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Abolir l'esclavage : une utopie coloniale. Les ambiguïtés d'une politique humanitaire
Vergès Françoise
ALBIN MICHEL
20,85 €
Épuisé
EAN :9782226130105
Qu'y a-t-il de commun entre le discours et la politique abolitionnistes de la fin du XIXe siècle et le discours et la politique humanitaires d'aujourd'hui? Pourquoi et comment la notion de réparation de la traite des Noirs et de l'esclavage a-t-elle pris tant d'importance depuis quelques années?Dans cet essai d'histoire culturelle et politique sur les contradictions de la doctrine anti-esclavagiste, Françoise Verges s'attache à montrer comment s'établit, dès la fin du XIXe siècle, une rhétorique de l'urgence où l'Afrique joue un rôle central. Se précisent alors les images du bienfaiteur et de la victime, le désir de "faire le bien", l'injonction morale de prévenir et de soulager des souffrances, l'indignation devant les bassesses humaines, la croyance en l'idéal éducatif européen, et la volonté d'élaborer un droit d'intervention des nations éclairées dans des pays souverains.Ce livre suit l'évolution d'une politique de la pitié et de l'amour, avec toutes ses ambiguïtés. Il met en lumière des liens peu connus entre l'abolitionnisme, les politiques de réparation, l'héritage du colonialisme et les origines complexes et souvent inattendues de l'humanitaire.
Pour la troisième édition des colloques organisés à l'occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition, le département de la recherche et des études au musée du quai Branly avec Françoise Vergés ont choisi d'explorer les pratiques dites " immatérielles " héritées des mondes de l'esclavage dans le domaine colonial français. Ces pratiques toujours renouvelées, toujours vivantes témoignent de la pluralité culturelle à l'oeuvre en France. Le titre du colloque Les armes miraculeuses est un hommage à l'ouvrage d'Aimé Césaire à l'occasion du centenaire de sa naissance. Cette magnifique expression rend compte des créations de femmes et d'hommes réduits en esclavage mais qui échappent aux normes esclavagistes en inventant et en créant. Langues, mots, paroles, chants, textes poétiques et littéraires, rites, jeux de mots, discours, nombreuses furent les pratiques créatives des personnes réduites en esclavage. Forgées dans la rencontre et le contact, elles ont enrichi le monde culturel, artistique et littéraire ; elles sont aujourd'hui des héritages vivants, des sources de créativité, de réinvention, d'inspiration. Elles disent l'exil, la mélancolie, le deuil, la joie et l'espoir. Elles parlent du désir inextinguible de liberté et d'égalité. Ce colloque a eu pour objectif de présenter ces créations, leurs évolutions, et la dynamique de leurs transformations sur des terres de l'ancien monde colonial français. Il a croisé les regards de chercheurs et d'artistes.
La décolonisation du musée occidental universel est impossible, c?est l?argument de départ. Elle est impossible parce que pour que la décolonisation du musée soit accomplie, il faudrait des bouleversements qui remettraient radicalement en cause ses fondements, son fonctionnement, sa structure, sa mission, ses objectifs, et dès lors, pourrions- nous encore parler de musée? Le musée, qui n?a jamais été un espace neutre, protégé des luttes sociales et idéologiques, symbolise la puissance de l?état, la richesse de la nation et son niveau de « civilisation ». Dire que cette décolonisation est impossible ne veut pas dire qu?il ne faut pas se battre pour que des amendements, des change- ments et des transformations de cette institution aient lieu, que des négociations ne soient pas entreprises avec les communautés dont des objets sont exposés, répondant ainsi à des exigences de réparation et de restitution et de justice épistémologique et sociale. Françoise Vergès part de cette impossibilité pour penser ce qui serait possible, ce qui remplacerait le musée dans un monde post-raciste et post-capitaliste. Car si le programme de la décolonisation est celui d?un « désordre absolu » car il « se propose de changer l?ordre du monde » (Franz Fanon, Les damnés de la terre, Maspero,1961), alors il nous faut imaginer ce qu?est ce programme. S?attaquer à l?ordre de ce monde (et non du monde, pour être précise), c?est s?attaquer à ses institutions. Le premier chapitre revient sur une défaite, celle du projet Maison des civilisations et de l?unité réunionnaise à l?île de La Réunion et explique pourquoi cette défaite était inévitable dans un contexte de colonialité. Ensuite, l?auteure rappelle le rôle du pillage dans la constitution du plus grand musée français, le Louvre, accompli par les armées napoléoniennes dans des États d?Europe et en Égypte, établissant ainsi une politique qui trouvera son plein développement avec la colonisation. Puis l?auteure présente des pratiques qu?elle a imaginées et mises en ?uvre qui cherchent à expérimenter des méthodes collectives de performance artistiques. La conclu- sion portera sur « l?abolition-révolution » ou le programme décolonial de désordre absolu.
Résumé : Les héritages de l'esclavage sont complexes et multiples : les sociétés et cultures créoles en sont des témoins. La muséographie de la traite négrière, de l'esclavage et de leur abolition soulève de nombreuses questions que cet ouvrage examine. Comment l'esclave "entre-t-il au musée" ? Comment montrer la torture, les punitions, l'exil, la perte, la résistance, la complicité, la création et leurs traces contemporaines ?
Pourquoi et en quoi l'esclavage colonial nous concerne-t-il? Choisissant de ne pas revenir sur les débats entre mémoire ou histoire, repentance ou reconnaissance, sujets de nombreux livres, Françoise Vergès montre qu'on ne peut comprendre certains aspects du monde actuel sans appréhender à quel point la traite négrière et l'esclavage l'ont façonné. Il ne s'agit pas de défendre un déterminisme historique, mais d'explorer les ombres portées et les traces du système esclavagiste moderne. Ce que l'auteur appelle ici "esclave" est une figure avec une longue histoire et des formes diverses, mais ayant comme constante la perte de toute maîtrise sur le fruit de son travail et la vulnérabilité devant un maître. Ce qu'elle défend, c'est une réintroduction de cette figure dans le champ des sciences sociales et du politique. Elle suggère que "libérer" l'esclavage du carcan du discours moraliste ou économiste, du récit linéaire du progrès (de l'esclave au libre), de la théorie du contrat ou du marxisme orthodoxe (de l'esclave au prolétaire), permet d'étudier les politiques et les économies de prédation non comme des traces de l'arriération, mais comme des formes régulièrement réinventées, qui cohabitent avec les discours humanitaires et une économie du primat de la finance. Et conclut sur la nécessité de penser autrement les rapports de force afin d'aboutir à une société sans prédation.
Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (ve-IVe siècle av. J.-C.). C'est une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et la Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohésion globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l?agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.
Au XVIe siècle, Miyamoto Musashi, samouraï invaincu par une vie de combats, maître ès armes et esprit de nombreux disciples, se retire dans une grotte quelques mois avant sa mort et rédige ce classique de la littérature universelle: Traité des Cinq Roues.Ce guerrier nous donne en un texte lumineux l'essence des arts martiaux et le secret d'une stratégie victorieuse qui transcende la violence et devient art de vivre et d'agir. Attitude qui explique aujourd'hui les raisons des succès japonais dans tous les domaines.Une leçon à méditer et à pratiquer: car l'esprit de l'art de l'épée peut s'appliquer à tous les gestes de la vie quotidienne.
Résumé : En 195 aphorismes, les Yoga-Sutras de Patanjali codifient l'enseignement d'une pratique traditionnelle plusieurs fois millénaire. C'est l'esprit même du Yoga qui se trouve ici décrit, résumé en une série de remarques lapidaires et lumineuses. Vrai traité de connaissance de soi, cet ouvrage est l'un des textes majeurs de l'humanité. Son message, transcendant les siècles, se révèle bien plus que moderne : essentiel.