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Sur Plotin. La gnose et l'amour
Ucciani Louis
KIME
23,90 €
Épuisé
EAN :9782841741335
Plotin est à un croisement historique. Il contemple et parcourt la fin du monde grec et se confronte au monde chrétien qui naît. En lui on trouve la trame et le moule où l'esprit chrétien saura se fondre. Il sera le socle théorique et philosophique où le christianisme saura trouver raison. Mais en même temps il demeure grec et c'est dans une résistance à ce qui naît sous ses yeux qu'il élabore sa propre philosophie. On peut lire sa critique des Gnostiques à la fois comme une adhésion à ce qui se développe de christianisme et comme une réaffirmation des fondements grecs de la pensée. Sur un autre versant sa tentative de théoriser l'amour dessine de même le partage des mondes. Entre le multiple des grecs et l'unique des chrétiens, il trace une définition de l'amour où l'amour chrétien saura s'écrire. Se prépare alors la grande mutation où l'individu grec tiraillé entre résistance au christianisme et adhésion à la nouvelle donne du monde, se transforme en ce soi qui, avec Augustin, deviendra le moi. S'écrit en quelque sorte une genèse où entre résistance, constitution et amour, se dessine l'identité occidentale. Mais dans toute naissance il y a le relégué, ce qui n'émerge pas, ce contre quoi apparaît ce qui apparaît. Un autre monde, celui non éclos qui éclaire en négatif celui qui a su s'imposer, donne ses contours. Les gnostiques ici comme habitants de l'ombre du monde.
Résumé : Qu'est-ce qu'aimer ? Pourquoi l'amour est-il si important pour l'être humain ? Pour penser l'amour et accomplir le projet socratique lui-même, il faut repartir du début : dans le premier croisement de regards qui lie le nouveau-né au parent maternant qui l'accueille. Il faut alors suivre pas à pas le développement de l'amour et découvrir le rôle qu'il joue dans la construction du Moi. Un tel cheminement conduit à dépasser un certain nombre de préjugés, certains aussi anciens que l'écriture philosophique, d'autres plus récents. Ainsi, la croyance en une essence unique de la vie affective qui ferait de la passion (éros) ou de l'amitié (philia) ou encore de l'amour du prochain (agapè)... le seul véritable amour. Ainsi, l'idée que l'état amoureux serait fondé sur une illusion. Ainsi, encore, la réduction de l'amour à la sexualité... L'amour n'est ni uniforme ni tridimensionnel : il est duel comme le savaient les Grecs. Il y a éros, et il y a philia, et souvent éros puis philia. Et la sexualité n'est pas ce qui trace la frontière entre ces deux formes d'amour, mais l'intensité et la temporalité : éros est explosif, exclusif et révolutionnaire, philia est le lien qui se distribue dans la multiplicité et dans la durée. On comprend, alors, pourquoi l'amour est notre centre de gravité.
Jean-Michel Ucciani est dessinateur-illustrateur indépendant. Depuis plusieurs années, il se promène dans Marseille, sa ville natale, équipé de crayons et d'un carnet pour en dessiner les lieux emblématiques et immuables, comme d'autres plus surprenants, témoins de ses transformations. Cet ouvrage recueille ces croquis faits sur le vif... comme une balade dessinée au gré du vent (du mistral bien sûr) !
Il y a un an, le 5 novembre 2018, trois immeubles de la rue d'Aubagne dans le quartier de Noailles à Marseille s'effondraient faisant huit morts. Quelques heures après, dans un communiqué, la mairie de Marseille invoquait comme raison du drame "la pluie" , tombée en abondance dans les jours précédents. Très vite, un habitant du quartier déployait à sa fenêtre une banderole sur la quelle était inscrit "ce n'est pas la pluie" . Le croquis qu'en a fait Jean-Michel Ucciani, exposé dans plusieurs expositions solidaires organisées en faveur des évacués, est devenu l'emblème du désarroi désespéré de toute une ville face à l'incurie de ses édiles. Ce n'était effectivement pas la pluie qui a été la cause de l'effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne, de même que ce n'est pas à cause de la pluie que près 2000 habitants ont été expulsés de leurs appartements, soudainement jugés insalubres dans les semaines qui ont suivi. Plusieurs mois après, des centaines d'entre eux restent privés de leurs logements, souvent cambriolés en leur absence forcée. Beaucoup ont tout perdu. Un euro par livre vendu sera reversé à Emmaüs, qui oeuvre pour l'aide au relogement.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.