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Un fief capitaliste, le Creusot
Dumay Jean-Baptiste ; Meunier Yves
COQUELICOT
10,00 €
Épuisé
EAN :9791090530201
Un fief capitaliste peut être considéré comme la première enquête syndicale du mouvement ouvrier français. A sa première parution en 1882, on envisagea en "haut lieu" d'interdire ce texte écornant gravement l'image de "patronat social" des Schneider dans leur fief du Creusot. L'exemple de la lutte autour de la gestion de la caisse de secours est à cet égard édifiant. A l'heure de la finalisation de la privatisation de la sécurité sociale au profit d'assureurs bavant sur le pactole, ce texte présenté par son auteur au congrès de la région de l'Est du Parti ouvrier en 1881 à Saint-Etienne, montre ce vers quoi nous sommes renvoyés depuis l'offensive néo-libérale de la Compagnie "Thatcher-Reagan & Macron". Préfacé et accompagné d'une biographie détaillée de J.B. Dumay, voici un texte indispensable.
Barry Sebastian ; Dumay Emile-Jean ; Pelletier Mar
Deux frères célibataires, sexagénaires: Mick et Josey. Ce dernier est simple d'esprit. Ils vivent en retraités dans une ferme isolée du côté de Cork. Leurs conversations quotidiennes, au plus près des réalités de la vie campagnarde et du temps qu'il fait, roulent sur leurs souvenirs ressassés et leurs rêves, mais en fait tout se mêle intimement, le passé et le présent. Leurs parents morts interviennent à leur tour sur scène avec eux. C'est comme un vieux cinéma anachronique en noir et blanc, comme dit Barry. Un défilé un peu chaotique de fantasmes et de réalité lourde. Pièce de méditation et d'évocation, d'hallucination aussi et de vision. Nous restons très incertains sur le devenir possible des personnages, et incertains aussi sur la vraie nature de leur dialogue théâtral: à qui s'adressent-ils, comme hors du temps, dans ce curieux lyrisme à la fois chaotique et calme? En fait ils rêvent magnifiquement, les pieds dans la boue.
La vie est là, ni simple ni tranquille, mais, au contraire, curieusement équivoque, parce que nous en éprouvons la fragilité à l'instant même où nous en reconnaissons l'absolue immanence. Ainsi Raymond Dumay peut-il écrire qu'"après avoir sondé les reins et les coeurs, nous arrivons à une conclusion: l'alcool est un produit de la philosophie plus que de la distillation, il est existentialiste. L'alcool n'était pas, il est devenu. Il s'est fait en faisant son consommateur, qui lui-même devenait autre à mesure que l'alcool se modifiait. Tous les alcools suivent la même évolution, qui est celle de l'homme et tout aussi bien celle de l'art. Ils vont vers plus de dépouillement, de sobriété, de finesse...". Biographie de l'auteur Raymond Dumay (1916-1999), romancier, historien de la table et du vin, sorte de cousin bourguignon d'Alexandre Vialatte, est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages qui vont du roman (L'Herbe pousse dans la prairie, préfacé par C.-F. Ramuz) au guide pratique (Guide du jardin...); du journal (Mon plus calme visage et autres journaux de guerre) à l'essai (La Mort du vin). Ces deux derniers titres sont publiés par La Table Ronde.
Raymond Dumay entreprend de tenir un journal le 1er septembre 1939. La guerre est déclarée. Dumay vient à peine de sortir de l'Ecole normale, c'est donc un très jeune homme - il est né en 1916 - qui rêve de devenir écrivain, et dès les premières pages cite Pascal et Joyce. Il éprouve confusément le sentiment que la guerre, qui l'épouvante, mais aussi le fascine, va faire de lui l'écrivain qu'il espère devenir. Son journal sera d'abord le témoignage de cette prise de conscience, associé à l'exploration de son rapport à la littérature, et au récit d'une expérience humaine qui fonde et renforce sa vocation. "La guerre, écrit-il dès le 18 décembre, n'a changé qu'une chose en moi : mon âge. J'ai cinquante ans de plus. Il n'est pas désagréable de se sentir si vieux, je me sens sage et surtout si calme, si calme."
Résumé : Le 2 avril 1998, Maurice Papon, ancien haut fonctionnaire vychiste devenu ministre gaulliste, a été reconnu coupable de " complicité de crimes contre l'humanité " et condamné à dix ans de réclusion criminelle pour complicité d'arrestations illégales et de séquestrations arbitraires dans la déportation de quatre convois de juifs, de Bordeaux vers Drancy, entre 1942 et 1944. Au-delà du rôle de l'ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde, ce procès historique a été l'occasion de mettre en évidence l'écrasante responsabilité du régime de Vichy dans la persécution des juifs. Jean-Michel Dumay, pour Le Monde, a tenu la chronique judiciaire de l'intégralité des audiences, du 8 octobre 1997 au 2 avril 1998. Emotion, imprévus, Histoire : voici le compte rendu de référence du plus long procès de l'après-guerre.
Un témoignage, parmi d'autres, sans prétention historique mais soucieux de rapporter un vécu à travers la réalité des événements. Comment naît un mouvement d'inorganisés, regroupés par affinités et ponctuellement. Quelles sources, quels courants à l'origine de ce mouvement ? Qui a aujourd'hui entendu parler des groupes libertaires autonomes, transparents et affinitaires ? Quel trajet jusqu'à la mouvance toulousaine plus antiautoritaire que libertaire ? Comment cette mouvance secoua, amusa, choqua, la vie toulousaine dans les années 1970-80. Spécificité de cette mouvance dans ses interventions entre sabotages violents et sabotages burlesques et, le plus souvent, l'humour de ses revendications. Spécificité de la rapidité des réactions offensives et de solidarité. Spécificité de ces regroupements si ponctuels et si affinitaires que les moyens répressifs sont restés impuissants la plupart du temps, ou s'en sont pris à des innocents. Et à partir de cet itinéraire particulier, ces pages veulent illustrer l'originalité de cette mouvance toulousaine.
Avec le livre de Roberto Martínez Catalán, Destination Saragosse - Chronique de la Colonne Durruó, nous voici revenus aux temps de la révolution espagnole ou plus exactement en 1936-1931, époque culminante de la guerre civile. Barcelone est à feu et à sang et les colonnes de miliciens issus des rangs syndicaux et politiques, se lancent vers l'Aragon où les fascistes tiennent notamment la ville de Saragosse. L'auteur s'intéresse particulièrement à la Colonne Durruti, dont le leader est emblématique de la révolution en marche. Connu pour sa participation au groupe Los Solidarios, Durruti s'est fait connaître avec ses amis D. Ascaso, A. Ortiz, G. lover et M. Garcia Vivancos au début des années 1930, pour sa "gymnastique révolutionnaire" qu'il a opposée aux troupes patronales et mise au service des piquets de grève, entre autres. Dès le début de la guerre civile, il mène sa colonne constituée de militants de la CNT, en maintenant intacts les principes antimilitaristes propre à l'organisation anarcho-syndicaliste : refus de la discipline, de la hiérarchie, des galons et autre cérémonial. Mais la guerre est là et les combats ne permettent pas à la colonne d'avancer. Nous sommes là au coeur du livre. Que faire ? Si de nombreux débats le traversent dès ce moment-là, Durruti n'en connaîtra pas le dénouement puisqu'il meurt à Madrid en novembre 1936. l'auteur aborde le devenir des colonnes anarchistes face à la montée de la militarisation. C'est avec subtilité, minutie, qu'il montre les difficultés, les incohérences, les désirs de maintenir les acquis révolutionnaires lors de la mise en place de l'Armée populaire de la République. Et il n'hésite pas à montrer comment militarisation des milices et les Evénement de mai 1937 sont étroitement intriqués. Un livre bien documenté faisant appel aux sources écrites comme le journal de la Colonne Durruti, comme aux sources orales, telles les voix des nombreux protagonistes de cette histoire qui frise ici l'épopée. Au détour d'un paragraphe, l'auteur n'hésite pas à montrer le rôle contre-révolutionnaire joué par les instances supérieures de la CNT lors des journées de mai 1937. Ainsi, à travers l'histoire de la Colonne Durruti, Roberto Martínez Catalán montre avec acuité combien elle fut le miroir de la révolution en marche et de son reflux.
Ce livre rend manifeste l'existence de différentes manières de comprendre la CNT, et l'essence même de la Révolution libertaire, au sein du mouvement anarcho-syndicaliste de l'époque. Ces différences, au cours de la période républicaine, et durant la Guerre Civile, produisirent de nombreux chocs entre les défenseurs intransigeants de la révolution sociale depuis les Comités de base et ceux qui voyaient la CNT comme un parti de plus du camp antifasciste (...) On peut entrevoir la forme qu'aurait pu adopter la société libertaire, dans une Barcelone dont la cohésion et la structuration s'effectuaient au travers des Comités de Quartier, protégés par les Comités de Défense.
Résumé : L'originalité du livre porte ici sur sa localisation, Madrid. Parmi de nombreux ouvrages sur le mouvement libertaire dans cette période, rares sont ceux qui ont visé la capitale de l'Espagne. Pourquoi ce déni ? Une des raisons majeures tient au fait que, tout au long du XXe siècle, la Confédération nationale du travail (CNT) joua dans la capitale un rôle peu important, bien en retrait de la centrale socialiste, l'UGT, pendant la Guerre civile, ou, à la fin du siècle, des Commissions ouvrières proches du PCE. Mais pendant la Transition le mouvement libertaire madrilène, à l'inverse de la centrale anarcho-syndicaliste, connut un réel essor à l'image de ce qui se passa dans toute l'Espagne.