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Ma fille, ne prie surtout pas pour les Algériens !
Vaha Isabelle ; Bouamama Saïd ; Ruscio Alain
CROQUANT
15,00 €
Épuisé
EAN :9782365124768
Les campagnes et résultats des européennes et législatives de 2024 sont venus rappeler une nouvelle fois l'ampleur de l'enracinement des représentations sociales racistes dans notre société. C'est en effet sur la base de celles-ci que le Rassemblement National, et avant lui le Front National, travaillent, depuis plusieurs décennies, avec constance et cohérence, la société française. L'efficacité de cette action est redoutable en termes de production des peurs et des haines de l'Arabe et/ou du Musulman ou supposés tels. L'axe central de la stratégie mise en oeuvre par ce parti n'est rien d'autre que la remobilisation et la redynamisation d'un imaginaire et d'un espace mental hérités de la période coloniale. Le livre d'Isabelle Vaha est une contribution essentielle à la compréhension des effets durables de la barbarie coloniale sur la société française. En acceptant de nous livrer par son témoignage émouvant une intimité et une souffrance habituellement ensevelies dans un silence pesant, elle fait oeuvre de salubrité publique. Découvrir enfant que son père a été un tortionnaire n'est pas une banalité sans conséquence. Constater que cette "expérience" irrigue jusqu'à aujourd'hui le regard du père et de l'ensemble de la cellule familiale sur le monde et sur la quotidienneté n'est pas une anecdote sans effets importants. Décider d'en parler et d'écrire ce trauma, cette blessure non cicatrisée, cet héritage pesant et encombrant, etc. , est un cadeau offert à notre société. En acceptant de nous livrer une part de son intimité, Isabelle, met des mots sur une réalité qui concerne la plus grande partie de la société française. Frantz Fanon soulignait déjà dès la décennie cinquante que l'oeuvre destructrice de la colonisation touchait sous des formes différentes la société colonisée comme la société colonisatrice. La déshumanisation de la seconde est en effet le prix à payé pour les violences subies par la première. Aimé Césaire utilisait pour décrire cette déshumanisation le terme "d'ensauvagement" de la société colonisatrice. C'est à une image vivante de cette "déshumanisation" et de cet "ensauvagement" que nous permet d'accéder le livre d'Isabelle. Loin d'être une exception, la trajectoire du père et l'héritage encombrant d'Isabelle ne sont pas des cas isolés. Ce qui les distingue fondamentalement de centaines de millier d'autres situations c'est la décision d'en parler, d'en décrire la banalité quotidienne, de souligner la prégnance du passé sur le présent. Ce faisant elle contribue à la nécessaire décolonisation de la société française, à l'indispensable rupture avec l'espace mental colonial qui est loin d'avoir disparu avec l'indépendance des colonies et plus particulièrement de l'Algérie. Cinq siècles d'esclavage, un siècle et demi de colonisation, la diffusion par une multitude de canaux [livres scolaires, chansons, humour, zoos humains, etc. ] d'images racistes pour légitimer ces deux crimes contre l'humanité, l'enrôlement de centaines de milliers de jeunes dans la guerre d'Algérie, etc. , ne peuvent pas ne pas avoir profondément imbibés l'ensemble de notre société. Esclavage et colonisation, expliquait déjà Frantz Fanon suppose de faire intérioriser un sentiment d'infériorité pour les uns et un sentiment de supériorité pour les autres. C'est ce sentiment de supériorité profondément ancré, inscrit dans les socialisations, posé comme une évidence, autorisant à toutes les violences, qu'exprime le père d'Isabelle et les autres adultes de la famille. Les groupes sociaux et les sociétés humaines sont comme les individus résultats de leur histoire. Pour le meilleur et pour le pire les effets du passé continuent à irriguer le présent. C'est pour cette raison que nous pouvons affirmer que l'histoire est aux peuples ce que la psychanalyse est aux individus. Le silence à l'échelle individuelle comme sur le plan collectif conduit à la reproduction et à la répétition. Mettre en mot comme le fait Isabelle l'horreur coloniale et le racisme qu'elle suppose est en conséquence un incontournable pour rompre réellement avec eux. On ne dépasse pas une page traumatique de l'histoire individuelle et collective sans la lire jusqu'au bout, jusqu'à la dernière ligne, jusqu'au dernier mot. Le livre de Raphaëlle Branche, "Papa, qu'as-tu fait en Algérie" , paru en 2020, converge avec celui d'Isabelle pour interroger le silence familial sur l'expérience du million et demi de jeunes qui ont fait leur service militaire en Algérie et sur ses effets. Le témoignage personnel et intime de l'une et l'enquête sociologique de l'autre, attestent communément, de l'ampleur des effets de ce passé colonial sur le présent. Ces contributions à briser le silence, socialement, politiquement et médiatiquement construit, sont à saluer. Sans de telles paroles en effet la reproduction du racisme colonial ne pourra même pas être ébranlée. Alors que la fragilisation de notre société, sa paupérisation et sa précarisation massive, font ressurgir le spectre du "bouc émissaire" à sacrifier, Isabelle nous indique le seul chemin possible pour éviter de nouvelles catastrophes. Dire le réel tel qu'il fut et tel qu'il est, n'est en rien comparable avec une quelconque "repentance" . L'histoire comme le présent n'a que faire de la repentance. Elles ont en revanche, tous deux, absolument besoin du regard lucide sur le passé et sur ses horreurs. Faute de ce regard les mêmes causes continuerons à produire les mêmes effets. Si nous ne sommes pas condamnés au pire, celui-ci reste cependant possible tant que le silence continue socialement et politiquement à imposer sa loi. Il n'y a aucun déterminisme absolu dans l'histoire individuelle comme dans l'histoire collective mais il existe en revanche des déterminants issus du passé qui ne peuvent être contrecarré que par la prise de conscience individuelle et collective qui suppose, elle-même, de briser les silences politiquement construits. La trajectoire d'Isabelle décrit une telle rupture avec ce qu'elle appelle "le déterminisme filial" en expliquant : "on n'est pas forcément bourreau de père en fille. Des assassinats peuvent être dissous dans l'altérité et dans le démontage d'une histoire mystifiée. Des tortures peuvent être pansées par l'acceptation de la différence et d'un autre panel de normes historiques et sociétales. Des massacres peuvent être annulés par leur dénonciation et l'écoute panoramique des survivants. Que l'on me comprenne bien ! Effacer l'histoire avec quelques circonvolutions littéraires pavées de bonnes intentions est impossible d'autant que certains en concèdent quelques aménagements fallacieux. Ce que je voulais démontrer, c'est qu'il faut du temps, certes, mais que l'aventure d'une reconstruction personnelle, par la voie, entre autres, militante, est possible et que la rupture avec des prescrits d'éducation à la haine est réalisable" Merci à Isabelle pour nous rappeler que si les circonstances font les hommes, ceux-ci peuvent décider consciemment de transformer ces circonstances. Elle nous rappelle ainsi le chemin emprunté par le passé par tous ceux qui se sont insurgés contre l'exploitations, l'oppression et l'injustice.
Résumé : Une petite photo déchiquetée : Oran 1959. Un légionnaire en uniforme pose à côté d'une fillette en bonnet blanc : Isabelle VAHA. Mars 2002, son histoire vient la rattraper : celle d'un père tortionnaire en Algérie, dont elle découvre, gamine, la réalité dans une boîte à chaussures : des photos de scènes de tortures auxquelles il a activement participé. Une vie réduite à un "misérable tas de secrets" pour reprendre l'expression de Malraux où, dans sa famille, les mots sont aussi tranchants que des lames : " l'Algérie serait si belle sans les Arabes ! " Dans son premier roman, l'auteur ne réécrit pas son histoire. Elle la transcende et fait d'elle un vecteur d'engagement dans la compréhension et le respect des différences. Benoît COLLOMBAT, journaliste à France Inter.
Seconde Guerre mondiale. L'histoire des enfants de pères prisonniers et de parents partis travailler en Allemagne. Dans la mémoire collective, ce sont forcément les mères et les proches qui prennent soin d'eux. Or, ce ne sera pas toujours le cas. Ce sont donc 104 Maisons qui leur seront spécifiquement dédiées. Ainsi, au coeur de tumultes institutionnels maillés par les restrictions de toutes sortes et voués à l'arbitrage permanent de l'Occupant, ces enfants, loin de leurs familles, tenteront de grandir dans la souffrance et l'insouciance, la solitude et la fraternité, l'insécurité et l'assistance, dans l'attente de jours meilleurs. Ces petits archéologues de l'histoire nous permettent de découvrir une page inédite de la Seconde Guerre mondiale qui nous réserve bien des surprises.
Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua⦠La liste s'allonge des pays vivant un tournant autoritaire. Répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d'un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd'hui affecter les démocraties les plus anciennes et les plus solides. L'ambition de cet ouvrage est de renouveler la question de l'autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfigurationA : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d'Etat), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d'une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d'abuser du pouvoir.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Du passé, je ne veux pas faire table rase. le souhaite au contraire, crûment, vous le dévoiler. Dans ces moments d'évanouissement de pans entiers de notre histoire, à l'époque d'un présent déifié débarrassé de toute mise en perspective, à l'ère de l'anachronisme triomphant, au moment où l'information et la transmission sont noyées, emportées par le tsunami du "presque rien" dont parlait Bourdieu, je veux vous mener, avec mon regard, en des terres souvent méconnues, ignorées ou oubliées et je souhaite les ressusciter. Là, dans ces années de guerre et d'Occupation se tissèrent les mondes d'aujourd'hui. En tant que journaliste et acteur militant de ces combats d'hier qui impriment leur marque sur notre univers d'aujourd'hui, je veux vous parler de moi. Non par vanité, mais comme une incitation, par le biais de ces chroniques de continents disparus, à humer des parfums oubliés, à percevoir des ambiances surprenantes, enthousiastes ou angoissantes, à participer à des combats victorieux ou étouffés. le veux aider à comprendre ce nouveau monde et les raisons de son advenue. Et je veux répondre à cette question reprise par des millions de voix : pourquoi être ou avoir été communiste ?