Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les jouisseurs
Vinson Sigolène
L'OBSERVATOIRE
17,00 €
Épuisé
EAN :9791032900437
Ils sont quatre : Olivier et Eléonore, Ole et Léonie. Tous jouisseurs. Atteint du syndrome de la page blanche, Olivier dérobe un automate, l'Ecrivain, pour composer le roman qu'il n'arrive pas à créer. Sa compagne, Eléonore, visiteuse médicale, dévore sa propre cargaison de psychotropes et, dans ses hallucinations fantasques, s'empare de l'Ecrivain pour imaginer Ole et Léonie. Dans le Maroc de Lyautey, à deux siècles de là, ces derniers traversent le désert à bord de leur caravane de débauche, instillant le vice et l'alcool à mesure des escales. Comme Olivier et Eléonore, les contrebandiers cherchent à tromper leur mélancolie. Des glaciers suisses aux dunes marocaines, du XIXe au XXIe siècle, existe-t-il une jouissance assez puissante pour échapper à la brutalité de l'instant terrestre et accéder à la joie de vivre ?
C'est l'histoire d'une femme qui veut devenir une palourde.Après le remarqué Le Caillou (prix Libr'à Nous 2016), Sigolène Vinson revient au Tripode avec un roman écopoétique dans lequel l'amour et la nature oscillent entre le sublime et le désastre.Par une nuit de canicule, une femme se réveille. Elle a trouvé refuge depuis des mois dans un village niché entre une falaise d'ocre et un étang oublié. La vie y est extraordinaire, mais aussi au bord du désastre, tout ça à cause d'une centrale hydroélectrique qui déverse par-là ses eaux douces et froides... Elle se dit que le monde est curieux, même quand il s'écroule. Et que l'amour, les hommes, sont épuisants, même dans les commencements. La nuit s'étire, le réel vacille et dans son insomnie elle se demande : que faire, quand tout s'en va ?
Avant de raccrocher, je lui confie que j'ai dans l'idée de partir quelques jours en Corse. Je l'entends renifler et pleurer. Pour elle, c'est le premier signe de vie que je donne depuis bien longtemps. Le dernier qu'elle a perçu, c'est le cri quel ai poussé en venant au monde. "
Les flammes des torchères de l'industrie pétrochimique brûlent dans les ciels immenses aux couleurs des peintres, les ocres de la Sainte-Victoire se distinguent au lointain. De la fenêtre de son immeuble surplombant l'étang de Berre, Jessica passe ses journées à guetter les poissons, prête à alerter son grand-père Joseph et son vieil acolyte Emile qui tendent leurs filets de pêcheurs d'une rive à l'autre du chenal pour y prendre les bancs de muges. La jeune femme pourrait pourtant faire autre chose de ses journées, s'intéresser à Ahmed, son compagnon ingénieur dans les usines voisines, ou à Antoine et Dylan, les singuliers petits-fils d'Emile ; elle pourrait essayer d'aimer Sébastien, son fils de 5 ans, qui parle à peine et détourne rarement son attention de l'écran de son téléphone. Les habitants de ce territoire mêlé d'odeurs d'industrie, de mer et d'étang semblent ne vouloir être nulle part ailleurs. Jessica rêve-t-elle d'un autre destin, par-delà l'horizon bouché par les usines, là où s'étend le large ? Une année, tout bascule. Tragédie ou accident, rien ne sera plus comme avant.
Qu'elles soient joyeuses ou tragiques, visibles ou non, les ruptures rythment notre existence, nous transforment, nous remettent profondément en question. Comment conjuguer ces « bifurcations » de nos vies que sont les ruptures avec l'idée de notre identité, une et constante ? Nous révèlent-elles la multiplicité de nos identités possibles, ou le fait que nous nous affirmions progressivement, au fur et à mesure de ces « accidents » de la vie ? Nous épurent-elles ou nous démolissent-elles ? Pour la philosophe Claire Marin, la définition de notre être est tout autant dans nos sorties de route que dans nos lignes droites, dans les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même. Naissances ou deuils, séparation ou nouvel amour, besoins d'ailleurs : nos oscillations, nos vacillements fragilisent nos représentations, ébranlent nos certitudes, certes. Mais ils soulignent aussi fondamentalement la place de l'imprévisible, et questionnent notre capacité à supporter l'incertitude, à composer avec la catastrophe et, en les surmontant, à parfois démarrer une nouvelle vie.
Les "événements de Mai" à Paris, l'Armée rouge à Prague, la Convention démocrate de Chicago... l'année 1968 s'est achevée sur une série de fiascos monumentaux. 1969, année gueule de bois, est le point d'orgue d'une décennie de ruptures radicales et d'expériences sans filet. Nixon arrive à la Maison Blanche avec un "plan pour le Vietnam" et de Gaulle rentre à Colombey. Jan Palach se suicide par le feu place Venceslas et une purge antisémite décime le PC polonais. Grâce à leurs ordinateurs, les Américains posent des hommes sur la Lune. Les Beatles se séparent et la nation hippie vit son dernier grand rassemblement, à Woodstock. Charles Manson, qui se prend pour l'Antéchrist, assassine Sharon Tate, enceinte. A Milan, l'attentat de la Piazza Fontana lance les "années de plomb" italiennes. Musique et drogues psychédéliques, anti-westerns mélancoliques, érotisme échevelé, groupuscules, communautés... Les sixties projettent leur ultime feu d'artifice, qui retombe en cendres : rage et désillusion mêlées. Passant en revue les principaux événements politiques et culturels de cette année décisive, Brice Couturier interroge le "mauvais chemin" que nous continuons de fouler. Des groupuscules extrémistes qui préfigurent le terrorisme moderne aux "catastrophes intellectuelles " que sont le radicalisme des élites, le relativisme culturel des intellectuels et la politique des identités qui fait perdre la gauche... tout remonte à 1969.
Résumé : "La Chine n'est plus communiste" : la rumeur s'est répandue, comme une évidence. Mais ne serait-ce pas le plus grand malentendu de notre époque ? Malgré l'ouverture économique de 1978, les mesures d'internationalisation des entreprises d'Etat, l'établissement de relations diplomatiques avec les puissances occidentales, la Chine demeure fidèle à ses racines rouges. "Le communisme est un idéal vers lequel nous devons tous tendre" affirment aujourd'hui encore les cadres du Parti. Renforcé par l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013, le Parti communiste chinois s'infiltre au quotidien dans toutes les strates de la société : politique et économique, bien sûr, mais aussi culturelle, artistique, éducative, sociale ou religieuse, et ambitionne d'étendre cette influence à l'international. Il fallait bien sept années d'observation et plus de 400 entretiens menés par Alice Ekman auprès de hauts cadres du Parti et fonctionnaires, diplomates, représentants d'entreprises, chercheurs et étudiants pour parvenir à comprendre la Chine contemporaine, son fonctionnement, ses évolutions récentes et sa stratégie de puissance, dans un contexte périlleux de tensions avec les Etats-Unis et de rapprochement avec la Russie. Car, alors que l'idéal libéral est de plus en plus contesté, la Chine cherche désormais à s'imposer comme une puissance de référence, une "solution" pour le monde, selon les propres mots de Xi Jinping, pour un jour parvenir à la "disparition ultime du capitalisme et la victoire finale du socialisme".
La France prend des rides et des cheveux blancs. Désormais, les plus de 60 ans sont plus nombreux que les moins de 20 ans. Une première dans l'histoire et l'un des phénomènes sociaux majeurs de notre époque. Nous entrons dans un "nouvel âge des seniors". Une planète poivre et sel où les vieux n'ont plus grand-chose à voir avec leurs aînés ; où la société tout entière est en voie de transformation, en route vers un autre paradigme. Au-delà des déséquilibres économiques, la longévité exceptionnelle qui nous est donnée, et dont il faut se réjouir, a de multiples répercussions et pose de nombreux défis dont on commence seulement à prendre conscience et à mesurer l'ampleur. Elle secoue le paysage politique, bouscule les relations familiales, bouleverse les rapports sociaux, chamboule l'univers culturel, soulève des questions éthiques... Elle nécessite aussi de repenser l'habitat, la ville, les transports. L'industrie, les services, la distribution, la santé, le marketing sont contraints de s'adapter. Sans bruit, une "silver société" s'installe et chacun doit déjà s'en accommoder. Elle impose de revoir notre approche de la vieillesse, de changer notre regard sur les personnes âgées, de revisiter leur place et leur rôle. Loin d'être une "mort sociale", la retraite est à présent un temps de l'existence à part entière.