Révélations invite à découvrir des collections oubliées qui ont, depuis plusieurs décennies, gagné les étagères des réserves ou qui n'ont jamais été présentées au public. Ces collections témoignent du goût des amateurs d'art à la fin du XIXe siècle pour l'Orient. Parmi ces amateurs, Armand Cambon, exécuteur testamentaire d'Ingres et premier directeur du musée de Montauban, acquiert pour ta Ville plus de 600 objets extrême-orientaux et proche-orientaux qui formeront son projet de musée des arts décoratifs. Armand Cambon se charge par ailleurs d'apporter à Montauban ta magnifique donation faite par le maître à sa ville natale. Il prend à l'atelier - outre les tableaux, les dessins, les collections - tout ce qui peut servir aux jeunes artistes montalbanais. Se trouvent ainsi, dans les réserves du musée, les plus beaux livres de la bibliothèque d'Ingres et surtout un surprenant ensemble de 57 portefeuilles remplis de calques, de gravures, de dessins, et même de photographies. Il s'agit de la documentation réunie par Ingres, depuis son premier séjour à Rome et constamment enrichie au fil des années. Le choix présenté ici pour ta première fois montre la curiosité universelle d'Ingres qui compose là une encyclopédie personnelle, un musée de papier, du Moyen Age à ta Renaissance, des caricatures de journaux aux chefs-d'oeuvre de son cher Raphaël. Ces 57 portefeuilles sont bien plus que sa "documentation" : conçus par lui, et pour lui seul, ils constituent peut-être l'oeuvre d'Ingres la plus inattendue et la plus moderne que conserve aujourd'hui son musée.
La lutte contre la pauvreté connaît une transformation majeure depuis la fin du XXe siècle. Longtemps au coeur d'une politique sociale inclusive, "les pauvres" sont désormais une catégorie d'individus qu'une administration tatillonne stigmatise, tout en leur dispensant d'insuffisantes prestations. Comment est-on passé d'un idéal d'insertion sociale à l'injonction de traverser la rue pour trouver un emploi ? Pour comprendre cette évolution, Frédéric Viguier retrace l'histoire de la cause des pauvres depuis 1945. Il décrit notamment le travail mené par des associations comme ATD Quart Monde ou la Fédération des acteurs de la solidarité dans les campements et les cités de transit de l'après-guerre et la façon dont elles ont, au fil des ans, porté cette cause sur les scènes administratives, politiques, médiatiques et scientifiques. Un combat qui s'est souvent soldé par des victoires à la Pyrrhus face aux représentants des hautes sphères de l'Etat social et à leur conception d'une bonne action publique.
Viguier-Dutheil Florence ; Guicharnaud Hélène ; Du
Les milliers de dessins conservés au musée Ingres de Montauban nous permettent de nous projeter dans l?atelier d?Ingres et de le regarder travailler comme si nous étions au-dessus de son épaule. De le voir, feuille après feuille, chercher la forme parfaite, le geste juste. Mais jusqu?ici, malgré l?importance et l?abondance de ce fonds, aucune analyse des techniques que l?artiste a utilisées pour « fabriquer » ces dessins n?a été réalisée. Aujourd?hui, de nouvelles méthodes existent pour connaître de façon très exacte la composition des matériaux utilisés par les artistes. Si elles ont commencé à être appliquées dans le domaine de la peinture et de la sculpture, ce n?est que très récemment que le monde des arts graphiques a pu en bénéficier. Un travail commun du musée de Montauban et du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France a permis d?établir une sélection représentative de ce fonds, sondé dans sa diversité chronologique, thématique et technique, et, à travers photographies et documents scientifiques, de révéler les secrets de fabrication des dessins de l?un des plus grands artistes français.
Résumé : Issu d?une famille d?artistes nantais, Henry-Pierre Picou (1824-1895), peintre et dessinateur, rencontre dans l?atelier parisien de Charles Gleyre, l?un des plus célèbres professeurs de l?époque, et auprès de son cercle artistique, ceux qui deviendront ses proches amis : Jean-Léon Gérôme, Auguste Toulmouche, Jean-Louis Hamon, Gustave Boulanger. Autour de Gérôme, ils forment un groupe animé d?une nouvelle envie de peindre : les "Néo-Grecs". Soutenus par la critique, en particulier par Théophile Gautier, les Néo-Grecs développent, à partir de thèmes antiques, de sujets d?histoire et de scènes de genre une esthétique raffinée, qui prône une place élevée de l?artiste dans la société, chantre d?un art revenant aux classiques. L'"art pour l?art" de Gautier incarne leur idéal. Cette peinture, très décriée par les avant-gardes de l?époque, connut un grand succès, notamment par le biais de la gravure et de la photographie. De la formation auprès de Gleyre aux portraits, en passant par la scène de genre et la peinture d?histoire, La Lyre d? ivoire, Henry-Pierre Picou et les Néo-Grecs met en lumière les fonds exceptionnels du musée des Beaux-Arts de Nantes et du Musée Ingres de Montauban, très riches en oeuvres d?artistes de cette période. Il apporte un éclairage inédit sur cette peinture et permet de réviser les jugements souvent hâtifs sur un art plus complexe que les apparences ne le laisseraient supposer.
Résumé : " Je suis laid, depuis le début. On me dit que je ressemble à ma mère, qu'on a le même nez. Mais ma mère, je la trouve belle. " Ressources inhumaines, critique implacable de notre société, a imposé le ton froid et cruel de Frédéric Viguier dont le premier roman se faisait l'écho d'une " humanité déshumanisée ". On retrouve son univers glaçant et sombre, qui emprunte tout à la fois au cinéma radical de Bruno Dumont et au roman social. Mais au drame d'un bourg désindustrialisé du nord de la France, Frédéric Viguier ajoute le suspense d'un roman noir. Dès lors, l'histoire d'Yvan, un adolescent moqué pour sa laideur et sa différence, accusé du meurtre de son petit voisin, prend une tournure inattendue. Frédéric Viguier a publié en 2015 aux Editions Albin Michel un premier roman très remarqué : Ressources inhumaines.
Résumé : Avec Le Jeune Homme au bras fantôme, Hélène Bonafous-Murat signe un magnifique roman d'apprentissage dans le Paris au capitalisme débridé des années 1850. Son héros, mû par une soif insatiable de vivre et une détermination sans faille, est prêt à tout mettre en oeuvre pour surmonter son handicap et les épreuves que lui réserve la société sans scrupules de la Ville lumière. Paris, 1834. Le petit Charles Hû perd son bras lors de l'attaque menée par la troupe contre un immeuble de la rue Transnonain, soupçonné d'abriter des opposants au régime de Louis-Philippe. Parmi les douze civils tués figure son père. Orphelin, sans ressources, handicapé, Charles n'a que peu d'espoir de mener une vie normale. C'est compter toutefois sans sa volonté et sans l'aide précieuse d'un habile horloger qui l'équipe d'une étonnante prothèse. Charles grandit au rythme d'un Paris en pleine expansion, celui des démolitions en cours, mais aussi celui de la Bourse, du capitalisme débridé et de ses escroqueries, de la presse et de la politique. Devenu jeune homme, fermement décidé à trouver sa place dans cette société malgré sa condition, il se fait embaucher par un entrepreneur visionnaire mais peu scrupuleux. Alors que la réclame et la publicité règnent en maîtres, il devient rédacteur des innombrables petites annonces que celui-ci place dans les journaux. Porté par l'amour de Lisette, une jeune marchande de quatre saisons, il prend une part croissante aux affaires de son patron. Mais il en découvre aussi les sombres arcanes et s'interroge : dans ce monde où les marchands de rêve prétendent tout guérir, où les annonces par centaines vantent des produits miracles, comment rester intègre et conserver son idéal ?
Résumé : Dario, Massimo, Gabriele. Trois amis d'enfance. Ils avaient cru s'en être sortis mais, vingt-cinq ans plus tard, advient ce qu'ils redoutaient depuis toujours : la nuit terrible de l'été de leurs 18 ans revient les hanter. Et lorsque la vérité de leur crime resté impuni risque d'éclater, c'est l'amitié d'autrefois qui éclate elle aussi. Ce sont désormais des hommes qui ont une position sociale, une réputation et une famille à défendre. Pour sauver leur présent, ils sont prêts à tout, même à l'impensable. Fuite en avant fatale, destins croisés et retournements : dans ce nouveau thriller lancé à cent à l'heure dans les rues de Rome, Gilda Piersanti démonte l'engrenage d'une violence irréversible et dévoile le retour des manipulations de jeunesse qui enfoncent ses protagonistes dans une spirale noircie par la trahison, le ressentiment et même la haine.
Que seraient devenus Duke Ellington, Louis Armstrong, Earl Hines ou King Oliver sans les gangsters qui les employaient ? Ces mobsters et ces racketeers, souvent juifs ou siciliens, n'étaient pas aveuglés par les préjugés racistes qui empêchaient l'establishment blanc d'apprécier et de soutenir les musiciens noirs. Dans les clubs qui proliférèrent pendant la Prohibition, ils assurèrent la sécurité de l'emploi nécessaire à la constitution d'orchestres stables et à la maturation d'un style. Et ce sont les politiciens conservateurs qui, en faisant de la Mafia leur bouc émissaire, ont mis fin à l'âge d'or du jazz. A l'appui de cette thèse étonnante, Le Jazz et les gangsters propose une enquête et une documentation exceptionnelles, une peinture réaliste de la vie des premiers musiciens de jazz et du milieu de la pègre à la Nouvelle-Orléans, à Chicago, New York et Kansas City. Ronald L. Morris lève ainsi le voile sur un pan méconnu de l'histoire de la culture populaire. Les gangsters, conclut-il, se sont comportés avec les jazzmen comme les grands mécènes de la Renaissance : " Il n'y eut peut-être jamais, dans toute l'histoire de l'art, d'association plus -heureuse. " Ronald L. Morris, a enseigné l'histoire sociale dans des universités anglaises et américaines, écrit sur le roman noir américain et pratiqué le jazz. Préface et traduction de l'américain par Jacques B. Hess.
Après L'Ivresse du sergent Dida, Grand Prix du 1er roman de la SGDL, et Les Hommes incertains, Olivier Rogez, romancier et grand reporter pour RFI, signe avec Là où naissent les prophètes un roman initiatique et picaresque qui nous emmène sur les routes de l'Afrique et explore la ligne de crête qui sépare la foi de la croyance, la vérité individuelle des illusions collectives.Wendell voit des anges. Quoi de plus normal pour un pasteur qui passe le plus clair de son temps à prêcher dans les rues de Monrovia, la capitale du Libéria ? Frances, une jeune évangélique américaine, convaincue qu'il est béni de Dieu, arrive à le persuader de la suivre pour un périple sur les routes d'Afrique de l'Ouest. Son but ? Organiser une caravane de croyants pour évangéliser le nord du Nigéria. Entre les faux dévots, les fondamentalistes, les vrais escrocs et les criminels, reste-t-il encore une place dans ce monde pour la foi sincère ? À chacune de ses rencontres, Wendell n'aura de cesse de chercher une réponse à cette question. Laya, l'adolescente en fuite détient-elle la vérité ? À moins que ce ne soit Balthus, le méditatif soldat camerounais... ou peut-être ce mystique soufi qui sillonne la brousse en quête d'une cité idéale ? Wendell apprendra en tout cas une chose : les miracles ne se produisent pas forcément là où on les attend.