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HISTOIRE DES RELIGIONS ET DESTIN DE LA THEOLOGIE. Volume 3
Troeltsch Ernst
CERF
56,10 €
Épuisé
EAN :9782204054782
Théologien, historien, philosophe, sociologue et homme politique libéral, Ernst Troeltsch (1865-1923) fait partie du groupe des théologiens protestants allemands appelé " Ecole de l'histoire des religions ". Revendiquant l'héritage de Kant et de Schleiermacher, proche de Max Weber et du néo-kantisme de l'Ecole de Bade, Troeltsch est le théoricien classique du néo-protestantisme. Surtout connu en France comme sociologue de la religion, il est redécouvert aujourd'hui comme philosophe et théologien, éclipsé un temps par Barth, l'existentialisme et Heidegger. Les huit essais rassemblés ici sont écrits à l'horizon d'une réflexion sur le religieux marquée par les sciences humaines et sociales et par une conscience accusée de la pluralité des formes de la religion. Troeltsch y dessine un programme qui inscrit délibérément la théologie dans une perspective historique, tout en s'efforçant d'articuler approche empirique et interrogation touchant les jugements de valeur. Il récuse ainsi toute tentative pour faire valoir un domaine théologique réservé : non seulement le christianisme n'est pas la religion dans sa forme achevée ou " absolue ", mais les tentatives pour déterminer une " essence " du christianisme par-delà ses inscriptions socioculturelles diverses devront également être refusées. En désenclavant la réflexion théologique, Troeltsch oblige à redéfinir son objet et son statut : elle ne sera plus explicitation du croire, mais devra esquisser une théorie du christianisme précisant le statut, la fonction et les limites du religieux dans une modernité marquée par la diversification des instances de rationalisation et de légitimité. Ce faisant, son propos tranche avec les discours théologiques dominants dans la seconde moitié du XXe siècle, tant en protestantisme qu'en catholicisme. Et il ouvre à nouveau la question d'une pertinence sociale et culturelle du religieux et du théologique. A l'heure où les paradigmes modernes se trouvent en profonde interrogation sur eux-mêmes et où la question religieuse fait retour - peut-être pour le meilleur mais souvent pour le pire -, la lecture de Troeltsch peut apporter une contribution bienvenue à un ensemble de questions parmi les plus centrales de notre temps. Publiés pour la première fois en français, les textes présentés ici sont accompagnés d'un important appareil de commentaires historiques aidant le lecteur à reconstituer le contexte et la genèse des débats en cause.
Troeltsch Ernst ; Guénard Florent ; Bernardi Bruno
Le numéro s'ouvre par la traduction et la présentation, dues à A. Berlan, d'un texte d'Ernst Troeltsch datant de 1913 et intitulé "Le XIXe siècle". Ce texte conceptualise pour la première fois une catégorie alors courante en Allemagne, celle de Kulturkritik : prenant acte de l'accélération de la révolution industrielle en Allemagne et des transformations socioculturelles qu'impliquait cette dernière, la "critique culturelle" ne présentait pas une critique sociale cherchant à dénoncer l'oppression dont souffrait un prolétariat grandissant, mais développait une réflexion plus générale sur l'aliénation et la déshumanisation qui semblaient menacer l'humanité moderne. Il est tentant de penser que pour Tocqueville, l'amour de l'égalité qui anime les citoyens dans les démocraties dégénère en envie générale qui les pousse à préférer, aux plus petites différences dans la liberté, l'égalité uniforme dans la servitude. Or, si l'on s'attache à comprendre la nature de l'individualisme américain et les dispositions à la sympathie qui en découlent, on parvient à la conclusion inverse. Ainsi, mettant en évidence le rôle des passions démocratiques chez l'auteur, F. Guénard montre, dans "Désir d'égalité et envie", que l'amour de l'égalité est régulé par le désir de communauté et la sociabilité spécifique qu'il engendre. Dans "Guerre, État, état de guerre", B. Bernardi analyse la lecture faite par Cari Schmitt de Rousseau. S'il crédite Rousseau d'avoir formulé le principe du jus publicum europaeum - selon lequel la guerre est une relation interétatique -, Schmitt met en question la manière dont il le légitime. L'auteur tente de cerner ce que Schmitt ne peut lire chez Rousseau, et montre que les conceptions rousseauistes de l'appropriation et de la propriété, de la souveraineté et de l'obligation, de la guerre et de l'état de guerre, s'opposent point par point au concept schmittien du nomos de la terre, ainsi qu'aux positions de Locke - ce qui modifie la lecture communément admise de ces auteurs.Vu l'énergie considérable vouée au traitement des paradoxes logicomathématiques et sémantiques, on s'est souvent demandé pourquoi les logiciens n'aimaient pas les contradictions, pour répondre en général qu'une contradiction invalide la théorie au sein de laquelle elle surgit, vu qu'ex falso quodlibet sequitur. L'idée de la paraconsistance consiste à rejeter ce principe, et à admettre que l'on doit pouvoir poser à la fois A et non-A sans être contraint d'en déduire n'importe quelle proposition. Pour justifier un tel rejet, différentes stratégies sont possibles, qui vont d'une réforme de la notion de conséquence logique à l'affirmation que, dans certains cas, A et non-A sont vrais simultanément. Dans "La logique du paradoxe", G. Priest défend et formalise cette position, dont F. Rivenc présente une critique dans son introduction au texte.
Contemporain et ami de Max Weber, Ernst Troeltsch peut être considéré comme le Durkheim allemand. Son ouvrage principal, Les doctrines sociales des Églises chrétiennes, est un classique des études sociologiques, comme le présent ouvrage qui vient compléter le texte désormais connu de Max Weber sur l'éthique du protestantisme. Troeltsch relativise considérablement les thèses de Weber dans la mesure où il distingue deux époques de développement du protestantisme en même temps que les différences très profondes entre luthéranisme et calvinisme sont analysées à la lumière de leurs conséquences sociales, culturelles et politiques.En effet, on ne saurait ni parler du protestantisme en général sans commettre une sorte de contresens théologique et sociologique ni considérer que le protestantisme avait d'emblée pour projet de réformer une Église catholique dépassée par les progrès de la modernité. C'est d'ailleurs à la redéfinition de cette notion que les études ici rassemblées contribuent.Les rapports entre une formation religieuse et une infrastructure économique sont également pris en compte par l'auteur qui ne cesse de développer, parallèlement aux analyses factuelles, une réflexion plus philosophique sur la méthode de l'histoire et de la sociologie.
On a trop souvent fait du pardon un but en soi. Et s'il s'agissait plutôt de tourner la page pour pouvoir enfin se libérer? D'assumer ses blessures bien plus que d'attendre une impossible réparation? Lytta Basset présente ici la quintessence d'une recherche de plus de dix ans, pour nous livrer les grandes étapes de cet incontournable travail de pacification avec le passé. Pas à pas, en s'appuyant sur des personnages ou des épisodes bibliques, 6 elle nous invite à suivre une trajectoire de renouveau pour s'accepter et s'aimer, tout blessé que l'on soit. Alors seulement, l'unité intérieure se fait jour et la joie est au rendez-vous. Ce livre a reçu le Prix 2007 de Littérature religieuse.
Résumé : Dans ce recueil, des femmes et des hommes, poètes, s'adressent à Dieu pour ne pas perdre pied. Aussi se font entendre leurs cris pour vivre et leurs aspirations à gagner en humanité... Leurs prières se mêlent à leurs tentatives de dire "je" et de relire leurs propres parcours, où s'espère, se signale, se décèle, se distingue, se reconnaît... un Autre. Peu importe que ces poètes soient d'hier ou d'aujourd'hui. Si la forme de leur texte, si leurs styles trahissent une époque, il en va tout autrement du fond. Un même désir les habite : laisser filtrer la lumière qui les traverse, accueillie avec surprise ou reconnaissance.
Comment résister à la souffrance qui absorbe l'existence tout entière dans la plainte ? Où trouver le courage de vivre aux côtés de la menace qui plane sur toute vie humaine, marquée par la précarité ?Dans ce texte bouleversant, Marion Muller-Colard mêle à une méditation sur le livre de Job le récit personnel d'une traversée. Jeune femme pasteur, elle avait relu le livre de Job à une personne âgée épuisée par la succession des journées de douleur ; jeune mère, après la maladie dont réchappe un de ses enfants, c'est à nouveau la figure de Job qu'elle retrouve pour affronter la plainte. Elle puise avec lui le courage d'échapper peu à peu à la menace et renoue avec une autre foi, audacieuse et sans contrat. Avec cet Autre Dieu, l'auteur invite à prendre le risque de vivre.Notes Biographiques : Marion Muller-Colard, théologienne protestante, a été aumônier d'hôpital avant de se consacrer entièrement à l'écriture. Elle a notamment publié des ouvrages pour la jeunesse ainsi que Le Complexe d'élie (Labor et Fides) en 2016, et tient régulièrement des chroniques dans Panorama et Réforme.
Résumé : Quelques décennies après la mort du Christ, une oeuvre fait date et devient le premier évangile : c'est celui de Marc. C'est un commencement. Un geste littéraire de grande portée qui inspirera les autres évangélistes. Un évènement historique. Un coup d'essai que cette construction forgée une quarantaine d'années après ce qu'elle raconte de la vie et de la mort de Jésus, comme une biographie sélective - au sens d'un récit dramatique de l'engagement du Ressuscité. Un évènement qui pourrait bien avoir comme auteur une femme lettrée, vivant des les cercles pauliniens du Ier siècle. Une femme à laquelle pouvait être conférée quelque autorité comme le laissent supposer plusieurs traces historiques. François Vouga met en scène cette femme dans ces pages à la fois passionnantes historiquement, mais aussi spirituellement. C'est elle qui parle dans cet ouvrage et qui fait le récit de sa construction littéraire, ainsi que de sa rencontre spirituelle avec la Parole de Jésus. Elle dévoile le motif de ses choix, et la portée de ses voeux pour ce texte.