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Faut voir ! Contre-images
Vauday Patrick
PU VINCENNES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782842924102
Il y a beaucoup moins d'images qu'on ne le dit généralement si l'on veut bien admettre qu'une image est moins ce qu'on perçoit que ce qui fait voir et donne à penser. Les œuvres mises en constellation, plutôt qu'en série, dans ce livre n'ont rien d'autre en commun que d'intriguer le regard par un détail singulier qui en signe l'exception. D'une mise au point troublante ou d'une focalisation étrange naît une contrariété visible ou audible qui conduit à interroger ce que l'on voit ou entend. Aucune des œuvres présentées n'est équivalente à une autre, chacune est approchée dans son exemplarité et sous un angle particulier qui tente d'en enregistrer l'opération propre. Le nom commun et le titre associés à chacune d'entre elles n'entend pas les définir et en finir avec elles, ils leur font écho et en prolongent les effets.
Noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir ! " Ces paroles d'une chanson bien connue signent la réputation du noir fermant d'une tautologie la porte à toutes les nuances, celles des couleurs comme celles des formes de vie ; noir de l'indistinction, "on n'y voit rien" , ou de l'extinction de ce qui prend fin et s'abîme dans le néant. Au noir qui absorbe la lumière, on a voulu rendre son éclat, ses différences de tonalités et de valeurs que décèlent, révèlent et magnifient, à leur guise, non seulement la peinture, la photographie et le cinéma, mais aussi la littérature. Dans ce qui s'apparente à un relevé d'expériences personnelles plutôt qu'à une étude savante et exhaustive, la peur du noir inséparable de l'enfance et des commencements de l'humanité s'efface au profit d'une esthétique et d'une poétique qui donnent forme et figure à une façon d'être au monde.
De quoi sont faites les images ? D'imagination et d'imaginaire répond la phénoménologie. De langage symbolique répondent la sémiologie, l'iconologie et la psychanalyse. Le sens du visible serait dans le lisible qui en ferait la trame invisible Les images résistent à cette lecture ; silencieuses ou bavardes, mais toujours insistantes, elles existent au-delà de la fantaisie ou de l'interprétation. Cette résistance est le signe d'un réel négligé. Si l'image n'est pas une chose, elle est bien davantage qu'une simple représentation mentale : un objet qui impose sa réalité spécifique à l'irréel de l'imaginaire et oppose son opacité à l'élucidation symbolique. Avec l'appui de la peinture, de la photographie et du cinéma, on a voulu montrer que les images se nourrissent d'abord des matières dont elles sont faites : lignes et couleurs de la peinture, ombre et lumière de la photographie, espace-temps du cinéma. Les artistes savent que les matériaux ont plus d'imagination que l'imagination n'en aura jamais, aussi doivent-ils se rencontrer. La matière des images que nous regardons est poïétique avant d'être psychologique. Mais elle n'est pas moins esthétique, c'est-à-dire ouverture au monde et mise en forme des expériences indicibles qu'elle suscite. Ce qu'on ne peut dire, on le montre.
Résumé : Le 16 novembre 1532, au coeur des Andes, l'Inca Atahuallpa, entouré de milliers de soldats, se porte à la rencontre de la petite troupe espagnole aventurée jusqu'à lui. Trois heures plus tard, son armée dispersée dans la nuit, il n'est plus qu'un prisonnier, souverain dépossédé d'un empire effondré au premier contact avec ses conquérants. Qui est ce personnage, Fils du Soleil adoré comme tel par ses sujets, despote dont on ne croise pas le regard, chef de guerre buvant dans le crâne de l'un de ses frères, captif qui, de ses geôliers, a appris à jouer aux échecs ? Que nous apprend-il de son pays, du temps si étranger et lointain auquel il appartient ? Il est le protagoniste de ce récit écrit à rebours d'une histoire des vainqueurs, saisi dans ce que les chroniques rapportent de lui comme à travers " les choses muettes " de la culture matérielle quand les sources écrites font défaut. Ainsi, avec l'évocation de l'Inca, c'est un regard sur une civilisation disparue et incomprise de ses destructeurs qui est proposé.
Les hommes ne peuvent rien faire sans adopter la fiction d'un commencement" (George Eliot). Prélude, prologue, exorde, prémices, préambule, préliminaire, introït, orée, aurore, aube, origine et d'autres encore : autant de mots pour dire, c'est-à-dire tenter de coïncider avec l'impossible instant zéro du commencement. Mais n'en va-t-il pas toujours ainsi de l'impossible qu'il fait d'autant plus parler qu'il échappe incessamment à la prise ? Voilà qui justifie la belle sentence de Georg Eliot : pas de commencement qui ne commence par une fiction du commencement, toute histoire, du moins tout récit est à ce prix. Il n'y en a pas moins une nécessité à cela, celle de rendre compte du nouveau qui ne découle pas de ce qui le précède sans au moins dévier ou dériver de sa ligne, comme aspiré par ce qui est à naître. Tout commencement véritable s'entoure d'une zone d'indiscernabilité et de non-savoir qui tient à ce qu'il est en recherche de sa forme et de son issue, ce qui ne va pas sans transactions circonstancielles avec le milieu dans lequel il se fraye un chemin. C'est aussi pourquoi il ne peut se décliner qu'au pluriel, dans la diversité des milieux et des variations de rythme et d'allure qui le conditionnent et qu'il traverse, un changement important n'affectant pas l'individu, le social, le politique ou le culturel selon une même temporalité. Pris dans un devenir autre, transformation, mutation voire métamorphose plutôt que naissance ex abrupto, le commencement remonte en amont de l'événement qui le déclare et s'étire en aval dans le déroulement de ses conséquences.