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Tout avait l'air normal. Le sang mauvais, la foudre, le col
Bayer Donat ; Cavaillès Sylvain
KONTR
13,90 €
Épuisé
EAN :9782491221218
Publiés entre 2017 et 2025 en Turquie, ces trois recueils de poèmes de Donat Bayer forment, selon l'aveu de l'auteur, une trilogie sur le mal que les hommes se font les uns aux autres. Dans Le Sang mauvais, c'est une expérience personnelle ouvrant sur le silence qui motive le poème. Le deuxième volet, lui, foisonne à travers les époques et des figures tutélaires éclectiques - Elizabeth Bishop, Ahmet Hâ?im, The Strokes - autour d'un personnage Fulguré. Enfin, dans Le Col, le poète laisse la géographie d'une région montagneuse du monde suggérer l'âpreté et la violence sourde des rapports humains. Son souci de l'épure, mais aussi son sens du détail, de l'image et du son, permettent à Donat Bayer de projeter l'intime dans l'universel et font de lui une voix capitale de la poésie contemporaine.
Les soirs de pluie, Gelsey entre dans un bar, se fait " lever " par un homme et se laisse entraîner dans une chambre d'hôtel. Mais, en fait, c'est elle la chasseresse. Elle drogue son " séducteur ", lui vole son argent et laisse sur sa poitrine, écrit à l'envers et à l'encre indélébile, un message d'adieu sarcastique. Un message que la victime, mal réveillée, lira le lendemain matin dans le miroir de la salle de bains. Gelsey tire ainsi sa vengeance des hommes et, à travers eux, de celui qui a détruit sa vie. C'est un jeu cruel qui vire définitivement au drame lorsque sa dernière victime est retrouvée avec une balle dans la tête... Gelsey devient alors la proie de la police, mais aussi celle du tueur, à la recherche de quelque chose qu'elle a volé à son " client ". Seul le lieutenant Frank Janek croit à son innocence. Mais pourra-t-il la prouver ? Plus il entre dans l'étrange univers de Gelsey, plus il se sent attiré vers elle. Ensemble, ils essaient de trouver la clé du mystère qui la hante depuis son enfance. La clé du lieu magique où, à la recherche du passé de Gelsey, Janek finit par retrouver le sien : un labyrinthe de miroirs.
Ce livre s'inscrit dans une réflexion sur la Critique radicale associée à ce qu'on peut appeler le Dernier-Marx. Ce Dernier-Marx, on peut le lire dans l'édition française du Capital en un repositionnement de Marx, venant problématiser sa pensée objective précédente, qui réceptionnait un donné du mode de production capitaliste pour l'interpréter comme un donné de l'histoire. A cette entreprise ruineuse pour le mouvement ouvrier, le Dernier-Marx substitue une problématique radicalement subjective à partir d'une ontologie de l'identité vitale.
La théorie marxiste a inspiré un immense mouvement social, qui a ponctué de ses luttes et révolutions plus d'un siècle d'histoire. Mais depuis une trentaine d'années, plus grand monde, au sein du marxisme, ne croit au message d'une histoire déterministe. Faute d'avoir saisi la réalité du capital, le mouvement ouvrier s'est trompé d'histoire et a pris les vessies du capital pour des lanternes de l'histoire. Cet ouvrage aide à la relecture du "Capital" où un Dernier-Marx émerge pour avoir saisi cette inversion.
Les poèmes de Mehmet Said Aydın, poète kurde dont la langue d'écriture est le turc, sont ancrés dans les lieux où il a vécu : Kızıltepe, dans la province de Mardin, à proximité de la frontière syrienne, mais aussi Ankara et Istanbul. Ce Jardin manqué est celui de son enfance dans cette plaine de Mardin, marquée dans les années 1980 et 1990 par les affrontements entre l'état turc et la guérilla kurde. De cette guerre peu de traces dans sa poésie, sinon par l'évocation d'amis ou de maîtres tués par la main de l'état. Mais beaucoup de la culture kurde, notamment de cette langue si longtemps interdite qui refleurit ici, dialoguant avec la langue dominante à travers musique, littérature et poésie. Questionnement au long cours du rapport au monde d'un jeune trentenaire riche de deux cultures qui s'affrontent et se nourrissent mutuellement.
Née en 1974 au Kurdistan irakien, la poétesse Choman Hardi est aussi une enseignante-chercheuse travaillant sur la question des inégalités du point de vue de l'intersectionnalité. Elle a trouvé refuge au Royaume-Uni en 1993 où elle a étudié dans les universités d'Oxford, de Londres et du Kent. Son ouvrage post-doctoral, Gendered Experiences of Genocide : Anfal Survivors in Kurdistan-Iraq (Routledge, 2011), a été nommé "UK Core Title" par le Yankee Book Peddler. Depuis 2010, des poèmes de son premier recueil en anglais, Life for us (Bloodaxe, 2004) sont étudiés dans l'enseignement secondaire. Son second recueil, Considering the women (Bloodaxe, 2015), a été nominé par la Poetry Book Society et sélectionné pour le Forward Prize for Best Collection. Sa traduction de Butterfly Valley de Sherko Beka a reçu le prix PEN translation.
En 1997, lorsque paraît en Turquie Les Djinns de l'argent, Murathan Mungan est déjà au faîte de sa carrière. Pour la première fois, il livre au public ces textes qu'il appellera plus tard des "nouvelles autobiographiques" et qu'il parsème de clés pour, d'une part, éclairer certains aspects de son oeuvre à la lumière de sa biographie, mais surtout pour mettre en évidence l'importance de sa ville d'origine et son influence sur son identité d'homme et d'écrivain. Mardin, ville proche de la frontière syrienne où ont longtemps cohabité Arabes, Kurdes, Arméniens, Ezidis et Assyro-Chaldéens, est cette ville qui l'a fait, lui, cet écrivain qui règne depuis plusieurs décennies sur le paysage littéraire de Turquie. En mêlant l'intime et l'historique au fil des textes qui composent cet essai autobiographique, Mungan lui donne, comme il n'a eu de cesse de le faire dès ses premiers textes poétiques, dramatiques ou de fiction, ses lettres de noblesse.
Mahmud et Yezida, c'est l'histoire d'amour impossible entre un Musulman et une Ezidie. Impossible car les Ezidis ne peuvent se marier en dehors de leur communauté et parce que les rapports entre Musulmans et Ezidis ont toujours été nourris d'inimitié. Comme si cela ne suffisait pas, l'amour des deux jeunes gens est contrarié par une querelle de terres. Pour accéder à un terrain fertile située au-delà du village de leurs ennemis, les hommes de Havvas Agha vont profiter d'une croyance ézidie pour assiéger le village entier afin de s'approprier les terres qu'ils convoitent. Mais lorsque Mahmud est abattu en essayant de la rejoindre, Yezida s'enferme dans un cercle qu'elle dessine elle-même afin de s'y laisser mourir. Cette pièce de théâtre, qui a marqué l'histoire du théâtre turc contemporain, est de plus le tout premier livre publié de son auteur. Avec ce texte, Murathan Mungan pose la première pierre d'une oeuvre monumentale qui continue de s'écrire aujourd'hui et qui a fait de lui l'un des écrivains fondamentaux de la Turquie contemporaine. Mahmud et Yezida est le premier volet d'une "trilogie mésopotamienne" dont Kontr a publié le second, Taziye. Cérémonie funèbre, en 2018.