Expliquer en quoi consiste la pédagogie, essayer de rendre compte de son mode d'existence et de ses mécanismes, examiner en quoi et à quelles conditions elle peut se présenter sous la forme de textes théoriques, tel serait le propos de cet ouvrage. Dans une première partie, il resitue les questions que la pédagogie soulève à l'intérieur de la philosophie de l'éducation et rappelle les travaux menés sur la question (O Reboul, N Charbonnel, D Hameline) puis il définit les cadres conceptuel et méthodologique à partir desquels la question des théories pédagogiques sera envisagée. L'hypothèse est d'aborder la pédagogie dans l'immanence des "ensembles discursifs" auxquels elle n'a cessé de donner lieu au cours de son histoire; c'est en effet dans la forme de ses discours (plus que dans ses actions) qu'elle laisse apparaître ses caractères propres: statut et articulation entre ses énoncés; organisation et fonctionnalité de ses niveaux de rationalisation: spécificité de ses constructions théoriques. Dans une seconde partie, procédant par étude de cas, empruntés à l'histoire de la pédagogie entre le XVIIe et le XXe siècle, l'auteur étudie les modes de théorisation rencontrés chez Coménius, Diderot, Compayré, Durkheim, Dewey, Freinet. La conclusion propose un cadre théorique susceptible de clarifier la question des théorisations pédagogiques.
Résumé : La philosophie des Lumières pose un certain nombre de principes qui vont conduire à repenser dans ses fondements la question de l'éducation : la prééminence de la raison, la primauté de l'expérience, l'idée de Nature comme origine - qui inscrivent l'existence de l'homme lui-même dans l'ordre naturel. Dans ce cadre, il s'agit de penser de façon adéquate la nature de l'esprit, de son développement et de ses capacités, et de définir les conditions conséquentes pour l'éducation et l'instruction. L'ouvrage se propose d'exposer les débats que ces questions ont suscités, en particulier entre Diderot, Helvétius et Rousseau, pour livrer au lecteur la substance d'une réflexion qui n'a rien perdu de son actualité : les mécanismes de la cognition, la matérialité de l'esprit, l'inné et l'acquis, l'imagination et la créativité, l'égalité entre les individus, la laïcisation des savoirs, l'éducation à la liberté.
La collection Archéovision créée en 2004 est dirigée par Robert Vergnieux. Elle s'inscrit dans le champ de compétences de l'Unité Mixte de Service Archéovision (UMS 3657). Cette collection est destinée à diffuser et promouvoir les informations et résultats scientifiques issus des usages de la 3D au service des Sciences Humaines et Sociales. Les publications du colloque biennal VIRTUAL RETROSPECT permettent de suivre l'évolution des usages des technologies 3D au service du patrimoine.
L'éducation est aujourd'hui envahie de lieux communs et les débats éducatifs saturés d'idéologies de toutes sortes. On parle un peu partout, et à tort et à travers, de " la réussite des élèves ", de la " restauration de l'autorité " ou de " revenir aux fondamentaux ". Mais les accords se font, le plus souvent, sur des malentendus ou des approximations, sans qu'on sache très bien ce dont on parle, les questions auxquelles on répond et les théories que l'on mobilise. La revue de philosophie de l'éducation Le Télémaque a, depuis plusieurs années, fait un autre choix. Elle s'est efforcée de présenter un certain nombre de " notions " éducatives essentielles sans chercher, pour autant, à clore le débat sur chacune d'elles. Elle s'est entraînée à développer un discours sur l'éducation qui ouvre à la pensée plutôt que de l'enclore dans des définitions définitives. Elle a voulu " donner à réfléchir " sans tomber dans la sentence. Le présent ouvrage reprend un grand nombre de ces " analyses notionnelles " et évoque, parmi d'autres, les notions de discipline, compétence, récompense, devoirs, déontologie, confiance ou efficacité. Chacune de ces notions est présentée par un texte de quelques pages auquel s'ajoutent des documents de référence et une bibliographie. C'est Daniel Hameline qui a été chargé d'ouvrir et de conclure cet ouvrage. Nul n'était mieux placé que lui pour rassembler ces textes sous le signe de " l'action sensée ", avec le souci de l'histoire et celui du détail, avec le sens de l'humour et celui des nuances qui le caractérisent. L'ouvrage se conclut sur des " Éléments de lexique " qui permettent de comprendre comment, dans toute action de formation, s'articulent des " procédés " et des " intentions ". Ainsi cet ouvrage, coordonné par Alain Vergnioux, constitue-t-il un ensemble particulièrement stimulant. Les étudiants y trouveront de quoi alimenter leurs réflexions, les enseignants des textes pour nourrir leurs débats, les formateurs matière à penser pour eux-mêmes et les formations qu'ils encadrent. Plus largement encore, tous ceux et toutes celles qui veulent entrer dans la réflexion sur l'éducation de manière libre, aller prospecter sur des terrains nouveaux, tenter de comprendre ce qui se joue aujourd'hui, trouveront dans cet ouvrage des perspectives insoupçonnées... (Philippe Meirieu)
L'ouvrage se propose d'analyser les oeuvres de trois réalisateurs, Alain Resnais, Jean-Luc Godard et Federico Fellini, sous l'angle de la mélancolie. Celle-ci imprègne leurs films au niveau de la narration, des situations qui pèsent sur les personnages - de la "fatigue de vivre" qui accable Michel Poiccard dans A bout de souffle au "dégoût de soi" qu'éprouve Marcello dans La Dolce Vita ; errances, vagabondage, vide intérieur, transformation spectrale du monde, évanouissement progressif des choses et des êtres dans Roma ou Muriel. Mais il s'agit aussi de montrer que dans ces films, la blessure et la douleur "mélancoliques" travaillent leurs modes d'écriture : travellings interminables, jeux de miroirs, fragmentation du récit, répétitions en boucle des situations, désespérées ou grotesques, dont l'univers du cirque et son folklore absurde offrent la métaphore. La fracture serait alors au coeur des images ; elle gagne leurs agencements, leur fabrique, leurs entrecroisements contradictoires, labyrinthiques. La mélancolie d'un Godard, d'un Resnais, d'un Fellini serait celle d'un cinéma en exil à l'intérieur de lui-même, dans un espace où il se perd et tente sans cesse de se ressaisir.