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LES IRANIENS EN FRANCE - SOCIOHISTOIRE D'UNE DIASPORA DEPUIS LE XIXE SIECLE
VAHABI NADER
ORIZONS
15,00 €
Épuisé
EAN :9791030902198
Près de quatre siècles après la célèbre question de Montesquieu "Comment être persan ? ", l'interrogation est-elle toujours d'actualité ? Comment peut-on expliquer l'attrait pour la France de l'intelligentsia iranienne des années 1830 après deux traités humiliants imposés par la Russie ? Quels sont les déterminants historiques qui ont poussé les Iraniens à s'exiler en France ? Notre hypothèse est que la diaspora iranienne francophone, née au 19' siècle, se nourrirait essentiellement d'une proximité culturelle et littéraire, de besoins en formation professionnelle et en connaissances, de recherche d'un asile politique ; dans les années 1980, elle se serait étendue à un large éventail d'individus de parcours légal ou clandestin, au regroupement familial, au séjour estudiantin et au projet politique, représentatifs des différentes couches de la société iranienne concernées par cette pratique sociale.
Que faire lorsque l'on ne peut pas continuer à mener une recherche dans un pays où l'esprit de liberté intellectuelle n'existe pas ? Faut-il se replier sur soi-même ? Ou abandonner ce milieu impropre à tout travail serein et désintéressé ? J'ai "choisi" cette dernière voie, sans être sûr de pouvoir la suivre, mais ce choix m'a été imposé par un événement socio-historique qui a frappé ceux de ma génération : la Révolution iranienne de 1979. La problématique de ce livre, Mémoire d'un parcours migratoire, fruit d'une dizaine d'années de recherches dans le champ migratoire, reflète en quelque sorte mon expérience personnelle, nourrie également d'enquêtes sociologiques au sein de la diaspora iranienne dont une liste détaillée se trouve dans l'annexe."
Pourquoi laisse-t-on mourir en mer des milliers d'individus dont la faute serait de vouloir quitter leur pays pour trouver ailleurs les conditions d'une vie meilleure ? Ne pourrait-on pas considérer la mort de ces milliers de personnes en Méditerranée comme un crime ? Toutes les vies ne se valent pas car les 18 422 morts en Méditerranée entre 2014 et 2019 ne forment qu'une préoccupation secondaire pour l'Union européenne. L'Europe inspirée de la philosophie humaniste et de l'hospitalité kantienne se trouve-t-elle en porte-à-faux avec sa politique discrétionnaire ? Cette ignorance relève-t-elle de la reproduction sociologique de la banalisation du mal ? L'intérêt de ce livre réside dans la discussion sur l'idée de considérer que la mort des migrants en Méditerranée est un moindre mal face au risque politique que représenterait leur accueil. Il pointe la volonté de déresponsabilisation de l'Union européenne qui externalise la gestion des migrants à des pays tiers et met en doute la charge communément admise de l'incrimination des réseaux de passeurs pour nous orienter vers la responsabilité des Etats à l'égard des morts en Méditerranée.
Les migrants qui "saisissent" plusieurs sols et vivent des trajectoires multiples font souvent face à une nouvelle socialisation, à un recommencement de vie à zéro, étape que nous qualifions de quatrième socialisation, pour rester fidèle à la chronologie des trois socialisations générales : primaire (famille), secondaire (école et éducation), tertiaire (travail et emploi) ; cette quatrième socialisation place les migrants dans un registre bien différent de celui des indigènes.
En quoi le flux migratoire de 2015 constitue-t-il une crise ? Pourquoi tant de réfugiés se sont-ils dirigés vers l'Europe ? Quelle place y occupe la Méditerranée et comment les pays du vieux continent réagissent-ils face à des personnes prêtes à prendre le risque de payer de leur vie le coût de leur déplacement ? En quoi mondialisation et migration sont-elles intrinsèquement liées à la modernité ?
Tandis qu'une main de femme en moi écrivait des textes positifs, argumentés, d'ordre métaphysique, historique ou poétique, l'attente des jours se déroulait dans une aridité, une pauvreté qui se répétait elle-même. La "veille du livre" raconte le roman impossible d'une écriture forgée dans la patience des jours. Les textes rassemblés ici ont été écrits sur plus d'une dizaine d'années.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Naïf et subjugué, le narrateur de La pierre à boire est un raporta au village ; le premier a s'être agrégé, venu d'ailleurs. Les lieux qu'il traverse lui procurent mille occasions d'attiser ses passions ordinaires pour les paysages décousus, les mégalithes, les fontaines et les créatures qui semblent les hanter. " Pays d'oïl, Pays d'oc ", c'est une curieuse façon de dire, aujourd'hui, mais ce rêveur de langage, saute-frontière, dit curieusement les choses ou les laisse dire par la mention des couleurs, les titres des livres, les découvertes d'anagrammes et de langues perdues. Les lieux-dits acheminent les récits, croit-il...