Manifestations contre les grands projets urbains en Turquie, mouvements sociaux en Grèce et en Espagne, "printemps arabes" : la Méditerranée figure aujourd'hui parmi les principaux foyers de luttes sociales dans le monde. Expression des aspirations à la démocratie des couches populaires et des classes moyennes, ces mobilisations dénoncent également la brutalité des politiques de libéralisation et de la "crise" économique et financière, ainsi que les effets des grands projets et autres transformations urbaines liées à l'"urbanisme néolibéral". Comment analyser ce mode particulier de fabrique et de pilotage de la ville ? Quels sont les processus de marginalisation qui y sont liés ? Et surtout, comment réagissent les citadins lorsqu'ils sont confrontés aux acteurs dominants de la production de l'espace urbain ? Pour répondre à ces questions essentielles, les contributeurs à cet ouvrage privilégient une posture originale : analyser les dynamiques en cours dans les marges urbaines. Espaces stigmatisés et dévalorisés, les marges urbaines sont certes des lieux de relégation, mais ce sont aussi des espaces-réserves pour les acteurs publics et les investisseurs privés. Enfin, ce sont des lieux de vie où, dans un contexte marqué par les processus de fragmentation, de cloisonnement et d'exclusion, les habitants continuent néanmoins d'"inventer la ville" et d'interpeller les pouvoirs en place.
Source majeure d?énergie, siège d?un des conflits politiques les plus tenaces du XXe siècle, le Maghreb ? Moyen-Orient est au c?ur d?enjeux mondiaux. L?insertion de la région dans la mondialisation ne peut toutefois s?y réduire: elle est commerciale, financière, militaire et culturelle; inégale d?un pays à l?autre mais presque toujours en position plus subordonnée qu?active. Elle recompose territoires et sociétés et produit, au contact de jeux d?intérêt locaux, à la fois convergence libérale et reflux de la diversité culturelle.L?ouvrage explore les thèmes qui en rendent compte: tensions et confl its géopolitiques, hydrocarbures, finances, tourisme, industrie, agriculture, échanges commerciaux, migrations internationales, circulation des capitaux, services, etc. Le cadre euroméditerranéen est privilégié car il cristallise l?essentiel de cette insertion et des rapports asymétriques Nord- Sud qui en résultent. Le recours à la longue durée et l?approche multiscalaire permettent d?appréhender les mécanismes de développement ou de sous-développement et les inégalités qu?ils produisent. Cette synthèse éclaire la grande fragilité et la sensibilité désormais très forte aux crises mondiales, de sociétés devenues plus vulnérables et de territoires de plus en plus extravertis et marqués par des disparités grandissantes.
Les pays dont il est question dans ce livre, de l'Atlantique à la mer Noire, s'étendent au Sud et à l'Est de la Méditerranée face à la rive européenne très proche. Beaucoup d'entre eux, très divers dans leur histoire et leurs composantes culturelles, recouvrant des majorités différentes, ont naguère dépendu de puissances de cette rive. Axés sur un immense domaine aride, tous n'y participent pas, tous n'y partagent pas des parts égales, pas plus qu'ils ne s'en partagent les ressources notamment en eau et en hydrocarbures. Confrontés depuis les Indépendances à la nécessité de construire leurs économies, les Etats ont différé dans leurs objectifs, leurs stratégies et les moyens mis en ?uvre. Ces différences ont, un temps, créé des diversités nouvelles de leur tissu social et de leur cohésion géographique. Ces diversités entre des pays restés ou redevenus largement dépendants soit de l'Europe soit aussi du Japon et des Etats-Unis, tendent à s'estomper avec l'insertion, en position subordonnée, de la région dans le nouveau système économique mondial. Cet ouvrage s'adresse tout particulièrement aux candidats préparant l'Agrégation ou le CAPES (Histoire - Géographie) mais aussi à un public plus large.
Pour être pertinent, l'acte de projection de l'architecte ou de l'urbaniste ne peut se soustraire de comprendre les mécanismes sociaux à l'origine des décalages entre une politique urbaine ou de l'habitat et la réalité objective. C'est dans cette optique que s'inscrit cet ouvrage sur les stratégies mises en jeu autour de l'habitat à Alger. L'auteur montre comment les modalités d'appropriation des habitants en relations avec les dispositions spatiales de leur logement dessinent de nouveaux types d'habitat, édifiants sur leur distance avec la conception initiale ou la norme. Dans la discrétion de l'habiter des familles, émergent les nouveaux modèles socioculturels empreints d'une forte aspiration à la modernité. Ainsi, le contrôle social féroce du fanatisme islamique a poussé le corps social à fonctionner selon ce qui peut être montré et ce qui doit être caché et, c'est précisément là que se jouent les transformations en cours de la société algérienne.
Semmoud Nora ; Signoles Pierre ; Cattedra Raffaele
Au Sud comme au Nord, la mondialisation induit une mise aux normes des villes plus ou moins inspirée de logiques néolibérales qui exacerbent et complexifient les inégalités sociospatiales dont ce livre rend compte. Les analyses portent sur des quartiers populaires, directement ou indirectement confrontés aux transformations urbaines dans plusieurs villes dit Bassin méditerranéen. L'ouvrage décrypte d'abord les rapports de force que révèlent les représentations et la stigmatisation qui participent de la construction de ces territoires. Ensuite, ces derniers apparaissent plus que jamais comme de véritables territoires-ressources édifiés autour des réseaux de sociabilités et des constructions identitaires et mémorielles. Ils sont souvent en tension entre déstructuration et cohésion, sous l'effet de politiques qui se préoccupent plus de valorisation foncière que de l'intégration des populations. Divers socialement, traversés par des conflits et espaces de mobilités et migrations, ils représentent néanmoins lieu d'ancrage et d'appartenance à un "nous", un groupe de reconnaissance partageant les conditions d'existence propres à ce territoire et l'intérêt à agir pour revendiquer le droit aux services et à la reconnaissance. Enfin, les résistances des populations pèsent sur les rapports avec les pouvoirs publics et participent d'une construction identitaire où s'affirment les capacités individuelles et collectives favorables à l'autonomie et au pouvoir d'agir.
Poulet Emmanuel ; Bubrovszky Maxime ; Bulteau Samu
Depuis l'invention, en 1985 par Antony Barker, du premier appareil permettant de stimuler de manière non invasive le cortex cérébral au moyen d'un champ magnétique focalisé, la rTMS connaît un essor considérable comme outil thérapeutique en psychiatrie. C'est aujourd'hui une option de traitement à l' efficacité clairement établie, qui doit encore prendre sa place dans les propositions thérapeutiques en santé mentale.Cet ouvrage didactique dresse l'état de l'art de l'usage et des applications de la rTMS, en particulier dans le domaine de la psychiatrie, des aspects historiques, pratiques et techniques jusqu'aux questions de modulation du fonctionnement cortical dans le cadre des applications en recherche. Il détaille également l'ensemble des données disponibles dans les principales applications thérapeutiques, de la dépression (dorénavant reconnue comme une indication au niveau international) à d'autres applications thérapeutiques pour lesquelles la rTMS représente une voie de traitement prometteuse.4e de couverture : Depuis l'invention, en 1985 par Antony Barker, du premier appareil permettant de stimuler de manière non invasive le cortex cérébral au moyen d'un champ magnétique focalisé, la rTMS connaît un essor considérable comme outil thérapeutique en psychiatrie. C'est aujourd'hui une option de traitement à l' efficacité clairement établie, qui doit encore prendre sa place dans les propositions thérapeutiques en santé mentale.Cet ouvrage didactique dresse l'état de l'art de l'usage et des applications de la rTMS, en particulier dans le domaine de la psychiatrie, des aspects historiques, pratiques et techniques jusqu'aux questions de modulation du fonctionnement cortical dans le cadre des applications en recherche. Il détaille également l'ensemble des données disponibles dans les principales applications thérapeutiques, de la dépression (dorénavant reconnue comme une indication au niveau international) à d'autres applications thérapeutiques pour lesquelles la rTMS représente une voie de traitement prometteuse.
Les migrations internationales sont une clef de compréhension essentielle du fonctionnement du monde actuel. Elles constituent un enjeu fondamental dans chacune des sociétés qu'elles concernent, qu'il s'agisse des régions d'origine, des pays d'installation ou des zones de transit. Le "paradigme migratoire" offre un puissant outil d'analyse des transformations sociales et spatiales à l'oeuvre dans le monde. Aurait-on pu par exemple imaginer, il y a trente ou quarante ans, que la question migratoire marquerait à ce point les élections nord-américaines, britanniques, allemandes, hongroises, autrichiennes, néerlandaises, italiennes... et bien entendu françaises ? Les auteurs — géographes, sociologues, historiens, anthropologues, juristes, démographes — font le point sur la façon dont ont été conçues, élaborées et traitées les problématiques relatives aux migrations depuis une trentaine d'années. Chaque chapitre montre comment un domaine de recherche a émergé, tiraillé entre demande publique (possédant us propres objectifs généralement de court terme) et autonomie de la recherche attachée à la construction des savoirs. Il en résulte un ouvrage qu'on peut utiliser comme un manuel, utile à tous ceux qui veulent comprendre la complexité des migrations internationales.
Ce livre est un voyage à travers l'ivresse et l'ivrognerie dans la France d'Ancien Régime tous ceux que Diderot appelle avec humour les "inspirés de la gourde" sont présents. C'est aussi une innovation : c'est le premier livre à proposer une analyse historique rigoureuse et systématique de ce phénomène culturel. C'est une oeuvre d'histoire culturelle au sens large. Elle a une vocation d'histoire totale puisque les points de vue politiques, religieux, judiciaires, économiques, sociaux et culturels y sont analysés tant à l'échelle du royaume qu'à l'échelle locale. Cette analyse historique de l'ivresse et de l'ivrognerie met en évidence que les oppositions religieuse, politique, morale, économique et médicale qui se développent en France du XVIe au XVIIIe siècle ne parviennent pas à lutter efficacement contre l'ivresse dans le pays. Une "culture de l'enivrement" imbibe fortement l'ensemble du corps social, de la tête aux membres, des élites au peuple. Les oppositions s'avèrent pragmatiques et marquées par le compromis. L'opposition religieuse et politique directe n'est qu'illusoire et l'émergence d'une opposition morale, économique et médicale ne permet pas de résoudre davantage le problème. Une réflexion de Jean-Jacques Rousseau résume bien le positionnement adopté face à l'enivrement : "ne cherchons point la chimère de la perfection mais le mieux possible".
Résumé : Tous les produits alimentaires - nourriture ou boissons - sont à la fois sociaux, culturels, économiques et sensoriels, mais dans le cas du vin, ces traits ont été davantage sublimés. Si l'importance sociale et symbolique de sa consommation publique et/ou ostentatoire est attestée depuis l'Antiquité, la mise en discours - esthétique, savante et normative - de son point nodal entre production et consommation est historiquement récente et là encore, plus marquée que celle d'autres produits alimentaires transformés. Mais surtout, les pratiques discursives à son sujet sont foisonnantes, polémiques, intéressées, jamais définitives, émanant de sources multiples - et malgré cette profusion, la figure culturelle de l'oenophilie s'est détachée clairement et sa normativité inhérente s'est singularisée. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'une micro-sociologie des pratiques alimentaires, mais à la différence de travaux qui portent sur les pratiques corporelles, il s'intéresse à la production du sens de ces pratiques en partant de la transmission d'injonctions explicites ou de normes implicites. Ce livre montre également comment s'opère un travail de subjectivation qui relie la pratique oenophilique à l'expérience sociale (centrée sur soi, sur la vie sociale ou sur l'objet- ici le vin). Le travail s'inscrit ainsi dans une discussion approfondie d'une sociologie du goût qu'il contribue à ouvrir et à renouveler.