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La jalousie débarbouillée. Eloge de l'incertitude amoureuse
Vander Gucht Daniel
LETTRE VOLEE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782873174200
La Jalousie débarbouillée s'il est incontestable que le sentiment de jalousie est communément partagé dans nos sociétés comme dans nombre d'autres cultures, les sciences humaines, mobilisées dans ce livre, ont pu démontrer qu'il n'en est pas pour autant naturel, au sens d'un instinct universel, ni moins encore valorisé de la même manière dans toutes les sociétés et à toutes les époques. Il aura fallu la conjonction de la " libération sexuelle" et de la " démocratisation " de la passion amoureuse (jadis incompatible avec l'institution matrimoniale qu'elle minait, comme l'illustre exemplairement le mythe de Tristan et Yseult), sous la forme du coup de foudre et du mariage d'amour dans la société capitaliste, pour légitimer, c'est-à-dire "naturaliser" le sentiment de jalousie amoureuse. L'auteur s'attache ainsi à déconstruire cet édifice social construit à la gloire de la propriété privée amoureuse, pour plaider, sur le plan éthique, en faveur de l'incertitude amoureuse, seule morale adaptée - mais exigeante - à notre société démocratique, respectueuse tant d'autrui que de soi-même.
Les textes réunis dans ce volume procèdent pour la plupart de notes prises sur le vif, d'idées jetées sur le papier avant qu'elles ne s'évaporent, de chroniques de la vie quotidienne, mais on y trouvera aussi des ébauches de livres ou encore des articles publiés dans des journaux, revues et autres publications plus ou moins confidentielles ou éphémères. Le caractère hybride de ces écrits, qui tiennent du journal intime et de l'essai sociologique, trahit les tiraillements de l'auteur entre le souci de méthode propre aux sciences humaines dont il est devenu en quelque sorte un professionnel et des velléités littéraires non résolues. Ces exercices d'observation et d'analyse qui courent sur plus de trente ans, mêlant apartés sentimentaux et considérations sur l'époque, se présentent donc inévitablement aussi comme les fragments d'un itinéraire intellectuel et moral.
Rares sont ceux qui ont mis autant de soin qu'Henri Michaux à s'effacer de la vie publique, à disparaître du quotidien. Lui qui n'était que mouvement refusait qu'on puisse le voir réduit à une silhouette figée ; lui qui disait "Je peins et j'écris pour me trouver" s'insurgeait qu'on essaie de traquer son image, de la lui dérober, de l'exhiber ensuite. Très tôt, il s'est mis à l'écart et, refusant la preuve et la trace, il s'est estompé : "Quand vous me verrez, allez, ce n'est pas moi." Il s'est pourtant attaché à la reconquête de lui-même par les mots et par les traits, de sorte que, comme l'a dit Asger Jorn : "Autant il s'efface dans son entourage, autant il se déploie souverainement dans ses oeuvres." Cet ouvrage qui accompagne et prolonge l'exposition "Henri Michaux. Face à face", présentée à la Biblioteca Wittockiana à Bruxelles puis au centre Wallonie-Bruxelles de Paris, fait apparaître ce que disent les textes d'Henri Michaux sur la peinture, la sienne et celle des autres (de Klee à Zao Wou-Ki, de Matta à Magritte), et ce qu'ils disent face à la peinture (dans des livres illustrés qui sont de vrais livres de dialogues). Il montre aussi une série de portraits tracés rageusement ou tendrement, dans la saisie rapide ou la contemplation et qui sont peut-être un immense et fascinant autoportrait...
Au lecteur à se faire l'écrivain de sa vie au jour le jour en s'appropriant ce livre qui deviendra, suivant l'humeur du moment et de chacun, agenda ou source d'inspiration, carnet de notes ou de croquis, journal intime ou présent.