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Chevilles ouvrières
Verret Michel
ATELIER
20,10 €
Épuisé
EAN :9782708231177
A l'heure de la mondialisation, de l'éclatement des statuts, de l'institutionnalisation du chômage et de la défaite des socialistes, peut-on encore parler de classe ouvrière ? Cette interrogation est au centre des recherches de Michel Verret. Rassemblant des textes inédits et des écrits antérieurs, l'une des voix les plus expertes dans ce domaine s'attache à affiner, remodeler les outils d'une sociologie concrète du monde ouvrier. D'où le titre Chevilles ouvrières. Comme cette cheville, tige d'assemblage qui sur son axe, joint, maintient, amarre (Le Robert), la classe ouvrière a-t-elle une place centrale dans le monde populaire, si tant est que le peuple reste lui-même axe d'histoire ? Dans ce lent travail de redéfinition qui n'écarte aucune question radicale, le sociologue avance à pas mesurés car la réalité se métamorphose plus vite que les outils scientifiques pour l'interpréter. Michel Verret analyse ainsi les répercussions sur la classe ouvrière de trois mutations cruciales : la mondialisation, la montée de l'individualité, la place nouvelle du temps libre. Dans un style où la langue sociologique s'enrichit de la puissance anticipatrice de la poésie, l'auteur oblige à regarder l'Histoire en mouvement : la question ouvrière n'est plus seulement celle de l'homme dans l'ouvrier, il s'agit désormais de la question de l'humain dans l'homme.
On ne saurait être marxiste sans être communiste. Mais il ne suffit pas de l'être pour être marxiste. Les triomphes de la révolution ne garantissent pas automatiquement ceux de la raison scientifique, pas même ceux de la raison révolutionnaire. Le succès porte aussi ses vestiges et ses folies. C'est justement pour s'en garder que le communisme à son tour a besoin d'être marxiste. Mais qu'est-ce qu'être marxiste ? " Ainsi s'interrogeait Michel Verret en 1967 sur ce qu'on appellera plus tard le stalinisme, sur philosophie et politique, sur théorie et pratique, sur ce qu'Althusser appelait pratique théorique. Quarante ans après, c'est le communisme d'époque que la réalité a mis en question bien plus radicalement que ce livre ne pouvait le penser. "Retour sur écrits" dit, en préface de cette réédition, ce que son auteur en (post) pense aujourd'hui...
Cet ouvrage propose une lecture sociologique par un philosophe marxiste, ayant au fil du temps abandonné tous -ismes, dont le sien. C'est un essai d'époque pour faire entendre au communisme de lutte de classe le symbolisme de distinction à l'oeuvre dans les cultures lettrées, scolaires ou non: Bourdieu, Passeron, Hoggart. Plus tard, l'appel à la rencontre actualisée d'oeuvres maîtresses, oubliées, méconnues ou connues par profils: Halbwachs, Janet, La Play, Girard. Et puis pensées-phares: Passeron seul pour la Raison Sociologique comme raison historique analogique, Naville pour la raison critique du communisme d'établissement. En formes légères enfin, tels parcours ou reparcours, où la manière de lire épouse les façons d'écrire, de tels ou telles ayant ouvert fenêtres sur la campagne, la ville, les jardins, le grand monde des tissus. Enfin, fenêtre intérieure: comment j'ai pu me lire...
Culture ouvrière, cette association de mots peut surprendre. Comment dire cultivée cette classe qui n'écrit pas, lit peu et souvent se tait ? Mais comment dire inculte une classe si intimement engagée dans les œuvres du monde industriel, les actions de la lutte solidaire, les ambiances des solidarités partagées ? Savoir même si, sous ce regard culturel déplacé, la grandeur de la culture lettrée, celle qui, dans la disposition du temps libre, a pu dresser, pierres et livres, les monuments de la beauté et du savoir, ne se verrait pas dans une lumière plus vraie et plus juste ? Le siècle qui s'achève porte sur ses interrogations une ombre nouvelle. Car les vieilles cultures ouvrières des Centres s'effacent. Celles du défunt monde socialiste implosent. Celles des nouveaux mondes y naissent à peine... Mais les cultures survivent aux classes qui les ont portées. Les cultures ouvrières perdraient-elles à jamais leurs bases, qu'elles garderaient leurs questions. Pour aujourd'hui et pour demain. Et pour nous tous, car c'est de nous tous peut-être qu'il s'agit ?
Avec cet ouvrage, Michel Verret poursuit ses Dialogues avec la vie. Sa biographie singulière ouvre les pages de son passé à ses petits-enfants, leur laissant "la page blanche de l'à venir à écrire" . Son récit traverse le XXe siècle et met au jour les sources qui l'animent : une sensibilité poétique née en Artois, les convictions militantes et politiques du jeune homme désireux de changer le monde après l'expérience de la guerre, l'amour "la seule chose que le partage grandisse" (Shelley). Le Parti communiste et l'Ecole normale supérieure formeront le philosophe marxiste devenu enseignant et militant, puis sociologue du monde ouvrier.
Chacun est prompt à donner son avis sur le " statut " des cheminots... mais que font-ils vraiment ? Le sait-on ? Cet ouvrage est une plongée passionnante dans le quotidien de leur travail. Raconter le travail des cheminots Dans le débat public, il est beaucoup question du statut des cheminots, des grèves, d'endettement, de la fermeture de gares... Il y a pourtant toujours un grand absent : le travail des gens du rail tel qu'ils le font et le vivent au quotidien, et ce qu'ils mettent d'eux pour que, jours et nuits, les trains circulent. En une trentaine de récits, cet ouvrage plonge au coeur du travail, aux guichets, dans les bureaux, en gare, sur les voies, dans les trains... formant une mosaïque de textes qui nous font voyager dans l'univers fascinant du train. La culture cheminote Rassemblant les récits par métiers, les chapitres seront introduits par des courts récits centrés sur le parler cheminot. Car chaque métier a son appellation ! " Pieds fins ", " Bras morts ", " Araignées de fourgon " et " Fromage blanc " ne sont qu'un échantillon d'une vaste culture dont témoignent la plupart des textes réunis dans cet ouvrage. Une culture profonde, facteur d'union, qui rime avec service public et solidarité.
Quel est l'avenir du travail ? A l'heure du développement de l'intelligence artificielle et des plates-formes numériques, sommes-nous condamnés à être au service des machines ou pouvons-nous, au contraire, les mettre à notre service ? A l'heure du péril écologique, comment travailler sans, dans le même temps, détruire la planète ? Alors que des accords transcontinentaux favorisent la concurrence au plus bas prix, est-il possible d'appliquer des normes sociales permettant un travail décent ? Et comment élaborer des règles qui, au lieu d'être des vecteurs d'une globalisation uniformisante, tiennent compte de la diversité des formes et expériences du travail dans les différents pays du monde ? Réunissant vingt et un auteurs du monde entier, conçu, dirigé et introduit par Alain Supiot, ce Livre du centenaire de l'Organisation internationale du Travail (OIT) dresse un panorama inédit du travail au XXIe siècle et pose les questions essentielles qui détermineront son avenir. Révolution technologique, péril écologique, ordre juridique international schizophrène sont autant de défis à relever pour qu'advienne, au XXIe siècle, le "régime de travail réellement humain" projeté par la Constitution de l'OIT en 1919.
Il est un peu plus de 23 heures, ce lundi 10 avril 2017. Olivier Caremelle, directeur de cabinet de Damien Carême, maire de Grande-Synthe, reçoit un coup de téléphone de celui-ci : "Le camp est en feu ! " C'est par cet événement tragique que commence le récit de l'expérience inédite menée à Grande-Synthe de mars 2016 à avril 2017, celle d'un accueil sans précédent face à l'afflux de migrants souhaitant rejoindre l'Angleterre via Calais : un accueil décidé et assumé par un maire et son équipe, contre l'avis du préfet. Chose impensable jusqu'alors, c'est bien un camp humanitaire qui a été ouvert en France en mars 2016, bâti conjointement par la mairie de Grande-Synthe et l'ONG Médecins sans frontières, avec l'appui de très nombreuses associations, pour accueillir en urgence 2 800 personnes et pallier l'inertie de l'Etat. Cette expérience unique en France est racontée pour la première fois par l'un de ses principaux acteurs. Olivier Caremelle revient sur l'ensemble des événements qui ont entouré l'existence du camp humanitaire, de son ouverture jusqu'à sa destruction, et met ainsi en lumière ce qui n'est pas, comme on a coutume de le dire, une crise migratoire, mais bien plutôt une crise de l'accueil.
En Amérique latine, les années 2000 sont marquées par un boom de l'extraction des matières premières. Les populations riveraines de ces projets extractivistes (forages pétroliers, mines, coupes de bois et cultures intensives...) "paient pour d'autres" : elles ne bénéficient en rien des ressources naturelles extraites ou des grands travaux réalisés, destinés à des entreprises ou des consommateurs situés à des milliers de kilomètres, mais doivent par contre en supporter les conséquences désastreuses. Ce boom extractiviste a provoqué une multiplication des résistances et mobilisations des populations affectées - peuples indiens, petits paysans et habitants des zones rurales - pour défendre leurs espaces de vie. Rassemblant des textes des meilleurs spécialistes de la question ainsi que d'acteurs et d'actrices de ces luttes, cet ouvrage documente les deux versants de ce phénomène central de l'Amérique latine contemporaine : projets de "développement" et résistances, extractivisme et écologie populaire.