncé dans la réalité qu'il explore. Raconter la misère de l'homme, la toxicomanie, la prostitution, l'exploitation farouche ne signifie pas être attiré par l'abjection, ou exalter la dégradation. C'est voir son propre temps plus clairement et rechercher dans les traces du présent, tel un archéologue, les sédimentations du passé, là où l'homme demeure identique à lui-même, dans sa soif de pouvoir, de sang, de conquête."
1815 : le continent américain a été cartographié à l'est, à l'ouest et au sud. Parti à la découverte du mythique passage du Nord-Ouest, Sir John Franklin disparaît dans les glaces avec tout son équipage. Alternant l'histoire détaillée de l'expédition Franklin et les tribulations plus contemporaines du capitaine Subzéro, un Américain obsédé par la blancheur apocalyptique du Grand Nord qui vit une histoire d'amour avec une jeune Inuit, William T. Vollmann signe un fascinant roman où récit historique, reportage et fiction s'entrelacent en une étonnante composition pour rendre hommage à la beauté aveuglante d'une région plongée dans la nuit perpétuelle et à un peuple en lutte pour sa survie.William T Vollmann est né en 1959 à Los Angeles et réside à Sacramento. Ecrivain prolixe, journaliste, photographe et peintre, il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, parmi lesquels La Famille Royale (Actes Sud, 2001: Babel n° 743) et Central Europe (Actes Sud, 2007), pour lequel il a reçu le National Book Award.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n?est pas la première fois qu?il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu?on lui fche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s?intéresser particulièrement à lui; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfn à faire craquer la glace qui l?enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.
Le temps n'est que la rivière où je m'en vais pêcher. Je bois son eau; et tout en buvant, je vois le fond sablonneux et remarque comme il est peu profond. Son faible courant entraîne toutes choses, mais l'éternité demeure. J'aimerais boire plus profond; pêcher dans le ciel, dont le fond caillouteux est semé d'étoiles. Je ne peux compter jusqu'à un. Je ne connais pas la première lettre de l'alphabet. J'ai toujours regretté de ne pas être aussi sage que le jour de ma naissance.
Résumé : Si Truman Capote est surtout connu pour deux titres, De sang-froid et Petit déjeuner chez Tiffany, il fut extraordinairement doué pour des genres très variés : romans, nouvelles, journalisme, enquêtes, portraits sont connus. Mais il mérite tout autant d'être redécouvert comme auteur de récits de voyage, de scénarios, de pièces de théâtre, et même d'une comédie musicale. Ses entretiens comme sa correspondance, sont émaillés de phrases cinglantes - on le traitait volontiers de langue de vipère... - qui, avec le recul du temps, semblent le plus souvent pertinentes malgré leur extrême méchanceté : il écrit ainsi à propos d'un roman qui vient de paraître " J'ai sûrement lu pire, mais je ne m'en souviens pas "... Cet homme immensément cultivé fut aussi l'un des pionniers, sinon l'inventeur, d'un genre littéraire, avec De sang-froid qui répond à un défi : " transformer la vérité en fiction ou la fiction en vérité ". Il aura beaucoup d'imitateurs, mais peu parviendront à atteindre la même profondeur. Enfin, ce " solitaire mondain " a connu " tout le monde " en Europe et aux Etats-Unis, a été photographié par les plus grands photographes (Richard Avedon, Cartier-Bresson ou le futur lord Snowdon), était présent dans les shows de télévision et dans les pages de Playboy et de Vanity Fair. À travers ses écrits comme à travers les documents présentés dans le " Vie et oeuvre " c'est tout le milieu littéraire et artistique de son temps qui revit.
Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner)Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir.Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation.Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire.Traduit de l'anglais par David FauquembergChanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.