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Hegel : système et structures théologiques
Vieillard-Baron Jean-Louis
CERF
38,50 €
Épuisé
EAN :9782204081962
Si l'on considère l'ensemble des textes de Hegel à partir de 1801, sans oublier les cours de Berlin, on voit que l'unité de la philosophie hégélienne tient à des structures théologiques qui sont comme un fil directeur permanent. Dès les projets de système d'Iéna, Hegel a une idée de l'Esprit absolu et envisage de penser le tout comme seul vrai. Si sa pensée évolue sur certains points, en particulier la dimension ecclésiale de la communauté éthique et religieuse, elle ne change pas en profondeur. Cet ouvrage présente l'ensemble de la philosophie hégélienne à partir de sa conception de Dieu, qui prend d'abord la forme du divin en général, inspiré de la Grèce antique, patrie de la philosophie, puis celle de l'Homme-Dieu, Jésus, qui naît, meurt et ressuscite, donnant l'image de l'absolu dans tous les domaines, et enfin celle de la Trinité où l'Esprit absolu manifeste la présence de Dieu aux hommes. Les structures théologiques du système se présentent d'abord comme une "Théo-logique " qui fait voir la structure trinitaire à l'?uvre dans la pensée purement spéculative, et qui réalise l'idée hégélienne de Dieu, tout en la confrontant au Dieu de la tradition philosophique, en particulier celui d'Aristote, pensée qui se pense comprise comme réflexion absolue. Mais ce Dieu philosophique est Esprit, à la fois Saint-Esprit (définition religieuse de Dieu) et Esprit absolu, manifesté dans l'art et dans la religion (définition philosophique de Dieu). L'incarnation est la condition de la résurrection en Esprit dans la communauté croyante. Grâce à la convergence entre l'idée logique de Dieu et le Dieu de la religion chrétienne pensé comme Esprit, Hegel sauve la transcendance divine, qui est effective chez lui dans la stricte mesure où elle est philosophiquement pensée. La philosophie chrétienne de Hegel montre la vérité du christianisme, religion révélée et absolue dont l'Idée dépasse toutes les manifestations historiques.
L'exceptionnelle célébrité de Bergson, en particulier à partir de L'évolution créatrice (1907), a contribué à vulgariser - à déformer aussi - sa pensée. Un siècle plus tard, son oeuvre est essentielle pour comprendre l'évolution de la philosophie, surtout en France, au XXe siècle. Même les auteurs qui l'ont critiqué, comme Sartre ou Merleau-Ponty, lui sont très largement redevables des cadres de leur réflexion. Alors qu'une réévaluation de l'importance du spiritualisme positiviste dont il est le chef de file s'impose, cet ouvrage est une introduction à l'oeuvre de Bergson. Il montre combien ce philosophe, prix Nobel de littérature et acteur politique, répond aux problèmes de son temps en créant son propre langage et ses propres concepts, pour exprimer des idées dont la fécondité reste aujourd'hui encore très sensible.Jean-Louis Vieillard-Baron est professeur à l'Université de Poitiers et dirige le Centre de recherche sur Hegel et l'idéalisme allemand (CRHIA).
Montrer, en partant de Hegel, la richesse et la diversité des formes de l'idéalisme allemand, c'est faire la preuve que l'hégélianisme n'est pas un système fermé et figé, mais qu'il permet d'intégrer ces diverses attitudes de pensée sans négliger leurs différences. Tel est le but de ce livre.Si l'idéalisme métaphysique est caractérisé par l'orientation de la réflexion vers l'absolu, l'idéalisme allemand est l'idéalisme par excellence. C'est avec Kant, Fichte, Schelling et Hegel, mais aussi Novalis et Hölderlin, que cet ouvrage aborde (en éclairant leurs origines et leur actualité) les grands thèmes spéculatifs - Imagination et Raison - Poésie et Philosophie - Raison et Religion - Esprit, Nature et histoire -, mais aussi les multiples répercussions de l'idéalisme allemand dans le destin de la pensée jusqu'à Bergson.Au terme de ce parcours apparaît la vraie dimension gnostique de ces philosophies : la doctrine de la science chez Fichte, le savoir absolu ou les sciences philosophiques chez Hegel, la religion philosophique chez Schelling. Pour tous ces penseurs, la philosophie est la voie du salut en ce qu'elle se fonde sur une conversion spirituelle qui s'oppose à toutes les opinions individuelles.
Résumé : Les Bergers d'Arcadie de Poussin gardent toujours leur mystère. Le tableau présente deux énigmes : la légende gravée sur le tombeau, la femme drapée en avant de la scène à droite. Le lieu est l'Arcadie, la patrie des poètes. Poussin en fait la patrie des peintres, en peignant la Beauté sous la forme d'une femme, qui médite sur la mort. La beauté échappe à la mort ; elle est devant nos yeux, grâce au génie du peintre. L'ego gravé sur la pierre nous dit : Moi, le peintre, je survis à la mort dans la patrie des artistes immortalisés par leurs oeuvres. Dans cette méditation picturale et métaphysique, Poussin nous montre le plus bel exemple de la pensée en peinture. Sa démarche est ascétique : le moi individuel s'efface devant l'ego creator, placé au centre du tableau. C'est avec une fierté bien française que Descartes et Poussin peuvent revendiquer une place centrale pour leur ego, tout en s'écartant de tout narcissisme égocentrique. Ils sont les "fils de leurs oeuvres", comme Marc Fumaroli l'a si bien dit de leur contemporain Pierre Corneille.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Bienenstock Myriam
L'histoire mondiale est le progrès dans la conscience de la liberté ": cette leçon magistrale, quintessence de La Philosophie de l'histoire - le livre le plus lu, peut-être aussi le plus discuté de Hegel - sous-tend toute son oeuvre. Hegel donnait régulièrement des cours sur la philosophie de l'histoire, mais ne publia pas ses manuscrits lui-même. La nouvelle traduction française présentée ici tranche avec les anciennes éditions de l'ouvrage, qui dépendaient de compilations de notes d'origines diverses, faites après la mort de Hegel. Elle a été établie en tenant compte des recherches éditoriales les plus récentes et se fonde sur des manuscrits de Hegel et sur la copie de l'un de ses cours. Dans un Dossier complémentaire figurent également des extraits d'autres travaux de Hegel sur l'histoire, ainsi qu'un choix de textes rédigés par plusieurs auteurs, contemporains de Hegel mais aussi postérieurs à lui, héritiers ou au contraire adversaires. Cet ensemble fait de ce volume un exceptionnel instrument de travail sur la philosophie de l'histoire, discipline qui suscite aujourd'hui un net regain d'intérêt, à la mesure de nos questionnements sur l'histoire et sur la politique."
Dès 1923, dans Histoire et Conscience de classe, Georges Lukács avait montré que l'hégélianisme travaille le marxisme bien au-delà de ce qu'en laissait pressentir l'orthodoxie déjà constituée, et bien plus que ne l'indiquaient les textes alors disponibles de Marx. Comment Hegel en est-il venu à dépasser le cadre de la philosophie traditionnelle pour accéder à une pensée dont les tendances profondes anticipent certaines conceptions marxistes ? C'est à cette question que s'attache le livre sur Le Jeune Hegel. Publiée en 1948, mais achevée en 1938, l'étude de Lukács est animée par une double ambition. Tout d'abord révéler une dimension essentielle des conceptions du jeune Hegel, à laquelle les historiens de la philosophie, en raison de leurs méthodes, voire de leurs préjugés, étaient restés aveugles ; ensuite, et en même temps, esquisser les bases d'une interprétation marxiste de la philosophie classique allemande. Depuis l'ouvrage de Dilthey (1905), mais surtout depuis la monographie de Th. Haering sur Hegel dont le premier volume (1929) était entièrement consacré à l'évolution de la pensée du jeune Hegel, les interprètes s'accordaient pour esquisser l'image d'un jeune Hegel pénétré de religiosité, de mysticisme ou de romantisme. Il est vrai, reconnaît Lukács, qu'en raison de son idéalisme, la philosophie classique allemande dans son ensemble est restée fermée au mouvement réel de l'histoire, au sens de la lutte des classes. Mais la compréhension dialectique à laquelle accède le jeune Hegel, si elle demeure idéaliste, est cependant à l'opposé d'un irrationalisme. Dès l'époque de Berne, en effet, Hegel ne cesse de s'opposer, au nom des idéaux de la Révolution française, aux despotismes politiques et cléricaux et, en général, à toutes les formes de servitude engendrées par la "positivité". 11 s'efforce, à Francfort, de penser le dépassement de la "positivité" en dirigeant son attention sur les phénomènes historiques, sociaux, politiques et même économiques. A Iéna enfin, il met en lumière, par de nombreuses analyses qui préfigurent la dialectique matérialiste, les incohérences de l'économie de marché et appréhende l'homme à partir de ses dimensions concrètes : ses besoins, ses désirs, son langage et son travail. Une ample présentation du Jeune Hegel par les traducteurs situe en outre le livre dans l'oeuvre de Lukács et en donne un éclairage critique. Dans le tome I du Jeune Hegel, Lukács suit le philosophe de la période de Berne au début de la période d'Iéna, soit de 1793 à 1801. Le tome II va dè la brouille avec Schelling à Iéna à la publication de la Phénoménologie de l'esprit, en 1807.
Quarante-six articles sur Hegel jalonnent les soixante-dix-neuf années d'existence de La Pensée (1939-2018). Ce chiffre doit être doublé si on prend en compte les textes qui font à Hegel une large place, des textes sur l'histoire, la dialectique, l'aliénation, le "renversement" marxien, mais aussi la colonisation, l'art... En présentant ce Pense [R] Hegel, nous apportons un double témoignage, celui d'une histoire intellectuelle de notre revue et celui de ses rapports complexes au marxisme et à sa (réputée) source, ainsi qu'à Hegel lui-même. Yves Vargas
La difficulté de l'hégélianisme est légendaire. Elle tient à l'abstraction de l'oeuvre hégélienne et à son organisation " systématique ". Mais aussi à ses paradoxes : affirmation des pouvoirs de l'esprit mais aussi du caractère inéliminable du sensible, attachement à la raison et néanmoins invocation constante de l'expérience, valorisation du " tout " qu'accompagne un éloge répété de la liberté individuelle... Sont-ce là des contradictions mortelles ? Une manière de répondre à cette question est de noter que Hegel, comme il le revendique d'ailleurs, est le fils de son temps, lequel est un temps de bouleversement. Hegel est le témoin du passage de l'Ancien Régime à l'Europe post-révolutionnaire. En science, il assiste au débat entre la vision mécaniciste et la vision organiciste de la nature ; en art, à l'affrontement du classicisme et du romantisme ; en religion, au conflit de la foi et du savoir... L'originalité de l'hégélianisme est de considérer la contradiction comme inévitable. Mais de ne pas s'y arrêter non plus. Car il y a à ses yeux, dans l'expérience, une tendance fondamentale à l'unification – à la " réconciliation " – des opposés. Un des buts de cet ouvrage est de montrer la puissance d'une philosophie qui refuse de s'enfermer dans une doctrine singulière, et cherche le principe qui, de l'intérieur, pourrait unifier l'ensemble des points de vue et des objets de la pensée.