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RACE ET ETAT
VOEGELIN
VRIN
36,00 €
Épuisé
EAN :9782711617593
Publié à Vienne en 1933 par Eric Voegelin (1901-1985), alors jeune privat-dozent en politique et sociologie, Race et État fut assez rapidement retiré de la vente par son éditeur. En effet, mettant à profit les connaissances en génétique de l'auteur, la première partie propose une analyse critique minutieuse des théories prétendument scientifiques de la race, alors en vigueur. Utilisant les thèses de Scheler, d'Aristote, de Descartes, ainsi que l'anthropologie du jeune Fichte, Eric Voegelin les replace dans le cadre d'une anthropologie philosophique des relations entre le corps, l'esprit et l'âme. De même que l'État tribal ou le royaume du Christ, l'idée moderne de race fait partie de la réalité politique et propose une image symbolique de la communauté, dont l'idée de millénarisme est une composante-clé. Eric Voegelin analyse donc dans la seconde partie le mythe de la race nordique tel qu'il a été élaboré à partir du milieu du XIXe siècle par G. Klemm, A. de Gobineau et A. Rosenberg en forgeant sa contre-image : celle de l' anti-race juive. L'écho tout particulier qu'a trouvé cette idée en Allemagne s'expliquerait en définitive par un sentiment d'infériorité des Allemands à l'égard des Juifs, représentants de la race élue .
Telle est donc la conclusion : si Hitler avait été stupide ou criminel, étant donné que les gens ont massivement voté pour lui, cela aurait impliqué que, eux aussi, étaient stupides ou criminels. Or cela n'est pas possible. Donc Hitler n'était ni stupide ni criminel. Il faut trouver un nom pour désigner cet "argument" et, puisque ce monsieur dont je ne veux pas donner le nom habite rue Buttermelcher, j'appellerai ce phénomène de résistance, qui est un problème d'actualité, le "syndrome Buttermelcher". L'autre possibilité - mais c'est ce point qu'on refuse d'envisager - est qu'un très grand nombre d'Allemands, peut-être l'écrasante majorité, s'est en effet montrée particulièrement stupide et l'est encore aujourd'hui en grande partie sur le plan politique, et que nous nous trouvons ici dans une situation de corruption intellectuelle et morale, due à un certain nombre de facteurs qui ont porté le phénomène Hitler au pouvoir. Ce n'est pas seulement un problème allemand, c'est un problème international.
Ecrit en 1938, alors que Voegelin venait d'être interdit d'enseignement par le nazisme, Les Religions politiques analyse la montée en puissance des mouvements de masse totalitaires dans l'entre-deux-guerres, et cherche à déterminer quel est leur noyau religieux et métaphysique. C'est dans la dynamique même de la modernité qui amena avec elle la "décapitation de Dieu" et l'idée d'humanité qu'Eric Voegelin décèle les origines de la crise qui affecte son époque. Dans une rapide succession de tableaux, Voegelin parcourt l'histoire de l'Occident et met en lumière l'articulation entre l'existence humaine et l'ordre politique.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.