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Fables de la mémoire. La glorieuse bataille des Trois Rois (1578). Souvenirs d'une grande tuerie che
Valensi Lucette
CHANDEIGNE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782915540598
Extrait de l'introductionWaldheim ment. La biographie du président de la république autrichienne présente une lacune sur deux années de sa vie. Il n'a pas le souvenir d'avoir été dans les Balkans du mois de mars 1942 au mois de mai 1945. Si on lui rappelle qu'il s'y trouvait, il n'a pas le souvenir d'avoir vu, du poste panoramique d'Arsakli d'où l'on embrasse tout le port grec, le rassemblement forcé des juifs de Salonique avant leur déportation à partir de mars 1943. Ni des exécutions d'otages en Yougoslavie, ni de la destruction de villages et du massacre de leur population, ni des interrogations «poussées» des prisonniers. Si ces crimes ont été commis, Waldheim se rappelle seulement qu'il a, jour après jour, apposé son cachet sur les papiers que la bureaucratie produisait autour de telles opérations. Si sa présence sur les lieux est démontrée, il est la victime d'un complot dont il est aisé d'identifier les coupables. Le fait est que ces crimes lui étaient déjà imputés par la Commission yougoslave des crimes de guerre dès 1947, et l'année suivante, par la Commission des Alliés, sous la rubrique «Mise à mort d'otages, meurtre».Cette «dénégation systématique» en forme de fuite infinie, ce «mensonge persistant», cette «opiniâtre capacité à nier l'évidence», s'expliquent, selon les deux journalistes français qui ont étudié le dossier, par la cauteleuse ambition d'un personnage médiocre, décidé à gravir les degrés de la carrière politique. Stratégie payante, car l'Autriche tout entière est frappée d'amnésie collective après la Deuxième Guerre, et veut seulement se rappeler qu'elle fut victime du nazisme. C'est un mécanisme semblable que Primo Levi observe sur le cas de l'ancien commissaire des affaires juives du gouvernement de Vichy, impliqué directement dans la déportation de milliers de juifs, Louis Darquier de Pellepoix, dont les dénégations en chaîne servent un autre projet que celui de Waldheim: construire, à son propre usage et à destination des autres, «une vérité commode» qui lui «permet de vivre en paix».
Lucette Valensi, directrice d'études à l'EHESS, a dirigé l'Institut d'Etudes de l'islam et des sociétés du monde musulman. Elle a publié de nombreux ouvrages, notamment Fables de la mémoire. La Glorieuse bataille des trois rois (Seuil, 1992), La Fuite en Egypte. Histoires d'Orient et d'Occident (Seuil, 2002). et en collaboration avec G. Martinez-Gros, L'Islam en dissidence, Genèse d'un affrontement (Seuil. 2004).
Résumé : L'Islam nous accuse. On mesure, dans ses griefs, le poids des troubles du dernier demi-siècle, décolonisation, conflit palestinien, question du Cachemire, mobilisation contre le communisme. Mais y a-t-il des causes plus lointaines, des blessures plus profondes? Le discours islamiste le dit, invoque le Prophète et la génération fondatrice, énumère la litanie des offenses subies quatorze siècles durant, invite les peuples musulmans à n'en rien oublier, y trouve les raisons compulsives de ses combats. Il ne s'agit pas de balayer ce discours identitaire, mais de constater qu'il est tenu par de jeunes générations musulmanes plus au fait de l'Occident honni que des traditions de l'Islam. On met donc en lumière dans un premier temps certains des mécanismes fondamentaux de l'État islamique ancien et de ses rapports avec la foi - mécanismes irréparablement brisés par la modernité. On insiste ensuite sur l'ampleur de l'esprit de " réforme ", d'adaptation à la modernité depuis le XIXe siècle, et sur son échec aussi surprenant que relatif. Dans une conclusion à deux voix, les auteurs, tombent enfin d'accord sur le modernisme des mouvements islamistes, et sur l'héritage tiers-mondiste qu'ils pervertissent.
Résumé : Ecoutez ces voix toutes proches, écoutez ces voix : elles viennent de si loin. Ecoutez parler ces gens très ordinaires : tous sont juifs, chacun à sa mode ; et c'est pourquoi un jour ils ont quitté leur pays natal. Pourquoi ? Pourquoi tous ces chemins devaient-ils mener en France ? Cinquante histoires de vie, provoquées puis recueillies par Lucette Valensi et Nathan Wachtel, cinquante destins se répondent pour raconter cette histoire et pour évoquer une mémoire. Mémoire individuelle et, inséparablement, mémoire collective dans laquelle le souvenir n'a de sens que parce qu'il témoigne d'une expérience partagée. Ces voix juives venues de partout racontent toutes l'exil et le deuil. Mais elles disent aussi la volonté de survivre et de sauver la mémoire du bonheur et de l'indicible. Inlassables, elles répètent l'impératif biblique, l'obligation essentielle et toujours actuelle : Zakhor, souviens-toi.
L'histoire du Portugal gagne à être connue, celle d'un pays parmi les plus anciens d'Europe. Le Portugal a marqué de son empreinte les Découvertes, initiateur de cette mondialisation avant l'heure dont le poète Camões fit en 1572 le récit épique dans ses Lusiades, à la gloire du "pays où la terre finit et la mer commence". Deux traits caractérisent l'histoire du Portugal : précocité et relative fixité. De tous les pays d'Europe, le Portugal a été le premier à réaliser son unité nationale et à fixer des limites territoriales qui n'ont guère changé depuis le milieu du XIIIe siècle. Il fut encore le premier à se lancer sur les océans pour fonder des empires outre-mer. Mais aussi fixité et conservation du passé, comme si les structures élaborées tôt ne pouvaient qu'évoluer lentement. Le Portugal a été le dernier pays d'Europe à s'engager dans le processus de décolonisation. La quête de nouveaux horizons et de grandeur jalonne l'histoire d'un pays qui s'est toujours senti à l'étroit dans son rectangle européen, même s'il a fait le choix résolu d'adhérer à l'Union européenne, une fois la démocratie rétablie avec la Révolution des oeillets du 25 avril 1974, après la longue dictature salazariste de près d'un demi-siècle. Cette passion de l'universel, cette étonnante résilience des Portugais capables de brasser opiniâtreté et solidarité face à l'adversité, parcourent une histoire dont cet ouvrage nous propose une approche synthétique, claire et facile d'accès.
D'Olisipo, nom antique de la capitale lusitanienne, auquel succéda Al Usbûna, dénomination attribuée pendant quatre siècles de domination musulmane, en passant par les liens établis avec le Maroc dès le XVe siècle, c'est ce voyage sur le temps long que ce récit se propose de faire parcourir en révélant une relation tissée entre Lisbonne et la culture islamique restée méconnue. A travers des balades agrémentées de belles rencontres, ce livre exhume les traces de la culture luso-arabo-islamique présentes au coeur de la Lisbonne contemporaine, révélant ainsi des siècles d'influences réciproques. Les itinéraires proposés se fondent sur un vaste travail à caractère historique et anthropologique et présentent tout un pan du patrimoine immatériel intégré de façon inconsciente au quotidien des Portugais (gastronomie, littérature, musique, langue, etc). Faire découvrir les relations fécondes entre ces civilisations, sans mettre de côté les tensions ou les guerres, est le fil qui a guidé cette exploration et qui ravira tous ceux qui désirent connaître un aspect nouveau de la multiculturalité lisboète.
Ce livre donne le récit commenté et accompagné de cartes et illustrations des premiers contacts officiels avec la Chine. Cette ambassade fut un échec et les émissaires terminèrent en prison ou exécutés. Cristovao Vieira et Vasco Calvo ont accompagné cette première mission diplomatique en Chine, dirigée par Tomé Pires, chargé de porter un présent pour l?Empereur afin d?établir des relations politiques et commerciales entre les deux pays. Débarqué à Canton en 1517, Pires dut attendre 1520 pour être finalement autorisé à se rendre à Pékin. Toutefois, le décès de l?empereur en 1521 et, surtout, les protestations des malais se plaignant des exactions commises par les Portugais, provoquèrent un retournement de situation. Pires dut essuyer une humiliante fin de non recevoir et fût emprisonné à Canton, en représailles contre les tentatives maladroites de ses compatriotes qui cherchaient à s?établir sur une île de ce port. Vieira et Calvo ont écrit depuis leur prison. Leurs lettres sont deux témoignages extrêmement précieux, en raison des nombreuses informations qu?ils nous donnent sur le fiasco de l?ambassade et aussi pour les premières descriptions détaillées de Canton et de la Chine qu?ils nous livrent. Ces documents sont ici confrontés à d?autres textes de l?époque, comme celui de Gu Yingxiang, commandant militaire chargé de la vigilance côtière, qui vit et entendit les Portugais arriver en 1517. Prisonniers de l?Empire Céleste propose de réunir, pour la première fois, tous les documents relatifs aux premiers contacts sinoportugais. Aux lettres et témoignages des premiers captifs, s?ajoutent des textes de référence tant portugais que chinois et des chroniques chinoises sur les premiers contacts avec les Portugais.
Oeuvre de la noblesse, de la bourgeoisie, mais aussi du clergé et du peuple, autant que de la monarchie, l'expansion portugaise se déroula à l'échelle de trois océans et de trois continents. Cependant, les chroniqueurs, encore imprégnés des valeurs guerrières de la noblesse médiévale, n'en consignent le plus souvent que le visage officiel - c'est-à-dire son volet impérial, et ses exploits militaires. Ils négligent ainsi les autres modalités d'expansion, comme la diaspora spontanée d'aventuriers, de marchands, voire de missionnaires, qui en fut le fait majeur dans certaines aires géographiques. La brillante synthèse de Luis Filipe Thomas, projetant une lumière originale sur cette aventure exceptionnelle, en, aborde les multiples facettes.