Patricia Mazuy est une cinéaste singulière dans le paysage cinématographique français. Après un parcours atypique qui l'amène à devenir monteuse pour Agnès Varda, elle s'impose sur les écrans en 1989 avec Peaux de vaches, un premier film aux allures de western paysan. Frontaux et vifs, ses films, comme Travolta et moi (1994) et Paul Sanchez est revenu ! (2018), marquent l'histoire du cinéma français, avec des personnages passionnés, ancrés dans un territoire, une classe sociale ou des paysages, et qui échappent aux conventions. Sauvages par nature, les personnages suivent des trajectoires d'émancipation, tels des animaux cherchant à se libérer du joug de l'homme. Composé d'un essai introductif et d'un entretien, Patricia Mazuy, l'échappée sauvage vous emmène sur les pas d'une réalisatrice qui traverse son époque au galop.
4e de couverture : Opérée suite à une lésion oculaire, L. cherche dans son passé enfoui l'origine de cette blessure. Ressurgissent alors par brèves séquences les dix-sept premières années de Louvette, née dans un petit pays d'Amérique centrale. Prédestinée à bien des secousses telluriques, cette jeune fille amoureuse des animaux et des livres va apprendre à voir les choses, les nommer - puis à se taire. Entre manuel de survie en temps de guerre civile et portrait cruel d'une famille, ce premier roman mêle insolence et gravité, fausse naïveté et débordements érotiques, à travers les yeux d'une enfant sauvage jamais domestiquée. Au fil de cette remémoration à éclipses, laquelle des deux invente l'autre ? Est-ce L. qui ravive la petite louve qu'elle a été ou cette gamine qui s'imagine la femme qu'elle finira par devenir ?
Les travaux du Conseil pontifical pour la famille représentent un véritable défi et un vrai pari. Un défi pour l'humanisation, lorsque la vérité à propos de l'homme se fait confuse et son mystère quasiment inabordable, malgré les progrès enregistrés dans tous les domaines, grâce aux conquêtes de la science, et malgré certains succès dans la reconnaissance des droits de l'homme, clef de vie en commun des peuples, en une seule famille humaine. L'homme est un secret pour lui-même et pour les autres, secret qui ne peut être déchiffré que grâce à l'amour de Dieu. C'est en Lui que la dignité éminente de la personne humaine, aimée pour elle-même, trouve ses racines (cf. GS24). Comme le disait Buber, " l'homme ne peut échapper au regard de Dieu ; en s'efforçant de se cacher à Lui, il se cache à lui-même ". C'est ce souci qui parcourt la totalité des pages qui suivent. La vocation de la personne humaine est de se conformer à l'image du Verbe incarné.
Qui a vu les films de Marco Ferreri ? En 1973, dans le sillage du scandale de La Grande Bouffe, le réalisateur italien s'est taillé une réputation sulfureuse. On le redécouvre aujourd'hui comme un immense cinéaste de l'absurde et un pourfendeur de la société de consommation, ayant offert les rôles les plus controversés aux stars de son époque (Annie Girardot, Ugo Tognazzi, Michel Piccoli, Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Gérard Depardieu, Hanna Schygulla...). Ce livre, le premier en français consacré à la filmographie complète de Marco Ferreri, remet en lumière l'un des secrets les mieux gardés de la cinéphilie moderne. De l'humour noir au féminisme, du grotesque au sublime, c'est la fresque documentée et passionnée d'une oeuvre culte ; on y découvre le portrait d'un grand maître mésestimé de l'âge d'or du cinéma italien qui, à contre-courant des stéréotypes de son époque, n'a pas fini de nous troubler, dérouter, sidérer.
Après une altercation avec la tenancière d'une salle de jeu, Heriberto, joueur invétéré et criblé de dettes, est retrouvé mort dans un hôtel minable. Officiellement, il était impliqué dans une affaire de trafic de drogue. Pour preuve, les sachets de cocaïne trouvés à côté de lui. Aux yeux de ses proches, cette mort sent la mise en scène à plein nez. Ils font appel Morgado, de retour à Mexicali, pour éclaircir cette affaire... L'avocat des droits de l'homme va se trouver aux prises avec des narcotrafiquants, des agents infiltrés du FBI, la Dea, et la police locale corrompue et lâche. Une fois de plus, il va lui falloir faire preuve d'imagination et de ténacité pour mener son enquête à terme...
Massacre à la Tronçonneuse (1974) est considéré comme une véritable matrice de l'horreur moderne, une oeuvre tellement culte qu'elle a fini par éclipser le reste de la filmographie de son auteur. Pourtant, Tobe Hooper est loin d'être le réalisateur d'un seul film. Entre Poltergeist (1982), produit par Steven Spielberg dans le confort hollywoodien, et Mortuary (2005), son retour en grâce dans les salles, le cinéaste aura connu les affres de la série B et du marché de la vidéo, sans jamais se départir de son style, un mélange de macabre et de grotesque au service d'une vision critique de la société américaine. En quatre décennies, son oeuvre explore les terreurs de son époque et les angles morts de l'Amérique, du génocide indien à la guerre du Vietnam.
Au début des années 1980, deux groupes New-Yorkais vont permettre au courant no wave de prendre un nouveau tournant : Sonic Youth et Swans. Si les premiers ont su s'imposer avec le temps comme des piliers du rock indépendant américain, les seconds, réunis autour de l'imposant Michael Gira, ont mené une carrière parsemée d'albums d'exceptions et d'échecs commerciaux retentissants. Swans et le dépassement de soi retrace le parcours hors normes de Michael Gira et de ses collaborateurs, de leurs débuts bruitistes d'une radicalité outrancière à leur reformation en 2010. Aujourd'hui, avec une musique à la portée chamanique, faite de boucles sonores obsédantes, ils sont plus que jamais portés aux nues par la critique musicale pour l'exigence de leur recherche esthétique. Entre analyse musicale et récit historique, ce livre nous plonge dans la scène musicale du New York d'après la déferlante punk afin de comprendre la quête sonore de ces musiciens pour qui la beauté ne se résume pas à une jolie mélodie.
Moderne, Blake Edwards ? Au travers d'une oeuvre qui s'étend sur cinq décennies, celui-ci a développé une vision unique de l'humour au cinéma. Si ses films sont restés influencés par le vieil Hollywood – jusque dans ses formes les plus archaïques – ils serviront aussi de matrice au renouveau de la comédie américaine du début des années 2000. Tel un pont entre deux âges du cinéma. Blake Edwards se fera aussi bien inventeur de formes comiques que grand observateur des transformations de la société américaine. De La Panthère rose ou La Party à ses chefs-d'oeuvre méconnus réalisés dans les années 1980, consacrés aux crises du milieu de vie de ses alter ego masculins, sa carrière a su traverser les époques en s'appuyant sur sa personnalité attachante et sa sensibilité torturée.
C'était d'abord un choix pratique : personne ne voulait produire leurs films. Alors Hayao Miyazaki et Isao Takahata, aidés de Toshio Suzuki, ont fondé ensemble le studio Ghibli. Depuis, ils ont enchaîné les succès, de Princesse Mononoké à Pompoko, du Tombeau des lucioles au Voyage de Chihiro. Leurs personnages, comme Totoro et Porco Rosso, sont devenus emblématiques, et les oeuvres du studio ont marqué des générations entières de fans à travers le monde, comme si Ghibli était un équivalent japonais de Disney. Bien plus qu'une marque et au-delà d'une simple usine à rêves, Ghibli offre avant tout une vision d'un monde idéal, fondé sur l'écologie, le féminisme, l'ingénierie et les croyances magiques. Un monde parfait selon Ghibli explore les histoires créées par le studio, les décortique, en les mettant en perspective avec la carrière de leurs créateurs, avec en toile de fond une question lancinante : Ghibli survivra-t-il à la retraite de ses fondateurs ?