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Vie de bohème et petite presse du XIXe siècle. Sociabilité littéraire ou solidarité journalistique ?
Vaillant Alain ; Vérilhac Yoan
PARIS OUEST
22,00 €
Épuisé
EAN :9782840163121
La bohème est l'un des mythes les plus populaires du XIXe siècle : il a inspiré des romans, des poèmes, des opéras et, plus récemment, de nombreux ouvrages érudits. On s'est familiarisé avec ses figures pittoresques, sa géographie parisienne, ses rites initiatiques. Mais on manque souvent l'essentiel : si la bohème constitue une collectivité si identifiable - unie par des liens très puissants de camaraderie -, c'est qu'elle est l'émanation directe de la petite presse littéraire et artistique qui, de l'époque romantique jusqu'à la fin de siècle, est le coeur vivant de la vie culturelle en France. Il faut donc oublier la légende de la bohème pour se tourner vers la réalité : l'organisation concrète de cet univers médiatique, le tissu étroit des solidarités professionnelles et amicales. Surtout, cette complicité collaborative de la presse influe directement sur les formes de l'écriture (désormais saturée par l'ironie et la parodie) et, contrebalançant la solitude sacrée de l'auteur, met en jeu la conception même de la littérature.
Y a-t-il une manière romantique de faire la guerre, de s'enivrer, d'aimer? D'être parisien, de vivre l'enfance, de jouer d'un instrument? Peut-on être romantique et réaliste? Y a-t-il un symbolisme romantique? Qu'est-ce que le romantisme finlandais, brésilien, roumain? Et le romantisme français, comment se distingue-t-il donc de tous les autres? C'est à toutes ces questions, et à bien d'autres encore, que Le Dictionnaire du romantisme entreprend de répondre. De la France au Portugal, des pays scandinaves aux Balkans, du Canada à l'Amérique latine, à travers les savoirs les plus divers, hors des périodisations reçues et des cloisonnements géographiques, c'est un romantisme ouvert à l'univers vaste et complexe de l'histoire que proposent les 645 notices de ce dictionnaire. D'"amour" à "vampire", d'"attentat" à "utopies", de "boulevard" à "opium" en passant par "Dieu", "fraternité", "île", "Mont-Blanc", "Victor Hugo"... Une somme monumentale.
Résumé : Et si le secret de Madame Bovary se dissimulait derrière un simple calembour, une burlesque histoire de veau ? Le soupçon circule secrètement depuis une quarantaine d'années dans la critique, mais Alain Vaillant mène jusqu'à ses ultimes développements une enquête qui touche à la métaphysique insciente de Flaubert et qui révèle la vraie signification de son célèbre "comique qui ne fait pas rire". L'étude du rire flaubertien s'accompagne d'une méditation historique sur la passion du romantisme pour le comique ; esquissant par-delà le XIXe siècle une anthropologie générale du rire, elle convoque les plus grandes autorités intellectuelles, d'Aristote à Freud, mais trouve son meilleur emblème dans la "blague supérieure" de l'ermite de Croisset. Entre les lignes, on y lira enfin un manuel pratique d'herméneutique littéraire, qui prend joyeusement à rebrousse-poil les gloses sérieuses des "pédagogues tristes" pour dresser l'éloge iconoclaste mais réfléchi de l'art du rire.
Les Fleurs du mal prouvent que, grâce à des ?uvres exceptionnelles, l'histoire littéraire est parfois faite d'inventions effectives, concrètes, explicables dans les termes de l'art. Baudelaire est en effet le premier écrivain français à avoir su fier et contracter dans la forme poétique l'écoulement informe du discours : tous les poètes modernes qui, depuis, cherchent à concentrer l'émotion et l'imagination doivent l'essentiel à cette invention des Fleurs du mal, qui a radicalement changé le faire poétique. Or, de cette invention inaugurale des temps modernes, Baudelaire a dévoilé lui-même le secret : il tient tout entier dans une esthétique du rire, simultanément surnaturaliste et ironique, qui permet d'unifier dans un même acte artistique les forces contraires de la " vaporisation " et de la " centralisation ". Baudelaire est ce singulier romantique pour qui le rire, contenu et latent, joue le rôle de la voix lyrique chez les autres poètes : au terme d'une vraie passion du rire, à la fois rieur et objet de dérision, il s'offre comme victime sacrificielle au public, pour lui faire partager ses extases intérieures à travers la surface ironique de ses images versifiées. Dans Les Fleurs du mal, Baudelaire a donc poursuivi, par son travail acharné et méthodique du vers, l'expérience esthétique la plus extraordinaire et la plus incontestablement créatrice, en révolutionnant à la fois la poésie et l'art du rire. Et c'est parce que cette expérience était pleinement réussie, accomplie et indépassable, qu'elle n'avait aucune raison de ne pas être unique et solitaire. De telle sorte que Baudelaire reste, seul de son espèce et par excellence, le poète comique de la littérature française.
Jibokji Joséphine ; Maître Barbara le ; Pernac Nat
Architectures grandioses, expositions médiatisées à outrance et instituées en rituels saisonniers, le musée est aujourd'hui investi d'une attractivité touristique et d'une charge patrimoniale, politique, symbolique sans précédent. Ce qui s'y monnaye est-il cette "monnaie de l'absolu" dont André Malraux célébra l'universalité? L'interrogation court tout au long de cet ouvrage qui choisit le prisme du cinéma de fiction pour revisiter le musée, dans ses missions et mythologies traditionnelles mais aussi dans ses coulisses et sa violence. Au final, les intrigues muséales tramées entre autres par Michael Curtiz, Tsai Ming-liang, Jean-Luc Godard, les frères Quay, Sanjay Gadhvi, Marco Bellocchio ou Charles Crichton sondent notre rapport fétichiste à l'oeuvre d'art et notre regard sur le patrimoine. A travers des analyses subtiles et décapantes, muséologues, historiens de l'art et du cinéma nouent un dialogue qui atteste la puissance discursive de la fiction. Il en naît aussi une éclatante relance théorique sur les fonctions du musée, sur les valeurs qui s'y transmettent, s'y échangent, s'y révisent et s'y réinventent.
Résumé : Vérités et mensonges sont au coeur de la représentation cinématographique, qu'elle soit documentaire ou fictionnelle. Comme l'indique le titre français du film d'Orson Welles, F For Fake [ Vérités et mensongesl, les deux notions sont souvent indissociables. Le statut ontologique de l'image filmique est déjà problématique car elle produit une illusion de réalité. Le cinéma joue également avec la "vérité" à tous les niveaux : celui de la fabrication du film, de la mise en scène, du travail sur les décors, les effets spéciaux, etc. Le numérique crée à son tour un niveau d'illusion supplémentaire puisqu'il n'a plus besoin de référent dans la réalité. Depuis le documentaire jusqu'au film de fiction, voire ses déclinaisons dans le format sériel, on interrogera donc le cinéma de propagande et le documentaire, le montage des documents et, plus spécifiquement, du côté de la fiction, la manipulation des images et du point de vue chez certains cinéastes. Quelles vérités attendre de l'usine à rêves ? Comme le dit le journaliste à la fin de L'Homme qui tua Liberty Valance (J. Ford, 1962) : " This is the West, Sir. When the legend becomes fact, print the legend " (" C'est l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende").
Les relations d'un auteur et de son éditeur se résument-elles au contrat qui les unit ? Dans cet entretien, Marie Darrieussecq expose avec franchise et vivacité les relations qui la lient à son éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des Editions P.O.L. Elle évoque son itinéraire éditorial, de ses débuts, avec le succès de Truismes, jusqu'à aujourd'hui, et réfléchit à son statut d'auteur.
La première partie de l'ourvage : La contribution de philosophie politique de Stéphane Haber met en discussion la trilogie que Schmitt considère comme fondatrice des sociétés politiques : prendre/partager/exploiter, pour en proposer une alternative : donner/posséder et gérer en commun/préserver, en s'appuyant notamment sur l'anthropologie du don et la théorie des communs. Sa conclusion vise néanmoins à mettre en garde contre toute tentative de réduction du réel à un modèle théorique pur. Le chapitre écrit par Pierre Crétois considérant la philosophie du droit de propriété, critique l'approche courante selon laquelle le droit de propriété comme contrôle absolu de l'individu sur son bien est un élément essentiel d'une théorie de la justice. Il montre que les différentes formes d'appropriation expriment et régulent des relations sociales quant aux ressources. Maxime Desmarais-Tremblay, proposant une étude de philosophie de l'économie, analyse, dans sa contribution, les prolongements qu'a connus un des concepts dû à Richard A. Musgrave, ayant fait l'objet d'une forte polémique parmi les économistes, à savoir celui de "bien méritoire" . En particulier, il vise à clarifier les différents arguments ayant été mobilisés jusqu'à aujourd'hui pour justifier la non-appropriation privative de ce type de biens. Martin Deleixhe, se plaçant sur le terrain de la théorie politique, met en lumière l'intérêt des tenants de la démocratie radicale pour les biens communs, pour autant que ces derniers sont associés à une autogestion durable de la production, réinstituant les parties prenantes en maîtres de leur propre destin. L'autogestion des biens communs apparaît alors comme la forme de référence du renouvellement des pratiques démocratiques. La deuxième partie de l'ouvrage : Tout d'abord, Léa Eynaud, entend revenir sur le problème de la fondation politique de la catégorie de biens communs. Plus précisément, son article vise, au travers d'une approche de sociologie pragmatiste, à étudier les pratiques d'acteurs qui s'engagent à contre-sens de la privatisation des ressources, notamment avec les cas d'une coopérative de fourniture d'énergie renouvelable (Enercoop) et d'une ressourcerie. Rémi Schweizer, quant à lui, se propose de revenir aux expériences historiques des communs en les explorant sous l'angle des dynamiques d'appropriation qu'elles impliquent. L'enjeu consiste à repartir du terrain pour en tirer certains enseignements pour les communs modernes. Le cas des Alpes suisses est pour ce faire mobilisé : à travers l'exemple des Bisses Valaisans, c'est-à-dire d'un réseau d'eau entretenu et utilisé au sein d'une communauté agricole. Loin d'échapper aux logiques d'appropriation et d'exclusion, l'enchevêtrement de droits qui accompagnent l'exploitation des bisses ne repose ni sur une négation de la propriété, ni sur une subversion qui romprait avec une tradition exclusiviste. Les bisses se rapprochent au contraire, à certains égards, de biens clubs au sein et à la marge desquels les relations de pouvoir et les inégalités doivent être interrogées. Le texte de la politiste, Eleonora Gentilucci, présente les arguments des opposants à la "biopiraterie" , cette appropriation privée de semences qui sont considérées comme un bien commun de l'humanité. Un panorama des actions menées face à cette menace pour la biodiversité entend montrer l'efficacité de cette action quand elle est d'abord menée au niveau local. Natalia Frozel Barros, enfin, fait une analyse politique l'évolution du principe juridique de patrimoine commun de l'humanité gérant les ressources minières des fonds marins. D'abord élaboré dans un souci de communalisation de ces fonds, qui visait à empêcher une appropriation par les Etats, à réduire les inégalités internationales, et même à promouvoir la paix mondiale, celui-ci s'est orienté vers la possibilité d'une marchandisation et d'une appropriation étatique qui ne dit pas son nom. L'auteur mène cette étude en analysant les discours des négociateurs, qui disent vouloir s'adapter à la conjoncture internationale alors que ce sont eux qui participent de cette évolution libérale.