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Les cobayes
Vaculík Ludvík ; Ranoux Marion ; Boulard Le Fur Jé
ATTILA
20,00 €
Épuisé
EAN :9782917084540
Fils de charpentier, né en 1926 en Moravie (dont il gardera des traces de la langue, populaire, drue, volontiers anticonformiste), le Tchèque Ludvik Vaculik fait un apprentissage de cordonnier, puis des études de sciences politiques. Journaliste, il déploie sa critique sociale dans les plus importants organes de l'intelligentsia réformiste. Son roman La Hache évoque le sort de son père et l'itinéraire d'un jeune journaliste confronté, d'un idéal à l'autre, à l'usurpation du pouvoir. En 1967, son discours au Congrès des écrivains ("aucune question humaine n'a été résolue en l'espace de vingt ans") est analysé comme l'un des signaux du Printemps de Prague, dans lequel il s'engage avec force. Il rédige durant l'événement le manifeste des "Deux mille mots", où il demande à la population de défendre sans faillir une culture et un socialisme purifiés des tares du passé. Ce texte est dénoncé par le régime issu de l'occupation de la Tchécoslovaquie en août 1968 comme une plate-forme de la contre-révolution et aboutit à sa seconde exclusion du parti. Son oeuvre est mise à l'index. Au ban de la société, mais se refusant à l'exil, Vaculik publie de manière clandestine, sous forme de samizdats, deux romans: Les Cobayes (1973) et La Clef des songes (1981), chronique de l'oppression témoignant de son expérience et de sa surveillance policière, au jour le jour, sous le régime communiste. Vaculik crée les éditions Petlice ("du Cadenas"), où il publie Jaroslav Seifert, Hrabal, Havel, Ivan Klima, ce qui lui vaut les poursuites persévérantes de la police d'Etat, la STB. Après la chute du régime communiste, il publie des textes à caractère autobiographique. Et continue de commenter, dans des feuilletons hebdomadaires, la vie politique et sociale, dans la tradition de Capek ou Havel. Dans l'utilisation d'une voix faussement neutre et apaisante pour signifier des allégories troublantes, l'auteur des Cobayes a été comparé à Vonnegut et à Roald Dahl.
Ludvik Vaculik, journaliste tchèque, connu pour ses prises de position politiques, est l'auteur d'un célèbre rapport présenté devant le IVe congrès de l'Union des écrivains en 1967. En 1968, il soutient la politique de Dubcek avec la Lettre de 2 000 mots, dont il est l'un des rédacteurs. La Hache, publié en 1966, est son second roman. Un jeune journaliste communiste cherche à y reconstituer la vie de son père, ouvrier menuisier militant qui n'a pas réussi à rallier ses proches à la cause de la collectivisation. De là il part à la recherche de son frère conducteur d'autobus. Le livre tout entier forme une véritable autocritique, la longue évocation du passé ayant pour but d'éclairer des vérités actuelles, vitales et toujours niées.
Ce récit, sorte de longue parabole, a pour narrateur l'employé d'une banque où tout le monde pratique le vol. En contrepoint, la vie de famille du protagoniste et l'élevage de cobayes de ses fils. Lentement, sans éclat, sans drame, de la banque aux cobayes, des cobayes à la banque, le récit monte en cauchemar inexorable. Vaculík, qui a voulu désigner aux opprimés leur nécessaire révolte, s'est attaché à dénoncer les rapports troubles qu'ils entretiennent en eux entre réalité et illusion.
Un homme traqué trouve refuge dans le clocher d'une église. Là, dans son clocher, seul, privé de nourriture, comme un rat pris au piège, le héros observe la vie du village... qu'il domine, mais qui ne le voit pas. Il amorce un dialogue avec trois pantins appartenant au système de cloches de l'église, et qu'il identifie aux trois femmes de sa vie: prétexte à des méditations et des digressions, volontiers philosophiques, sur l'amour, la liberté, l'engagement. Peu à peu, il se détache de la vie. Cherchant à se suicider, il se pend au système de cloches... ce qui le met en branle, et il est découvert... puis arrêté, jugé et condamné à mort. Face à son indifférence de la mort, ses bourreaux décident néanmoins qu'il ne mourra pas tant qu'il n'aura pas retrouvé le goût de la vie. Une longue attente commence. Le Fugitif est une sorte de reflet du Requiem pour un paysan espagnol: le roman d'un innocent persécuté qui échappe, par le désir de mourir, à ses poursuivants... Roman de l'exil intérieur, écrit dix ans avant la mort de l'auteur, ces confessions d'un héros ayant juré de se suicider révèlent un Sender jusqu'alors inconnu en français.
Résumé : Vivant dans une mansarde, humilié par la maîtresse de sa pension, un romancier pauvre et inconnu écrit un roman expérimental illisible de 1 500 pages, dont la lecture fait fuir tout le monde autour de lui. Tout le monde, sauf son meilleur ami, Coco Pico de la Mirandole, qui déniche un éditeur sado-maso aspirant à faire faillite. Promis à un échec total, le livre devient hélas un best seller en France. La critique argentine retourne sa veste et des milliers d'exemplaires sont écoulés. L'Epopée du Roi Thibaut donne à lire quelques-uns de ces feuillets, contant la guerre sainte menée à un âge préhistorique par le Roi Thibaud à Saladin, calife de Toutes les Russies, à grands renforts de machines futuristes, extravagantes, et de créatures antédiluviennes. La civilisation semble vouée à un retour à l'âge de pierre, dans un univers des plus cruels et ingénieux, où la facétie et la stupeur règnent en maître.
Labordeta José Antonio ; Fleury Jean-Jacques ; Fle
Un homme est attaché à un arbre, avec sa mule en train de pourrir au soleil. Il ressasse les événements qui l'ont mené là. A cette scène centrale, obsédante, ramènent tous les autres épisodes du roman. Devant les rumeurs d'un soulèvement militaire dans un village de montagne, deux clans se sont formés. Les tensions, pourtant, convergent toutes vers Braulio, l'usurier, qui s'est rempli les poches avec l'argent des uns et des autres. Une horde d'excités décide de lui régler son compte. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu... et une chasse à l'homme commence à travers une nature desséchée par un soleil de plomb.
Dupuy Jean-Daniel ; Boulard Georges ; Virot Benoît
Quoi? Une société contre-utopique, après une apocalypse industrielle. Où? Dans une société gouvernée par les experts, les médecins et les journalistes officiels... qui entretient d'étranges ressemblances avec le monde actuel. Comment? Le livre explore la généalogie des éléments réfractaires au Régime: groupes sociaux en marge ou déclassés; figures mythiques qui nourrissent l'imaginaire et s'opposent aux discours de propagande (le grand singe Gom Golopür, le marchand de sable, le Roi des rues, Décembre aux mille visages...). Quand? Tout tourne autour d'un événement obscur, mal connu, qui a transformé les cartes, les villes et la répartition des populations: "la Catastrophe".
Résumé : Ce sont ou bien des pages brèves où l'auteur recrée, avec une intensité surprenante, les drames en grisaille de la vie quotidienne et ses minces joies, ou bien les premières grandes oeuvres où le sens de la nature et la reconnaissance sans concessions de la destinée humaine sont largement exprimés. Dans l'économie et le dépouillement des unes, comme dans l'inimitable équilibre des autres, avec la tendresse retenue et la compassion que l'on sait, Tchékhov rend compte d'une Russie profonde qui n'a pas changé avec les années.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Poésie lyrique - Poèmes narratifs - Prose - Essais autobiographiques - Le Docteur Jivago. Traduit du russe par Michel Aucouturier, Hélène Chatelain, Jean Durin, Gilles Gache, Benjamin Goriely, Hélène Henry, Jean-Claude Lanne, Anne Laurent, Françoise Lesourd, Martine Loridon, Ève Malleret, André Markowicz, Louis Martinez, Catherine Perrel, Valérie Posener, Jacqueline de Proyart, Andrée Robel, Satho Tchimichkian, Vardan Tchimichkian, Alain Thevenard, Laure Spindler-Troubetzkoy et Hélène Zamoyska. Édition de Michel Aucouturier.
Zamiatine Evguéni ; Cauvet-Duhamel B ; Semprun Jor
«...On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.» Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation , au rééquilibrage psychique. C'est en 1920 que le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futures, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor. Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avait pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié. L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.» Yvon Hecht.Notes Biographiques : Eugène Zamiatine est né en 1884 à Lebedyan dans la province de Tambov. En sa qualité d'architecte naval il se rend en Angleterre pour la première fois en 1916 et y séjourne jusqu'en 1917. La même année il quitte le Parti bien qu'il fût dans sa jeunesse un bolchevik convaincu. Entre 1908 et 1913 il publie deux nouvelles, mais son prochain livre est interdit par la censure en 1914. Nous autres, écrit en 1920, ne sera jamais publié en U.R.S.S. et à la suite d'incessantes persécutions il écrit en 1931, désespéré, une lettre ouverte à Staline. Ce dernier, après l'intervention de Gorki, lui permet de quitter le pays. Zamiatine, accompagné de sa femme, se rend à Paris où il vit jusqu'à sa mort en 1937.
Résumé : Ce sont les récits des dix dernières années. Parmi eux, des oeuvres très développées, telles que La Salle n° 6, Trois années, etc., que gouverne toujours l'irrésistible simplicité tchékhovienne. Même lorsque se sent l'influence du théâtre - La Maison à Mezzanine aurait pu faire une excellente pièce, et le cinéma a "visualisé" sans peine La Dame au petit chien -, subsiste la règle d'or de la discrétion et de la vérité.