Soumis à une intense propagande des forces de l'Axe et terrain d'affrontements militaires, certains "pays arabes" - sous emprise coloniale - sont les premiers territoires à être libérés par les Alliés entre 1941 et 1943. Comment les populations vivent-elles ce fait majeur ? Et de quelle autorité chacun est-il au juste libéré ? Cet ouvrage - deuxième tome du Monde arabe et la Seconde Guerre mondiale - entend renverser les perspectives grâce au dialogue inédit entre spécialistes de la Seconde Guerre mondiale et spécialistes du monde arabe. A rebours des partis pris habituels qui réduisent l'étude de la guerre au champ de bataille, ou au général Rommel "le renard du désert" , cette publication a pour ambition principale d'intégrer les voix et les aspirations des autochtones, civils et combattants, qui, loin d'être les spectateurs passifs des querelles entre puissances occidentales - notamment d'une guerre franco-française -, sont, à maints égards, les acteurs de leur propre histoire. L'immense pression que la guerre mondiale exerce sur les populations du "monde arabe" donne naissance à des reconfigurations territoriales et nationales qui précipitent la fin de la domination coloniale européenne. Ainsi s'écrit une autre histoire, celle de la Seconde Guerre mondiale dans les déserts et sur les rives sud de la Méditerranée.
Cet ouvrage analyse l'histoire de l'Organisation internationale du travail de 1929 à 1969, période au cours de laquelle le travail humain est marqué par de profondes mutations économiques et politiques. De la crise de 1929 à la fin de la croissance exceptionnelle des années 1950 et 1960, en passant par l'expérience extrême de la Seconde Guerre mondiale, les sociétés mondiales ont été confrontées à l'apogée de l'industrialisation et à la mise en place des totalitarismes puis des démocraties sociales. Ces évolutions ont renouvelé la question du travail humain dans son double rapport à la liberté et à la contrainte, qu'elle soit de nature technique, économique ou politique : comment humaniser le travail ? Cette question est au coeur de l'expertise et des pratiques de l'OIT. Située à l'intersection des différents régimes économiques et politiques, l'institution internationale définit un projet de société mondiale, propre à restituer le phénomène du travail dans sa dimension véritablement sociale. Cet ouvrage éclaire ce processus en mettant en évidence la réalité proprement transnationale, et donc globale, de l'OIT.
Universitaire, spécialiste de la Résistance, Alya Aglan propose enfin un panorama synthétique de cette partie de notre histoire qui demeure encore obscure et qui nous hante. Pour clarifier cette époque, elle a choisi comme mode de compréhension le temps et, ce faisant, elle nous permet d'appréhender sous un tout autre angle les acteurs, les enjeux et les valeurs de la Résistance. Loin des querelles d'historiographes et des problèmes de personnes où se sont souvent enfermés les spécialistes, Alya Aglan prend la Résistance comme un bloc. Ne plus douter de la qualité et du courage qu'il fallait pour résister, tel est le parti pris qu'elle adopte, faisant converger faits et témoignages pour apporter un éclairage nouveau sur cette révolution comparable à la Révolution française. Au fond de l'histoire il y a des sentiments, disait Lucien Febvre. Des sentiments, le lecteur en éprouve beaucoup: il perçoit dans toute leur gravité la prise de risques de celles et ceux qui décidèrent d'entrer dans l'action, de faire basculer leur vie, cette urgence aussi, et cette ombre de la mort planant sur les personnages célèbres ou anonymes que raconte ce livre hommage... Mais c'est aussi un livre d'insoumission: Alya Aglan se nourrit des archives de la clandestinité, des mémoires des protagonistes, des archives secrètes. L'Occupation a été vécue comme une attente, un temps hors de la vie, et la Résistance fut une volonté de vivre contre un temps bloqué. Alors que le totalitarisme annule le temps, la Résistance est créatrice de temps, elle dévoile à l'homme un nouvel accès à l'Histoire. Enfin, ce livre propose un horizon élargi en invitant à comparer les projets d'avenir des Résistances française, allemande, italienne...
Nous vivons aujourd'hui sur un double mythe : celui de deux Résistances, gaulliste et communiste. En faisant revivre Libération-Nord, à partir d'archives inédites publiées ici pour la première fois, Alya Aglan révèle la vérité d'une Résistance socialiste inconnue, bien à tort : car c'est une singularité remarquable de Libération-Nord, par rapport à la plupart des mouvements de la zone occupée, que la volonté précoce de dénoncer le régime de Vichy, puis ses complicités dans l'asservissement de la France par les nazis. Alya Aglan reconstitue l'histoire du mouvement, sans passer sous silence les oppositions, voire les rivalités, qui l'ont secoué à plusieurs reprises : conflit, d'abord larvé, puis ouvert, entre Christian Pineau, le fondateur, et Jean Cavaillès, désireux de développer les activités paramilitaires ; critiques formulées par Jean Moulin, qui éclipsera Pineau en devenant le fédérateur de la Résistance intérieure. Enfin, l'auteur n'hésite pas à souligner combien les lendemains de l'après-Libération furent décevants vis-à-vis des espoirs formulés et des sacrifices consentis. Une histoire sans concessions, qui ne verse pas pour autant dans le procès, très à la mode parmi les historiens, de la Résistance et de ses acteurs.
Résumé : La France qui entre en guerre en 1939 a pour devise Liberté, Egalité, Fraternité. En juillet 1940, un nouveau régime, l'Etat français, impose à sa place le triptyque Travail, Famille, Patrie. L'ordre des valeurs républicaines s'en trouve inversé et la défaite, déguisée en armistice, entraîne l'effacement de la République au profit d'une "Révolution nationale" qui entend en finir avec l'héritage de 1789. L'occupation allemande et italienne, en redessinant les frontières externes et internes, bouleverse l'ensemble des solidarités nationales et favorise la dissolution des liens politiques et sociaux. Réflexe vital, à la fois individuel et collectif, la Résistance est ainsi prise entre deux feux : la répression exercée par l'envahisseur et la répudiation pratiquée par l'Etat collaborationniste qui l'accuse d'attiser la guerre civile. En inversant à son tour les normes d'un ordre établi avec le soutien de l'occupant, l'insurrection clandestine assume la nécessité d'affronter, outre l'adversaire étranger, l'ennemi intime, le collaborateur qui fut un voisin, un ami, voire un parent. Ce n'est qu'à la lumière de ce déchirement tragique qu'on peut espérer rendre compte des conflits opposant entre eux des Français pris dans la tourmente d'une guerre planétaire.
Quels sont les enjeux de santé liés aux migrations actuelles, non seulement pour les migrants, mais aussi pour les structures qui les prennent en charge ? L'originalité de cet ouvrage est de réunir universitaires et acteurs de terrain pour répondre à cette question, en faisant dialoguer observations ethnographiques et mises en application cliniques. A partir de parcours migratoires et de leur incidence sur la santé, et en prenant en compte les vécus psychiques de migrant(e)s dans des contextes extrêmement variés, expériences et travaux rendent compte des différentes modalités de confrontation des professionnels de la santé et des chercheurs (médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers, assistantes sociales et anthropologues), dans diverses situations d'accueil et de soins, face à la variété des parcours et du vécu des traumatismes, de l'expatriation, de l'exil clandestin, de la précarité sociale et la maladie.
La publication des mémoires de Melkon Bédrossian (1906-1990), rédigées soixante ans après les faits, apporte une pierre de plus à l'édifice mémoriel érigé en monde arménien depuis des décennies.
Comme l'a écrit Bertrand Tavernier, les films de Quentin Tarantino sont "extrêmement bien pensés et réalisés ". Quelles sont les clés de ce que Tarantino appelle lui-même son "esthétique globale"? C'est le propos de ce livre. Cette esthétique est indissociable d'un rapport constant avec le regard du public : celui-ci n'est jamais réduit par Tarantino à une consommation passive, mais constitue un vecteur de la création du film. Autre principe : Tarantino non seulement filme les images montrées, mais il leur surajoute une ou des indication(s) de ce qu'elles montrent et de ce qu'il y a à voir. Il ne cesse en fait de révéler au public que les images regardées sont du cinéma. Du coup, il crée un cinéma plus vrai que toute forme de mise en scène qui s'effacerait afin de faire croire à la réalité du récit porté à l'écran. Quentin Tarantino multiplie les références cinématographiques, musicales, textuelles. Ce faisant, il fait accéder le spectateur à ce qu'il appelle le "monde-du-cinéma ". Comme si chaque image renvoyait à d'autres images. Autrement dit, nous ne voyons jamais la réalité, mais toujours une image de celle-ci. Le "miracle tarantinien" est que cette réflexion - que l'on attendrait davantage d'un cinéma expérimental - a lieu à travers des oeuvres "grand public". La raison en est que Quentin Tarantino est un fabuleux conteur d'histoires, en mots et en images. Ses récits de vengeance et d'amour reprennent les archétypes de ce type d'aventures, mais selon des procédés dramaturgiques et techniques qui ne cessent de mobiliser une autre dimension majeure de son esthétique : la surprise.
Révérence ou impertinenceA ? Des philosophes se sont donné rendez-vous dans la commune de Descartes (Indre-et-Loire). Chacun à sa manière pour célébrer l'incontournable philosophe français⦠et faire le constat du chemin parcouru et de la distance prise depuis le Cogito. Une belle occasion de passer en revue les étapes de l'évolution de la pensée philosophique et d'évoquer la multitude des voies empruntées par les penseurs du xvie siècle à nos jours, de Vico à Piaget, Sartre et Camus en passant par Diderot, Kant ou C. S. Peirce. En somme, comme l'écrit en ouverture l'un des contributeurs du volume, le philosophe Tony Brachet, "A On a tant écrit sur Descartes - le philosophe - que l'exhaustivité, du moins l'exhaustivité historique, semble proche. L'objet de cet ouvrage n'est d'ailleurs pas le passé, l'histoire de la philosophie, mais la mise en perspective du grand penseur par des contemporains.