Repenser la politique en changeant de regard sur le travail et sur la production des savoirs, c'est ce à quoi nous invite la démarche ergologique dont Yves Schwartz est l'un des initiateurs. Cet ouvrage réunit des textes récents, pour certains inédits, qui prolongent son engagement dans la recherche, la formation et le syndicalisme et questionnent l'avenir du travail et de la démocratie. Pour un syndicaliste ou un formateur, un chercheur, un citoyen, quels sont les enjeux politiques de l'intervention dans la vie des autres ? Quelles sont les conséquences du fait que le travail transforme les personnalités, les corps et les savoirs ? Comment rechercher dans les pratiques des travailleuses et travailleurs des réserves d'alternative ? C'est à ces questions que s'attachent les concepts fondamentaux de l'ergologie : les débats de normes et la renormalisation, le corps-soi, les savoir-valeurs, les projets-héritages, les dispositifs dynamiques à trois pôles, la contradiction entre l'activité et l'argent. Il s'agit de prendre en compte le "déjà-là" politique noué à l'expérience réelle du travail ; et d'aller à la rencontre de la politique où on ne la voit pas.
Schwartz Yves ; Canguilhem Georges ; Bourgeois Ber
Que sait- on aujourd'hui du travail des hommes? Peu de choses encore, sera-t-on tenté de dire après avoir lu ce livre. La culture savante, jusque dans ses plus brillantes synthèses, n'apporte qu'une faible lumière sur cette expérience tout à la fois essentielle et banale. Mais prendre connaissance du travail, comprendre son histoire, anticiper ses développements futurs - le travail va-t-il "disparaître"? - ne demandent-ils pas, justement, que soient soumis à la critique quelques-uns des présupposés les mieux partagés de notre culture? Le parcours d'investigation de cet ouvrage majeur, publié pour la première fois en 1988, conserve à cet égard la plus vive actualité: les formes planétaires du travail, si diversifiées, si prodigieusement évolutives, ne cessent de réalimenter nos interrogations sur cette étrange contrainte de produire dans laquelle l'humanité, depuis les temps les plus reculés, s'éprouve et s'invente. Dans quelles conditions la pensée conceptuelle, les gouvernantes sociales du travail ont-elles chance de s'affronter à l'activité industrieuse sans en mutiler les réelles dimensions, sans s'aveugler à ses réserves d'alternatives, sans reproduire des crises multiformes? Cet ouvrage, qui a été produit en cherchant à repenser les rapports entre les métiers intellectuels et les patrimoines en faible visibilité des mondes du travail, apporte une contribution essentielle à ces questions cruciales.
Di Ruzza Renato ; Schwartz Yves ; Lacomblez Marian
N'y a-t-il qu'une forme de savoir à reconnaître dans l'Université? Les savoirs dits e scientifiques e, légitimés par leur tentative de mettre à distance les séductions, les conflits, les valeurs en débat dans le présent qui introduisent des biais dans les concepts ? Ou bien n'y a-t-il pas d'autres formes moins visibles de savoirs, nouées aux exigences de l'agir, que toute activité humaine entraîne en produisant jour après jour de nouvelles configurations dans la vie sociale ? Les activités de travail jouent comme un révélateur de cette dualité des formes du savoir, dont la mise en dialogue est absolument nécessaire, si on veut comprendre quelque chose tant dans la production de la société que dans l'usinage des connaissances. C'est cette conviction qui a conduit, depuis prés de quarante ans, une équipe, dont participent les deux auteurs, à créer dans leur université des dispositifs de formation et de recherche propres à expérimenter ce dialogue. Mais comment alors retravailler la conception de l'épistémologie sur cette base ? C'est le fondement mémo de ce livre, auquel conduisait l'itinéraire épistémologique des deux auteurs, l'un en philosophie, l'autre en économie politique. De ce fait, cet ouvrage s'adresse aussi bien aux protagonistes des activités sociales, pour contribuer à une meilleure mise en visibilité de leurs ressources intellectuelles, qu'aux chercheurs et enseignants soucieux de mieux mesurer les liens à développer entre la production des connaissances et la vie sociale. La forme et le contenu de l'ouvrage se devaient de tenir compte de ce public particulier. Ni vulgarisation ni érudition, mais rigueur et respect des lecteurs dans la diversité de leur formation et de leur expérience.
La Grande Guerre est le premier conflit durant lequel l'aviation joue un rôle prépondérant. Les progrès techniques et tactiques de l'aviation transforment radicalement la guerre : déjà efficace en 1914 pour la reconnaissance aérienne, par exemple pendant la bataille de la Marne, l'aviation prend peu à peu de l'ampleur, d'abord dans le bombardement, puis dans la chasse et l'attaque au sol. La maîtrise de l'air des Alliés en 1918 explique en partie la victoire finale. Ce livre présente des photographies rares et souvent inédites, ainsi que de nombreux profils en couleur d'avions de l'époque. Il offre un panorama de l'évolution de l'aéronautique militaire d'août 1914 à novembre 1918, en évoquant de nombreux aspects différents : les tactiques, le matériel, les as, les grandes unités...
La bataille de Lille s'est déroulée du 25 au 31 mai 1940 dans des conditions extrêmement difficiles pour l'armée française, presque totalement encerclée dans le Nord et surprise par la capitulation belge. Pour permettre le repli de nombreuses divisions mobiles vers Dunkerque, les unités encerclées dans Lille décident de se battre jusqu'au bout afin de fixer sur place un corps d'armée allemand. La résistance française est même telle qu'au moment de la reddition, les Allemands décident de rendre les honneurs de la guerre aux défenseurs français, ce qui n'état pas arrivé depuis la chute du fort de Vaux, en juin 1916.
Résumé : Le salariat est apparu aux penseurs sociaux du XIXe siècle comme la question centrale des sociétés modernes. Sur les débris des rapports sociaux d'Ancien Régime semblait surgir une nouvelle forme de sujétion. Sur cette base, Marx a développé une théorie de l'exploitation capitaliste qui fut au c?ur des confrontations politiques du XXe siècle. Pourtant, les sciences sociales contemporaines ont rarement traité frontalement du salariat, comme si l'ombre portée de Marx avait freiné une telle investigation. À l'aube du XXIe siècle, le salariat domine plus que jamais nos sociétés. Alors que certains préconisent, au nom de la " flexibilité du travail ", une dissolution généralisée des institutions salariales pour restaurer un utopique marché des producteurs, il est urgent de rouvrir ce dossier. C'est à quoi se sont attachés les historiens, économistes et sociologues réunis ici. Cet ouvrage n'entend pas proposer une théorie unifiée du salariat, mais poser les termes du débat et fournir des pistes pour comprendre sa dynamique présente. La première partie vise à définir le salariat comme concept et fait historique. S'y confrontent sans concessions quelques-uns des auteurs français qui ont le plus travaillé la question. La deuxième partie présente une série d'éclairages, sans prétention à l'exhaustivité, sur les formes contemporaines du salariat et les caractéristiques de diverses populations salariales. Ces études. appuyées sur des enquêtes originales, éclairent par leurs données factuelles et leurs analyses empiriques les débats théoriques de la première partie.
Le magicien du Saint-André-des-Arts ", a dit de lui Jean-Luc Godard. Trois salles de cinéma au cour de Paris, des choix de programmation dictés seulement par le plaisir de ce dévoreur de films, c'est Roger Diamantis, figure emblématique de la passion cinématographique. Florence Delporte est allée à la rencontre de ce passeur infatigable, de ce découvreur entêté. Avec Une vie d'art et d'essais, elle nous restitue la parole de cet homme discret, qui s'est construit une vie, une identité par le cinéma. Roger Diamantis nous fait revivre son enfance de gamin timide, qui trouvait refuge dans les salles obscures, son quotidien d'exploitant, ses combats incessants pour préserver son indépendance. Voici donc une histoire de cinéma, intime et lumineuse, que traversent Woody Allen, Theo Angelopoulos, Yamina Benguigui, Ingmar Bergman, Alain Cavalier, Raymond Depardon, Emir Kusturica, Ken Loach, Nicolas Philibert, François Truffaut, Agnès Vanda, mais également Jacques Lacan ou Eugène Ionesco... On y croise aussi tant d'autres promeneurs et tant d'amoureux du cinéma qui aiment, contre vents et marées, les soirs du quartier Latin.
Dutheil-Pessin Catherine ; Ribac François ; Delcam
Résumé : Depuis une trentaine d'années, la politique culturelle en France est de plus en plus déclinée sous la forme d'une abondante offre de spectacles plus ou moins subventionnés par l'Etat et les collectivités, et ce, à tous les échelons du territoire. De ce fait, les programmateurs et programmatrices de spectacles jouent un rôle essentiel puisqu'il leur appartient de convertir des spectacles particuliers en intérêt public. La Fabrique de la programmation culturelle est le premier livre qui s'intéresse à la formation, au travail, aux outils, aux compétences, aux réseaux de ces femmes et de ces hommes professionnels et aux multiples contraintes qu'ils doivent gérer. S'appuyant sur une exploration des espaces de travail et de rencontres, l'enquête met en évidence la dimension collective de cette expertise, la force et la diversité de ce groupe social. Dans un contexte où les profanes s'impliquent de façon croissante dans l'espace public (santé, nucléaire, alimentation, écologie, etc.), cette façon de produire de la "culture" interroge la définition des politiques publiques, leur mise en oeuvre et leur évaluation.
Résumé : Cet ouvrage constitue la première partie du dernier tome de la tétralogie Penser avec Marx aujourd'hui, oeuvre majeure du philosophe Lucien Sève. Intitulé "Le communisme"? , il fait suite à Marx et nous (tome I), "L'homme"? (tome II), "La philosophie"? (tome III). Dans leur Manifeste de 1848, Marx et Engels faisaient du mot "communisme" l'éclatant emblème de l'émancipation humaine. Au XXe siècle, les crimes du stalinisme puis l'inviabilité du système soviétique en ont fait au contraire le terme le plus décrié de tout le vocabulaire politique. Aujourd'hui, quand les catastrophes dont nous menace à brève échéance un capitalisme entré en folie nous somment d'inventer une autre civilisation, se pourrait-il qu'un communisme entièrement repensé pour notre temps redevienne le nom enviable du futur ? C'est ce que soutient Lucien Sève dans ce livre. Une étude savante et vivante de la genèse et du contenu de la visée communiste au XIXe siècle, puis une histoire critique impitoyable de ce qui se passa au XXe siècle pour "le communisme" rendent patente cette conclusion : ce qui a dramatiquement échoué au siècle dernier sous ce nom usurpé, bien loin du communisme de Marx alors prématuré historiquement, fut en vérité, à l'initiative d'un Staline traître aux espoirs nés d'Octobre 17, un national-étatisme brutal de rattrapage du capitalisme où se lancèrent la Russie et à sa suite d'autres pays en retard relatif de développement. Le sens même de l'histoire vécue ces deux derniers siècles bascule ici entièrement : le communisme en son vrai sens n'est pas derrière nous mais devant nous. La deuxième partie du livre, en préparation, traitera de cette question : quel communisme pour le XXIe siècle ?