Vinson Sigolène
Une jeune avocate, qui défend des entreprises accusées de licenciements abusifs, est brutalementrattrapée par ses rêves d'une enfance passée à Djibouti, le pays d'Arthur Rimbaud, d'Henri de Monfreid,des aventuriers et des pirates...Française, la narratrice a passé son enfance en Afrique, à Djibouti. Le pays d Arthur Rimbaud, deMonfreid, celui aussi des Afars, des pêcheurs, des bergers, de la mer et du vent. Plus tard, elle devientavocate à Paris, en droit du travail et se retrouve à défendre des entreprises qui licencient. Jusqu au jouroù ses rêves d enfance se rappellent à elle et qu elle s effondre en pleine audience. Elle prend alorsconscience de tout ce qu elle a renié depuis qu elle a quitté le pays de son enfance: « Il y a ceux quivisitent ces territoires lointains pour guérir de leur mal-être, combler un goût du romanesque, à l âged homme, devenir enfin un homme. Et puis, il y a moi. Moi qui soutiens mordicus y être née, moi qui lesai délaissés pour me rendre malade. Fallait-il qu à trente ans je sois bien intégrée, exerçant un métier quiporte titre, pour en comparaison donner à mon enfance la force d un ordre essentiel et supérieur, celuid être. J étais quelqu un quand je me perdais dans la contemplation d un horizon infini, sans bougerle moindre petit doigt, sans cligner de l oeil. Je ne suis plus personne quand je plaide, quand je prendsparti. Dans quel état de désenchantement étais-je pour penser cela? J étais à ce point fatiguée que jene trouvais même plus la force de prononcer la simple phrase: « Je rêve d autre chose ». [...] J'ai toutraconté. En une demi-heure, j'ai bradé le mystère: la Corne de l'Afrique, les poètes qui avaient décidéd'y abandonner leur talent, moi qui courais après, de maison en maison, de maison d'Arthur Rimbauden maison de Monfreid, mon retour en France, mes cheveux blonds qui viraient au brun, mes rêves quidevenaient idéaux placardisés, l'eau mise dans mon vin, dans ma Mer Rouge, jusqu'à me contrefoutrede solliciter la radiation de l'affaire de Monsieur Dupin, "vous vous rendez compte, un chômeur en finde droits!" ».
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