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Modigliani, une bonté bleue
Varetz Patrick
INVENIT
14,00 €
Épuisé
EAN :9782918698869
Dans son dialogue avec l'oeuvre, l'auteur s'interroge sur cet homme qui prend la pose. Lui là, avec sa vareuse d'un bleu délavé, c'est Moïse Kisling, l'ami peintre de Modigliani, parti combattre dans une Europe en guerre et rentré blessé, miraculé du front. "Ce que semble suggérer cet homme (?) c'est qu'il faut accepter parfois de se laisser désarmer par l'existence." A partir d'un texte d'Henri Michaux, il choisit de concentrer son regard sur cette blouse qui occupe une grande partie de la surface peinte ; puis nous invite à le suivre dans ce trou bleu en nous interrogeant : "une phrase interminable de Michaux suffirait-elle à faire reculer les ténèbres ?"Avec ce texte lumineux et porté par la bonté, Patrick Varetz nous offre la face claire de son style magnifique.
Si vous en êtes arrivé à ce point, trop tôt à votre goût, à la première étape de votre renoncement, dites-vous que les choses se sont peut-être enclenchées avant votre placement d'office dans mon service. Il n'y a pas de hasard, pas plus que de malédiction. Vos fautes - si l'on peut parler de fautes - vont s'effacer une à une de votre conscience, mais, au moment de disparaître, elles vous apparaîtront une dernière fois, dévorées par leur propre lumière. Vous refusez de comprendre ce que je raconte? Pourtant, quand vous aviez sept ou huit ans, la peur du noir a dû vous laisser entrevoir très tôt la finalité de toute chose. Peut-être êtes-vous toujours dans votre lit, le drap et la couverture ramenés par-dessus votre tête? Et si vous appeliez votre mère? Croyez-vous qu'il serait trop tard?".
Je n'appartiens pas à ce monde, on m'y a jeté. C'est la souffrance qui me fait naître: mon père, ce salaud, frappe ma mère au ventre, avec une insistance qui - par instant - frôle la démence. J'ai le sentiment que nous sommes tous, ici - je veux dire nous trois, et peut-être d'autres ailleurs qui nous ressemblent - soumis à une expérience dont l'empirisme demeure notre seul gage de liberté.
Puisque j'étais occupé à rompre le lien organique qui m'unissait à Rougeville, nous serions sous peu appelés - la ville et moi - à nous installer dans une crise sans fin : moi dans une crise d'identité aux multiples rebondissements, pour cause d'impostures successives ; et la ville, de son côté, dans une longue agonie économique (suite à l'arrêt de l'exploitation de ses puits de mine au milieu des années 1970)."
Résumé : "L'amour. Je crois que cette ombre, sans forme, travaille sans relâche à creuser le vide sous mon existence. Cela s'apparente à un tiraillement sourd, et parfois à une gêne dans la gorge et derrière les yeux, une faim impossible à rassasier. Ce n'est jamais dirigé contre quelqu'un en particulier. C'est là, qui m'oblige à saisir l'opportunité qui se présente, à accepter n'importe quoi, par peur toujours de voir la situation empirer jusqu'à l'inacceptable".
Une Compositwn de Serge Poliakoff , peinte en janvier 1954, est entrée dès l'année suivante dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lille. Elle est à la fois singulière dans la trajectoire du peintre et caractéristique de son travail. L'évocation de sa découverte par un adolescent qui deviendra l'auteur de ce texte, la description minutieuse de l'imbrication de ses formes et de ses couleurs, et un parcours de ses divers avatars devraient aussi bien en raviver le souvenir chez les amateurs qui la connaissent que susciter le désir de la voir chez ceux qui jusqu'alors en ignoraient l'existence ; car un tableau ne vit que par les regards de ceux qui le contemplent.
Une femme se tait. Une femme se tient. Elle attend. Que regarde-t-elle ? Que voit-elle ? Son corps est au repos, un moment, avant de se pencher, de saisir la fourche, et d'attiser le feu d'herbes. Elle arrête le spectateur, parce qu'elle est arrêtée, elle a suspendu le temps, elle s'enfonce dans les volutes de la fumée, et en elle-même, peut-être, dans les méandres de sa vie, dans les plis que font les vies, dans les plis du temps qui passe sur les corps et mange les années." Marie-Hélène Lafon a les gestes et l'odeur des brûlis dans le corps et sous la peau pour toujours ; ça remonte des enfances et du pays premier. A partir de La Brûleuse d'herbes de Jean-François Millet conservée au musée du Louvre, elle nous entraîne dans une histoire qui sent la fumée des brûlis de mars ou d'octobre.
Cofondateur en 1957 de l'Atelier de la Monnaie, Jean Brisy (1924-1991) a développé une oeuvre céramique tout à la fois empreinte de diverses influences et explorant des voies très personnelles. Aucun ouvrage n'ayant été jusqu'alors consacré à l'homme et à son travail, Béatrice Brisy, sa compagne, entreprend ici de raconter l'histoire ; celle qui voit un jeune étudiant des Beaux-Arts de Lille embrasser le métier de céramiste, créer avec quelques proches un collectif qui marquera durablement la vie artistique lilloise, puis faire de son atelier – une sombre cave de la rue de la Monnaie – le foyer d'une intense vie festive et créative. Ni ouvrage monographique ni étude critique, mais parcours sensible dans la vie et l'oeuvre de cet homme entier et sincère, ce livre, imaginé par les éditions invenit, devrait réparer une lacune. Pour la plus grande satisfaction de ceux, amis ou amateurs, chez qui le souvenir de la personne de Jean Brisy reste vivace, il réveillera des souvenirs émus. Chez ceux qui découvriront son travail, il montrera comment l'art céramique, quand il est porté à ce point d'engagement, peut devenir source de grande joie pour celui qui crée autant que pour celui qui regarde.