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Le Gros Capitaliste. Et autres textes
Traven B ; Zwicker Adèle
LIBERTALIA
3,00 €
Épuisé
EAN :9782377290260
L'Indien observait les chiffres avec admiration, il lui semblait prodigieux que l'on pût aussi vite les aligner, les additionner, les diviser et les multiplier. Mais au fond, cela ne l'impressionnait guère, car il ne savait lire ni chiffres ni lettres, et le seul bénéfice qu'il retira de la subtile conférence à haute signification économique de l'Américain fut d'apprendre qu'un homme est capable de parler pendant des heures pour ne rien dire." On trouvera dans ce petit livre quatre textes de B. Traven traduits de l'allemand par Adèle Zwicker. Paraboles littéraires et politiques empreintes d'un grand souffle émancipateur, ces nouvelles permettent une première entrée dans l'oeuvre du grand et mystérieux romancier (décédé en 1969), indépassable auteur de classiques comme Le Trésor de la Sierra Madre, La Révolte des pendus et Le Vaisseau des morts. Elles complètent la biographie de Rolf Recknagel, B. Traven, romancier et révolutionnaire (Libertalia, 2018).
Dans ce roman, considéré par beaucoup comme le chef-d'oeuvre de B. Traven, on retrouve ses sujets de prédilection: l'homme confronté à l'esclavage et à l'exploitation, la recherche de la dignité perdue. Dans les années 1920 au Mexique, Candido Castro, Indien tsotsil du Chiapas, va ainsi devenir l'un des héros de la révolte contre les Espagnols, les Ladinos, les maîtres tout-puissants qui exploitent les forêts pour leur seul profit, sans jamais compter les morts parmi les Indiens réduits en esclavage et pendus toute une nuit par les quatre membres lorsqu'ils n'ont pas abattu les trois ou quatre tonnes d'arbres quotidiennes...
Dès son arrivée au Mexique, en 1924, B. Traven explore le Chiapas, observe les Indiens et va jusqu'à vivre avec eux. Dans ces huit nouvelles, inédites en français, très différentes de ses romans comme La Révolte des pendus, Rosa Blanca ou La Charrette, où la violence le dispute à la cruauté, l'écrivain porte un regard tour à tour ironique, tendre, moqueur, voire poétique sur les Indiens et la société mexicaine. Ainsi est-ce sur ce ton, plus léger, que B. Traven va tourner en dérision la religion chrétienne imposée par la colonisation, la superstition des Indiens, ou encore les relations entre les hommes et les femmes. Son écriture, vive et teintée d'humour, ne perd ici rien de la force et de l'acuité qui font la grandeur de ses romans. La civilisation indienne y apparaît dans toute la diversité et la profondeur de ses valeurs et de ses croyances. Rarement si bel hommage lui a été rendu.
Rosa Blanca" est le nom d'une hacienda, propriété de l'Indien Hacinto Yanyez. Elle lui appartient comme elle a appartenu à ses ancêtres, et comme elle appartiendra encore à ses descendants, plusieurs générations après lui. À ses yeux, elle est la propriété de ceux qui y ont vécu, y vivent, ou y vivront dans le futur: plus que le propriétaire, il en est le gardien, et il ne peut - ni ne veut - donc la vendre. Nous sommes au Mexique dans les années 1920, après la chute de la dictature de Porfirio Díaz. La compagnie pétrolière américaine Condor Oil Company, qui possède déjà tous les champs pétrolifères alentour, veut à tout prix mettre la main sur l'hacienda pour en exploiter les gisements. Avec l'ironie et l'humour noir qui le caractérisent, B. Traven nous raconte pourquoi Mr Collins, le président de la compagnie tient tant à ce domaine, et comment il va s'y prendre pour arriver à ses fins: "Le seul principe que [la Compagnie] admît comme règle de combat était celui-ci: la guerre avec les moyens les plus brutaux est la plus courte, et, par suite, la plus humaine." Prophétique? on croirait voir et entendre, avec plusieurs décennies d'avance, la "World Company" des Guignols de l'Info? Rosa Blanca a été porté à l'écran en 1961 par le cinéaste mexicain Roberto Gavaldón.
Né en 1882 en Posnanie ou peut-être en 1890 à Chicago, B. Traven a été journaliste, comédien et révolutionnaire. Auteur mystérieux du célèbre Trésor de la Sierra Madre, il serait mort au Mexique en 1969.4e de couverture : Après des jours de marche au coeur de la jungle équatoriale, Gales, baroudeur énigmatique, s'arrête dans un petit hameau indien perché sur des falaises surplombant un fleuve impétueux. Un pont de fortune relie les deux rives, construit à la va-vite par les gringos des compagnies pétrolières, nombreuses dans la région.Le soir même, une fête se tient dans le village et un orchestre est attendu. Tous les indiens des environs sortent de la forêt. Certains viennent à dos d'âne, à cheval ou à pied et tous veulent s'amuser, danser et communier avec cette nature asphyxiante.Mais le drame survient : alors que les musiciens se font attendre et que les villageois se demandent si la fête aura lieu, un petit enfant disparaît. Très vite, les recherches s'organisent sous les yeux de Gales, impuissant. Le gamin reste introuvable pendant que les ténèbres tombent sur la jungle.Récit envoûtant, description minutieuse d'un drame se déroulant la nuit, Le pont dans la jungle brosse un tableau expressionniste des indiens d'Amérique centrale. Déroutant au premier abord, le dépouillement de l'intrigue et du style nous fait partager au plus près l'expérience existentielle du narrateur. Le lecteur s'éloigne progressivement de la civilisation et de ses chimères pour toucher au plus profond et au plus simple de l'existence humaine.
Ce travail est le fruit d'une collaboration entre l'historien William Blanc et l'illustrateur Thierry Guitard. Fascinés depuis leur enfance par les pirates du XVIIIe siècle, ils ont décidé de partager leur passion en leur consacrant une synthèse illustrée accessible à tous. Les textes sont organisés en brefs chapitres traitant des divers aspects de l'histoire des pirates : les navires, l'équipage, l'abordage, le partage du butin. D'autres sont consacrées à des aspects mal connus, comme les femmes pirates et les pirates africains. Certains s'intéressent aux grandes figures, comme Barbe Noire, Olivier Levasseur ou Bartholomew Roberts. Chaque chapitre est pourvu de plusieurs illustrations couleur influencées par la ligne claire, mais aussi d'une iconographie d'époque et de cartes.
Questionnant les grandes théories critiques (Marx, Ernst Bloch, Guy Debord), s'appuyant sur l'anthropologie, poussant des incursions du côté de la philosophie (Aristote, Agamben, Simondon), invoquant après les romantiques et les surréalistes la fonction vitale de l'imagination créatrice, L'Homme sans horizon dessine les lignes de fuite qui permettent de rouvrir un horizon utopique. Au-delà de l'utopie libérale, aujourd'hui épuisée, de l'utopie sociale qui a été défigurée par les régimes totalitaires, la seule issue possible est de reprendre et faire triompher le rêve ancestral de société sans classe ni Etat. Aujourd'hui où la survie de l'espèce est en jeu, c'est cette espérance qu'il s'agit de réaliser sous peine de voir l'humanité s'effondrer dans la barbarie.
Connaît-on vraiment l'intensité de l'engagement de Louise Michel (1830-1905) ? Les précédentes anthologies ont eu tendance à cloisonner la richesse et la diversité d'une expression révolutionnaire variée en sélectionnant des formats (poésie, roman, essai) ou en privilégiant son caractère littéraire - aujourd'hui si romantiquement anachronique. Tout en conservant cette diversité et ce souffle singulier, cette anthologie présente la "grande citoyenne" en action à travers un choix de textes souvent inédits. Celle-ci ne cesse de s'engager et de mobiliser en invoquant les spectres de la Commune ou en traçant des horizons radieux, en reliant entre elles les luttes du monde entier, appelant à l'émancipation des femmes, à la compassion parfois, à d'implacables colères populaires souvent.