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Le temple de la sagesse. Savoirs, écriture et sociabilité urbaine (Lyon, XVIIe-XVIIIe siècle)
Van Damme Stéphane
EHESS
36,00 €
Épuisé
EAN :9782713220210
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'action culturelle de la Compagnie de Jésus s'appuie, un peu partout en Europe, sur une représentation nouvelle de la ville où la circulation des inscriptions, des livres, des informations, des savoirs tient désormais le premier rôle. La cité ne se définit plus simplement comme un repère fixe dans une conception aristotélicienne, mais s'affirme comme un n?ud d'échange dans un réseau animé par des flux. Pour naturaliser la présence de l'Ordre, tardivement arrivé dans le paysage urbain de la modernité, les jésuites vont se présenter comme un corps d'experts auprès des corps de ville, capables par leur maîtrise de l'écrit et des sciences, de donner un contenu, une solidité et une unité à la fonction culturelle des cités où ils sont implantés. La construction du consensus ne repose donc pas sur un rapport de force institutionnel ou sur une hypothétique demande sociale, elle s'enracine dans de nouvelles pratiques de communication qui font des auteurs et professeurs des porte-parole de l'intellectualité des grandes métropoles catholiques, et du collège un haut lieu de la culture urbaine. En rouvrant le dossier classique des jésuites dans la ville, ce livre souhaite saisir, par une approche combinatoire et pragmatique, la façon dont s'élabore dans l'interaction et se dissout au milieu du XVIIIe siècle une économie chrétienne des grandeurs urbaines.
Van Damme Stéphane ; Pestre Dominique ; Muller Agn
Résumé : Les trois tomes s'enchaînent selon une logique chronologique (1. De la Renaissance aux Lumières ; 2. Modernité et globalisation, 1770-1914 ; 3. Le siècle des technosciences, depuis 1914) mais sont structurés selon une même organisation thématique. Ils dégagent dans un premier temps ce qu'est la science à chaque époque et comment elle s'inscrit dans la société et la culture de la période, puis offrent un panorama approfondi de l'évolution des principaux champs et disciplines phares, et enfin replacent les évolutions scientifiques dans l'histoire globale et dans les enjeux de gouvernement (de la nature, des corps, des savoirs, de la société, du progrès, de ses risques, etc.). Savants, médecins, administrateurs, artisans et amateurs composent le monde des sciences à l'époque moderne. Des mathématiques mixtes au triomphe de l'histoire naturelle, de la cartographie à la question des races, de la philosophie naturelle à l'économie politique, et des jardins botaniques aux théâtres d'anatomie, les circulations sont nombreuses qui nous permettent d'enrichir les histoires disciplinaires. Mais cet ancien régime des sciences et des savoirs ne se limite pas à l'Europe, il s'embarque avec les marins, les marchands et les missionnaires, dans l'océan Indien, au Mexique, en Chine - à la conquête du monde. Premier tome d'une ambitieuse Histoire des sciences et des savoirs depuis la Renaissance, cet ouvrage, écrit par les meilleurs spécialistes, propose une autre lecture du lien entre sciences et première modernité. En suivant les savants au travail, il nous permet aussi d'en finir avec les représentations trop classiques de la "révolution scientifique".
Résumé : La métropole n'est plus dans la ville s'indigne-t-on sous le règne de Louis XIV ! Le temps des capitales culturelles s'ouvre en effet sur une crise de la représentation urbaine en raison de l'agrandissement sans précédent des villes occidentales. Dignes héritières des puissantes cités de l'Antiquité, de Babylone, d'Athènes ou de Rome, les métropoles de la modernité sont hantées depuis la Renaissance par la possible fin de la civilisation urbaine. Pour donner à lire l'avenir, les hommes de sciences se tournent alors vers le passé et se lancent dans une quête inlassable des origines de la ville, sources de toute grandeur. L'archéologie urbaine qui se développe à Londres et à Paris entre le XVIIe et le XIXe siècle va ainsi constituer un véritable paradigme pour penser toute approche historique de la ville, de l'histoire physique à l'histoire matérielle, en passant par l'histoire visuelle. Science partisane, ce savoir conforte un nouvel imaginaire politique qui repense le lien entre appartenance et territoire à mesure que l'émigration urbaine s'intensifie et que les métropoles s'élargissent. Une identité métropolitaine s'invente alors. Ce livre-enquête déchiffre et restitue ce travail de mise en visibilité d'un devenir urbain, des recherches antiquaires aux musées de ville.
Résumé : 1621. Théophile de Viau, auteur à succès et proche de la cour, mène en coulisses une véritable activité de propagandiste. Dans l'entourage des grands princes libertins, il est connu pour ses excès blasphématoires et son comportement sexuel exubérant. 1623. Le voici condamné à mort par contumace. Le " prince des poètes ", protégé un temps par Louis XIIIl, tombe en disgrâce. Comment une si banale affaire de blasphème est-elle devenue la plus grande offensive judiciaire contre les libertins du XVIIe siècle en France ? Véritable enquête judiciaire, cet ouvrage suit à la trace la transformation d'une polémique littéraire en un procès qui conduira Théophile de Viau en prison. Et au-delà, il tente de comprendre les ressorts du retrait libertin, l'impossibilité qu'annonce le verdict de s'affirmer désormais libertin au grand jour. II y a du même coup la nécessité d'inventer des stratégies autres pour exister, des stratégies de la duplicité: on apprend à ruser, à contourner, à dissimuler. Les leçons de l'épreuve libertine portent loin puisqu'elles donnent aux dénonciateurs un cadre intellectuel et juridique pour détruire le libertinage, et reconfigurent pour les libertins leurs capacités d'action. Portée par une écriture alerte et rigoureuse, l'enquête de Stéphane Van Damme renouvelle en profondeur l'histoire des pratiques libertines dans la France baroque.
Absolutiste, le XVIIe siècle ? Faut-il toujours s'en tenir à des grands personnages et à des événements marquants ? Pourquoi ne pas regarder les choses autrement, par en bas ? En compagnie d'Alexandre Dumas, grand amateur de l'époque de Louis XIII et de Louis XIV, les historiens Ernest Lavisse et Pierre Goubert partent à la découverte de la France et de ses habitants, rencontrant soldats, paysans, moines, sorcières, libertins et... esclaves. Parcourant le royaume et ses colonies, ils croisent aussi Descartes, Molière, d'Artagnan et quelques autres. En six chapitres alertes, où l'on se rend compte que Versailles n'est pas (toute) la France, ils bouleversent joyeusement bien des certitudes sur le prétendu " Grand Siècle ".Table des matières : Le récitLes dossiers :Sous les pavés, la FrondeLa Fronde parlementaireLes nobles s'en mêlentAmazones et diplomatesPamphlets et mazarinadesLe saint siècleHaro sur l'édit de NantesLa fabrique du cathoLa position des missionnairesJuifs et jansénistesL'économie à tout prixC'est la crise !Rentiers et canaillesDe quoi Colbert est-il le nom ?La morale de l'économieBienvenue en villePrévôts et échevinsDes foires et des muraillesLe règne du décorQui sont les citadins ?La nature... sans les jardinsLa France étrangèreLe théâtre du mondeGens d'Islam à VersaillesFrance, terre d'accueil ?Si Versailles m'était conté !Versailles, côté courVersailles, côté jardinUn choc écologiqueSouvent imité, jamais égaléChronologieBibliographieBiographie des auteurs.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.