Quelle relation le design graphique - en tant que pratique contemporaine - entretient-il avec son histoire ? Issus d'horizons divers, les auteurs des textes rassemblés dans cet ouvrage ont tous déjà contribué à explorer ce champ de connaissance et de réflexion. Ils apportent ici un éclairage particulier sur la fabrique de cette histoire et de ses multiples formes - écrites, parlées, dessinées, exposées ou éditées. On rencontre au fil des pages des créateurs de caractères de la Renaissance aussi bien que des avant-gardes du XXe siècle, Jan Tschichold, Marie Neurcth, Edward Steichen et Richard Hamilton, des incunables et des revues de design, des archives d'école et des expositions de musée. Histoire matérielle et histoire sociale se croisent, analyse typographique et études visuelles se complètent. Cet ensemble de textes dresse un panorama varié, enrichit nos savoirs et propose des outils de recherche. Il invite à mesurer l'importance du passé pour la création aujourd'hui - une clé pour comprendre le rôle majeur du design graphique dans la société.
Aristide Briand (1862-1932) est à la fois célèbre et méconnu. En dépit de la multitude de rues qui portent son nom, du prix Nobel de la paix qui lui a été décerné en 1926, et de sa popularité dans les dernières années de sa vie, il n'occupe pas dans la mémoire nationale la place qui lui revient. Comme si les insultes de l'Action française et l'inimitié de certains ténors de gauche et de droite brouillaient toujours son image; comme s'il avait bien été l'inculte et paresseux politicien opportuniste, l'anticlérical à tous crins et sur ses vieux jours le pacifiste bêlant livrant la France à l'Allemagne que ses adversaires ont dépeint. Quelle injustice! Voilà au contraire un homme parti de positions extrémistes (la grève générale...) et venu aux affaires afin de concilier les inconciliables. Sans lui, qui fut le rapporteur de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905, la question religieuse aurait pu tourner à la guerre civile: il a su amener les protagonistes à se ranger à un texte de compromis toujours en vigueur. Avant et pendant la Grande Guerre, il fut un bien peu pacifiste ministre et président du Conseil, élaborant en 1913 la "loi des trois ans", imaginant en 1915 l'expédition de Salonique afin de prendre les empires centraux à revers et menant une diplomatie au service de la victoire, notamment au moment de Verdun. Une fois la paix revenue, il tente avec lucidité et fermeté de tirer le meilleur parti du nouveau système international (SDN) pour contraindre l'Allemagne à jouer le jeu. Toujours pour assurer la sécurité de la France, sa préoccupation première, il se fait le "pèlerin de la paix" et promeut un projet d'union européenne qui ne verra le jour qu'à la fin des années 1950. Ce parlementaire à la belle longévité (1902-1932), cet orateur hors de pair sachant convaincre, ce grand homme d'État (de multiples fois président du Conseil et ministre des Affaires étrangères), cet esprit libre (il ne s'est pas longtemps accommodé des lourds et dogmatiques appareils politiques) s'est voué à la chose publique exclusivement, délaissant une carrière d'avocat qui s'annonçait brillante et ne sacrifiant guère à la vie privée - célibataire, il eut de nombreuses aventures et quelques amours durables (parmi lesquelles lacomédienne Berthe Cerny et Marie Bonaparte). Il était nécessaire de remettre Aristide Briand dans la galerie des hommes illustres de la République. Gérard Unger y est parvenu avec science et talent.
Résumé : Le designer s'intéresse au fonctionnement de la lecture lié à la typographie, précisément à la manière dont l'homme lit sans voir la lettre. Cette étude porte sur les procédés conçus par les designers graphiques pour rendre la lecture possible et explore différents thèmes : la typographie invisible, la reconnaissance du motif, l'ergonomie du dessin de la lettre...
Résumé : Gaston Defferre fut un combattant. Par le verbe d'abord quand, jeune avocat, il plaidait pour l'égalité et la liberté entre mari et femme avant de défendre, en pleine guerre, des membres du réseau de l'Américain Varian Fry, venu à la rescousse des artistes européens, puis des trotskystes renvoyés devant le Conseil de guerre. En prenant le contrôle du Provençal, l'avocat s'effaça devant le patron de presse, mais resta la passion des mots. Par les armes quand, contraint par la guerre et l'Occupation, Gaston Defferre s'engagea dans la Résistance avant de participer à la libération de Marseille. Pour les idées socialistes toujours. Quitte à se lancer par deux fois, en 1965 et 1969, dans la course à l'élection présidentielle, contre l'avis des caciques du parti. Puis, au nom d'une certaine idée de la gauche, à soutenir l'entreprise de François Mitterrand. Pour la République, sans relâche, depuis la loi sur la presse de 1946 jusqu'à celle sur la décentralisation, en 1981, en passant par celle sur la décolonisation en 1956. Pour Marseille enfin et surtout. Pendant un tiers de siècle !
Résumé : Boostez votre confiance en vous grâce à 50 exercices très simples. Le docteur Arlene K. Unger, psychologue clinicienne et coach bien-être, propose des exercices rapides et efficaces pour développer son estime de soi et son courage. Méditation de pleine conscience ou encore visualisation vous aideront à transformer votre petite voix critique intérieure en voix positive, à vous affirmer face aux autres et à vous sentir bien dans votre peau. Ouvrez ce guide dès que vous en ressentez le besoin, pour chasser vos peurs et affronter tous les défis.
S'appuyant sur le postulat de Ju ? rgen Habermas selon lequel la modernité est un "projet inachevé" , Robin Kinross situe les débuts d'une véritable pratique moderne de la typographie aux alentours de 1700, avec la publication, en Angleterre, du premier traité de typographie, les Mechanick exercises (1683-1684) de Joseph Moxon, et la création du romain du roi en France. Il livre ici une histoire de la typographie moderne envisagée dans un sens large, bien au-delà du modernisme formel, en privilégiant les démarches et les praticiens qui, en Europe ou aux Etats-Unis, ont su articuler savoir et pratique - à l'instar des réformateurs anglais ou des membres de la nouvelle typographie. En prenant en compte les avancées techniques et le contexte dans lequel les typographes opèrent, Robin Kinross met ainsi l'accent sur les aspects sociaux, politiques, techniques et matériels qui informent leur pratique. L'originalité de cet essai se situe à plusieurs niveaux : récit vivant et critique des développements de la typographie au cours des siècles, il est enrichi par des exemples représentatifs, rarement montrés auparavant, et propose une ouverture pour d'autres investigations.