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La santé mondiale entre racket et bien public
Verschave François-Xavier
ECLM
16,30 €
Épuisé
EAN :9782843770999
Dans un certain nombre de pays, l'accès aux soins est conçu comme un droit, la santé est perçue comme un bien public et le système de santé est soumis à des obligations de service public. La Déclaration universelle des droits de l'Homme et l'Organisation mondiale de la santé ont visé à rendre universel le droit d'être soigné. Cet objectif est aujourd'hui loin d'être atteint pour une majorité d'habitants de la planète. Le drame du sida a incontestablement permis de changer les regards. Le mouvement de revendication d'un accès aux médicaments a créé sur le sujet une sorte d'opinion publique mondiale, obligeant l'Organisation mondiale du commerce à concéder le principe du droit prioritaire à la santé. Face à la logique de profit caricaturale de l'industrie pharmaceutique - véritable cartel à l'échelle planétaire -, un mouvement civique mondial s'est mis à défendre des valeurs d'humanité et de solidarité. Or, ce qui se joue pour la santé peut être reproduit avec l'éducation, la sécurité alimentaire, l'environnement ou encore les télécommunications : la problématique des biens publics induit la constitution de coalitions à l'échelle mondiale, entre citoyens d'une même Terre, incitant nos gouvernements à aller vers de nouvelles formes de légitimité internationale.
Le brassage continu de l'or noir et de " l'argent noir ", du pétrole offshore (dans les paradis fiscaux), des spéculations inavouables sur le pétrole, la dette et les fournitures de guerre, dessinent un paysage où criminalité économique et politique entrent en synergie. Il devient évident que les acteurs les plus conscients participent à un " groupe criminel organisé " ; Ils n'ont pas conscience, en revanche, que peut leur être collée cette étiquette, car ils évoluent depuis trop longtemps dans les espaces sans loi, les no man's land déshumanisants d'une mondialisation dérégulée, avec la quasi-assurance de l'impunité. Les ouvrages sur le pétrole, la dette, les trafics d'armes, les guerre au Congo-Brazaville et en Angola, avec leurs cortèges d'horreurs et de destructions, ne manquent pas. Il manquait de tisser ensemble ces divers éléments. C'est l'objet de ce " Dossier noir ".
De la mise en accusation à la relaxe des prévenus, Noir Procès nous relate au jour le jour l'aventure d'un homme qui a osé s'attaquer au plus trouble des secrets d'État : la "Françafrique" et ses réseaux. Suite logique de Noir silence, best-seller écrit par le même Verschave, cet ouvrage est en fait le recueil des minutes des audiences au cours desquelles l'auteur et son éditeur se justifièrent de l'accusation d'offense à chef d'État lancée contre eux par trois présidents africains : Omar Bongo, Denis Sassou N'Guesso et Idriss Deby. Ici, plaidoiries, audiences et réquisitions nous plongent au c?ur d'un cas d'école juridique. Où l'on voit Verschave se révéler, face aux juges, sous les traits d'un personnage frondeur et déterminé : un homme qui a fait de la lutte contre la gangrène politico-mafieuse un véritable sacerdoce. Une leçon d'intégrité au milieu d'un océan de mensonges et de corruption. Une vraie touche d'espoir pour la démocratie, même si l'auteur nous rappelle que :quand vous voulez gérer une dépendance et que vous proclamez une indépendance, cette gestion se fait forcément avec des moyens illégaux, occultes, obscurs. --J.-S. Félix
En 1994, et en moins de trois mois, 800 000 Tutsis sont massacrés au Rwanda sous les yeux impassibles de la France. Dans le même temps, de véritables armées privées sont recrutées et entraînées dans l'hexagone par le biais d'organismes tels que le DPS (Département protection sécurité) du Front national. Ainsi, alors que l'on croyait en avoir fini avec le paternalisme français et ses rapports incestueux avec un certain nombre d'autocrates africains, François-Xavier Verschave nous démontre ici que les années quatre-vingt-dix demeurèrent celles d'une collusion entre intérêts français et pratiques illégales sur le continent voisin. Jacques Chirac ne confiait-il pas lui-même, hors micro, en 1999 : "Il faut bien que les dictateurs gagnent les élections" ? De l'indéfectible soutien de la France à Mobutu aux man?uvres visant à faire main basse sur les ressources naturelles de l'Angola, du Togo ou du Tchad, nombre de questions africaines restent téléguidées depuis les plus hautes sphères de l'État français. Où l'on découvre, entre deux commentaires à la précision chirurgicale, que Charles Pasqua continue, aujourd'hui encore, de conduire sa propre politique africaine et arabe. C'est cette situation que F.-X. Verschave et son association humanitaire "Survie" stigmatisent dans cet ouvrage comme dans le précédent Françafrique : en ?uvrant depuis longtemps à la transparence des relations unissant l'ancienne puissance coloniale à son "pré-carré", l'auteur se bat pour que la démocratie africaine ne soit pas une démocratie volée. --J-S Félix
Il n'est plus possible que des matières premières continuent à dormir, sous prétexte que leur exploitation bouleverserait le mode de vie de ceux qui ont la chance de vivre où elles se trouvent. Si des peuples, demeurés arriérés, ne peuvent ou ne veulent s'occuper de leur mise en valeur, d'autres peuples plus entreprenants viendront le faire à leur place de gré ou de force . Ainsi parlait, en 1951, un ouvrage consacré aux ressources minières de la France et de ses colonies.. Un demi-siècle plus tard, les peuples entreprenants -incarnés par une poignée de firmes occidentales soutenues par la Banque mondiale- ne se privent guère, en effet, d'exploiter l'or africain et de bouleverser le mode de vie des populations locales : cadences infernales, normes de sécurité inexistantes, mouvements syndicaux réprimés, pollution catastrophique, etc.. Ces firmes privées, tentaculaires, exploitent aujourd'hui 80 % des gigantesques gisements africains. Liées à des trafiquants d'armes, à la famille Bush, à la CIA ou au lobby nucléaire, on les retrouve au Mali, au Ghana, en Tanzanie, en Afrique du Sud et jusque dans les régions en conflit - comme en République démocratique du Congo -, où elles soutiennent parfois des mouvements armés. Elles sont si puissantes que l'ONU renonce à les sanctionner. Leurs bénéfices sont rapatriés dans des paradis fiscaux, tandis que les pays africains riches en or ne cessent de s'appauvrir...
Si certains problèmes sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont complexes, d'autres sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont trop simples. La crise climatique est un problème du deuxième genre : pour la résoudre, il suffit d'arrêter de brûler le carbone fossile, c'est-à-dire le pétrole, le gaz et le charbon, ces sources d'énergie qui ont alimenté l'économie mondiale depuis deux siècles. Une grande partie des instruments de la politique du climat ont été créés pour cacher la simplicité désarmante de ce fait, car la politique climatique est aussi une politique de puissance, le carbone fossile alimentant la croissance économique depuis des décennies. En conséquence, les opposants à une politique climatique efficace exercent une grande influence. Or si l'on peut agir sur l'activité économique, on ne peut changer les lois de la nature, et l'on doit de ce fait dessiner un monde avec moins de croissance.