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Vers une pensée mouvement. Voyage entre les choses et les mots
Villani Arnaud
ENCRE MARINE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782350882062
Penser selon une "pensée-mouvement" , c'est se concentrer, non sur les êtres et les choses existant dans leurs limites assignées, mais porter son regard sur l'intervalle, la passerelle entre ces êtres et ces choses. On évite ainsi ce cancer de la pensée occidentale et désormais mondiale : la dichotomie sous sa forme manichéenne qui oppose les choses deux à deux, en chiens de faïence (pensée de guerre). On considère que les choses et les êtres, non seulement ne peuvent exister sans leurs innombrables "relatifs" - l'arbre avec l'eau et la terre, l'animal avec son "milieu" , l'homme, avec ses poumons et l'air qui les fait vivre, avec ses milliards de ses congénères -, mais encore sont continuellement modifiés dans et par cette relation. On oppose aisément la "relation" et le "rapport" : dans la relation, les éléments se transforment mutuellement ; dans le rapport, les éléments demeurent "tels qu'en eux-mêmes" . On repère soudain une lutte féroce de la culture humaine pour éliminer toute importance de la nature et prendre définitivement les commandes de l'univers. On peut relire critiquement toute l'évolution de la pensée et modifier son regard sur ce qui nous entoure, à l'aide d'une intelligence du coeur, d'une foncière bienveillance.
Résumé : Une déambulation philosophique qui nous invite à mieux cohabiter avec le sauvage Etre avec le sauvage, marcher du même pas que lui, c'est faire l'expérience inédite qui, pas à pas, peut nous transformer du tout au tout. Le poète et philosophe Arnaud Villani nous convie ainsi à une déambulation naturelle contée au travers des concepts de la philosophie, depuis les fondateurs de l'Antiquité jusqu'aux grands penseurs du XXe siècle tels que Gilles Deleuze.
Ce deuxième volume d'une Histoire critique de la Philosophie occidentale, aux éditions Les Belles Lettres - faisant suite à L'Enigme de la philosophie grecque -, couvre une période de seize siècles. Il n'était donc pas envisageable de consacrer une étude détaillée à chaque philosophe important. Mais j'ai tenu à faire apparaître, pour chacun de ces philosophes ou penseurs, des éléments pouvant s'inscrire de façon pertinente dans le thème d'une guerre, consciente ou inconsciente, des idées et des concepts pour s'opposer autant que possible à la présence et la prégnance des faits, des corps et de la Nature, autrement dit, les minimiser, voire les éliminer. Le troisième et dernier volume sera consacré à la période qui va de Hölderlin aux philosophes et penseurs contemporains, avec sa richesse incomparable de renversements et de revirements
Ce qui conduit de bout en bout l'expérience philosophique de Gilles Deleuze, c'est un anti-nihilisme, un immense amour de la vie. Dans son ?uvre labyrinthique et baroque, les règnes minéral, végétal, animal et humain s'échangent ; dans le paradoxe, l'anomalie, le fragment, s'élabore une vie totale et continue. La vie, c'est l'immense toile d'araignée de plis de chaque être connectés aux plis de tous les autres, partout où les rencontres permettent d'animer ces plis et de leur donner un sens nouveau. La vie, c'est le coup de foudre quotidien des rencontres avec une couleur, des yeux, une main, une phrase. Des artistes (ici des romanciers : Proust, Butler, Döblin) et des métaphores devenues métamorphoses (ici les noces asymétriques de la guêpe et de l'orchidée) se mettent à dévoiler le côté central de l'?uvre. Lire Deleuze, c'est aussi faire l'étonnante expérience de ce côté, pleinement philosophique, de la philosophie.
Kafka nous a habitués aux phrases fortes, qui laissent une impression durable : "Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous" ; "dans ton combat contre le monde, seconde le monde". L'auteur de ces pages en a rencontré une, simple et étrange, peu citée, qui l'a sidéré : "Mais s'il n'existe pas de certitude, qu'est-ce alors que la vie tout entière ? — Une chute libre". Ce qui l'a déterminé à reprendre, étoffer d'importance et approfondir un travail effectué de longue date, dans cette nouvelle perspective. L'enjeu a consisté à faire coïncider l'existentialité profonde découverte dans cette oeuvre avec ce nouvel indice, à placer désormais sous chaque phrase : "l'homme en chute libre" ! Les pages qui suivent décrivent patiemment le combat de l'auteur pour interpréter, s'il est possible, cette énigme.
Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime: le "nirvâna". Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive - car le "nirvâna" suppose l'expérience "sui generis" de la vie allégée de toute souffrance -, ils l'interprètent comme néant. Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie: la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.
Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur" écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme "la prépondérance du coeur sur l'esprit" et entend instaurer le "règne du coeur". De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."
Quand point l'année nouvelle, chacun se soumet au cérémonial des voeux, interminables et impersonnels (la sacro-sainte triade santé-bonheur-réussite !), auquel se greffe la tragi-comédie des grandes résolutions dans une cascade déprimante de ne plus dont rien ou presque ne subsiste quelques jours après. S'y ajoutent les rituels et les folklores qui, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures humaines, leur font écho. Chacun s'y prête à chaque fois (cette répétition donne le vertige) avec un enthousiasme qui décroît en général au fil des ans. Et si, à l'heure d'entrebâiller la porte de Janvier, qui restera close un an encore, il devenait urgent et même vital de lever les yeux du compte à rebours universel pour passer du trompe-l'oeil de la carte de voeux et de la vraie-fausse résolution au rendez-vous enfin pris avec soi-même ? Et si dire oui, faire oui à la manière nietzschéenne, c'était simple comme le Nouvel An ? Telle est l'invitation philosophique que ce livre, écrit dans une langue volontairement accessible au plus grand nombre sans rien céder sur le fond de la pensée, adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent ne pas laisser filer indéfiniment, année après année, l'occasion de devenir ce qu'ils sont.