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Ecrits prématurés et troubles chroniques
Vander Gucht Daniel
LETTRE VOLEE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782873174538
Les textes réunis dans ce volume procèdent pour la plupart de notes prises sur le vif, d'idées jetées sur le papier avant qu'elles ne s'évaporent, de chroniques de la vie quotidienne, mais on y trouvera aussi des ébauches de livres ou encore des articles publiés dans des journaux, revues et autres publications plus ou moins confidentielles ou éphémères. Le caractère hybride de ces écrits, qui tiennent du journal intime et de l'essai sociologique, trahit les tiraillements de l'auteur entre le souci de méthode propre aux sciences humaines dont il est devenu en quelque sorte un professionnel et des velléités littéraires non résolues. Ces exercices d'observation et d'analyse qui courent sur plus de trente ans, mêlant apartés sentimentaux et considérations sur l'époque, se présentent donc inévitablement aussi comme les fragments d'un itinéraire intellectuel et moral.
Ce numéro double de la Revue de l'Institut de sociologie contient un hommage à Claude Javeau (1940-2021), intellectuel et professeur de sociologie à l'Université libre de Bruxelles. Prenant plus que sa part à la vie intellectuelle de son temps (on lui doit notamment la notion de "belgitude"), comme expert et à l'occasion chroniqueur à La Libre Belgique, il est l'auteur d'une bonne vingtaine de manuels, de traités et d'essais sociologiques qui lui valurent d'être invité dans de très nombreuses universités internationales. Ce volume contient également un dossier consacré à la question migratoire et à la nécessaire notion d'hospitalité. Sommaire : Daniel Vander Gucht : La cérémonie des adieux - Hommage à Claude Javeau sous la direction d'Anne Van Haecht : Anne Van Haecht : Claude est parti ; Jean-Marie Brohm : Pour Claude Javeau. Remémorations : Paris-Bruxelles-Montpellier : Michel Meyer, Les définitions de la société selon Weber et Durkheim s'accordent-elles ? Vers une nouvelle synthèse Fabien Ollier : Du côté de la vie bien emplie. Claude Javeau en amicale connivence ; Olivier Ihl : La parole perdue... Sur la naissance de la théorie du suffrage ; Henri-Pierre Jeudy : Pour une autopsie de la trahison ? Magali Uhl : Culture visuelle et regard féminin. La neutralité axiologique à l'épreuve du "gaze" en photographie et au cinéma Christophe Dargère : L'arrangement du décor. Perspectives institutionelles et situationnelles d'un concept ; Firouzeh Nahavandi : "Pays sous-developpés" et stigmate ; Luc Van Campenhoudt : Le malentendu sous l'angle de la sociologie de la vie quotidienne ; Louis Jacob : Quelques orientations en hommage à Claude Javeau ; Patrick Vassort : Claude Javeau : imagination et résistance ; Inégalités et déplacements forcés : l'hospitalité comme dialogue et comme reconfiguration sociale sous la direction de LouisJacob et Myriame Martineau : Louis Jacob et Myriame Martineau : Introduction ; Simon Latendresse : L'hospitalité à l'ère des migrations de masse, ou comment sortir (enfin) de la biopolitique ? Une enquête dans deux refuges pour migrants à Mexico ; Pauline Neveu : L' "altérité hospitalière" : pour une prise en compte des différences inhérentes à la relation d'hospitalité ; Jean-Louis Genard : Enjeux moraux et politiques de l'exigence d'hospitalité.
L'interprétation à l'oeuvre Il y a des mots qui portent, et d'autres pas. C'est un fait clinique. Il n'est pas sûr cependant que les effets réels de la parole dans une psychanalyse dépendent du sens. A quelle réson faut-il alors recourir pour aborder le réel ?, se demande Jacques Lacan. L'appui que Francis Ponge prend sur la matérialité des mots dans son écriture poétique apporte quelque réponse. C'est particulièrement sensible dans ses écrits sur l'art. Ponge fait résonner dans la langue les natures mortes de Chardin, les hautes pâtes Fautrier, les collages de Braque, le trait de Giacometti et le nom de Picasso. La notion d'interprétation est au coeur du dispositif analytique, avant même que l'on sache qui interprète, voire même ce qui interprète. La prise en compte du réel dans l'expérience analytique impose une révision de cette notion. Faire résonner autre chose que le sens devient déterminant. Le corps-à-corps de Ponge avec les mots se présente à cet égard pour la psychanalyse comme une opportunité à saisir.
Cet essai interroge un aspect décisif de l'art des années 1960 et 1970, qui a acquis valeur de paradigme. De manière circonstanciée, Natacha Pugnet y analyse les visées et les incidences d'une désubjectivation paradoxale en ce qu'elle semble a priori contraire au processus créateur. Autant que les propos des artistes, leurs productions elles-mêmes témoignent pourtant de la recherche d'une impersonnalité stylistique ; elles procèdent d'un faire anonyme, marquent l'appropriation d'un déjà-là, se montrent indifférentes au chromatisme, multiplient les procédures répétitives, etc. Pour être souvent décriée, la thèse de la " mort de l'auteur " - que défendirent Barthes et Foucault - n'en montre pas moins un point de convergence essentiel avec la critique radicale, depuis l'intérieur, de toute position souveraine de l'artiste. Et si diverses pratiques actuelles héritent manifestement de cette attitude, c'est que l'effacement est désormais intériorisé. Il aura permis de repenser la figure de l'artiste, telle qu'elle se redessine à un moment charnière de l'histoire de l'art, entre la fin des avant-gardes et ce qu'on nomme la postmodernité.