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DEUX PARFAITS INCONNUS
TORTORICI
CHEMIN DE RONDE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782905357106
Odetta, Romaine d'âge mûr qui, ancienne libraire, loue une partie de son appartement du quartier San Lorenzo à des étudiants, se livre, dans cette première fiction de Michele Tortorici, à deux longues conversations : d'abord avec un électricien venu réparer une panne à son domicile entre midi et deux puis avec un nouveau locataire, arrivant ce même après-midi d'un dimanche d'hiver. Dialogues ? Pas vraiment car elle est seule à parler : une loghorrée où elle passe du coq à l'âne et dont elle renoue les fils avec une parfaite maestria. Monologues ? Pas vraiment non plus : ses phrases laissent constamment deviner les réponses de ses interlocuteurs ainsi que leurs gestes ou mimiques. Sûre d'elle, ne redoutant ni sujet grivois ni confession intime, l'intarissable logeuse est dotée d'une vaste culture embrassant les moindres répliques de Totò, le football, la linguistique, l'oeuvre de Dante - qu'elle peut citer de tête et commenter -, la philosophie, l'économie, bien sûr la politique, etc. Un savoureux pêle-mêle de cocasseries, réflexions fines, jugements à l'emporte-pièce et, surprenantes pour les deux " parfaits inconnus " qu'elle a en face d'elle à tour de rôle, confidences sur sa vie privée - celles-ci livrant à la fin un étonnant secret. Texte d'un allant continuel, tout d'humour et d'écoute et qui parfois n'est pas sans rappeler Au but, l'une des grandes pièces de Thomas Bernhard, Deux parfaits inconnus met en scène, littéralement, ce personnage remarquablement vivant et complexe qu'est Odetta et, par sa virtuosité narrative, sait faire du lecteur un autre interlocuteur - le troisième, comme caché mais non le moindre.
Tortolini Luca ; Iride Murgia Daniela ; Cottier Ma
Ce livre peut être d'abord regardé comme une suite de portraits d'animaux familiers : de page en page, on voit en effet défiler une biche, un âne, un lapin, un ours, etc, qui regardent " face caméra ". Ces animaux nous semblent d'autant plus familiers que les images nous les montrent sous des traits qui les " apprivoisent ", les rendent relativement proches des humains ? sans toutefois jamais franchir la limite à partir de laquelle ils pourraient figurer des " caractères ". De plus, par le recours à la technique du collage, leurs costumes en " patchwork " rassemblent une grande variété de motifs empruntés à notre environnement : tissus, papiers peints, tapis, dentelles, etc. Le travail de l'artiste, soutenu par la force du plaisir esthétique, contribue ainsi à établir l'illusion d'une véritable rencontre entre celui qui voit, le lecteur, et celui qui est vu dans l'image. Pourtant, loin de fonder une illusoire identité entre l'homme et l'animal, ce face à face marque en réalité un seuil renvoyant à tout ce qui les sépare. En effet, ce que disent successivement chacun des animaux " face caméra " (révélé, cette fois, par la lecture du texte), c'est leur surprise et leur désarroi devant l'apparition d'un être pour eux incompréhensible, indéchiffrable dans sa forme et dans son langage, donc étranger à leur monde : un bébé, un petit homme, montré en dernière page du livre dans toute sa nudité et sa fragilité au milieu d'une nature complexe et foisonnante.
Résumé : Marco s'endort et se met à rêver? Il rêve de la mer et d'un pêcheur au milieu de la mer. Mais à quoi rêve ce pêcheur ? Le pêcheur rêve qu'il est en haut d'une montagne et en haut de cette montagne, il y a un alpiniste. Mais à quoi rêve l'alpiniste ? L'alpiniste rêve d'une pâtisserie dans laquelle il y a un ours qui rêve d'un château dans lequel il y a un fantôme. Et ainsi de suite. Jusqu'à la fin du livre où un singe rêve de Marco. À quoi rêve Marco ? On revient au début du livre. La boucle est bouclée. Le livre est ici magnifié comme étant un carrousel magique. Dans chaque image, un élément permet d'avancer dans l'histoire et passer d'une scène à l'autre ou plutôt d'un rêve à l'autre.
Résumé : Moderne ou antique, populaire ou luxueuse, en brique ou en paille, chaque maison a une âme secrète. Ses murs veillent sur les rires et les rêves de l'enfant qui l'habite.
Résumé : Quel est donc cet endroit si singulier qu'on appelle l'école ? Cette maison avec ses tables et ses chaises ce lieu ouvert même entre quatre murs ? Cet endroit où se retrouvent des garçons et des filles si différents mais dont les talents s'additionnent finalement ? Cet endroit où l'on partage les idées comme son goûter les gommes et les crayons et où naissent les amitiés. Voici une jolie fable sur l'école véritable hymne à ce lieu où l'on enseigne la beauté la joie d'apprendre et la liberté de penser pour réinventer le monde. Un trésor précieux car comme le conclut Luca Tortolini : "Nous n'avons qu'un seul monde. Voulons-nous en prendre soin ? "
Parfois, on entend dire qu'il va pleuvoir, et on ne prévoit pasque ce sera le déluge. Parfois, on entend dire It's Gonna Rain,et on ne prévoit pas que ce sera le déluge, de la musique. De lamusique, c'est certain, Steve Reich aura marqué l'histoire. Et,c'est important. Tout aussi important: comment sa musique audébut, avec It's Gonna Rain donc, mais aussi Come Out, PianoPhase, Clapping Music, pièces parfaitement radicales etparfaitement audibles, marque le temps et l'espace danslesquels elle s'inscrit. Et ainsi: comment sa musique, bien quetrès savante et très européenne, parvient à sortir de la traditionde la musique savante européenne et, américaine, invente denouveaux canons musicaux, en répétant, en décalant, en ne serépétant donc pas, en cherchant dans les ressources du son lui-même les moyens de changer la musique elle-même. Eninventant la musique de phase. Il faut l'écouter. Ceci est unessai. Ou mieux: une pure fiction.
À partir d'événements qui se sont produits avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, Mario Cavatore a construit une fiction mettant en scène un personnage emblématique, Lubo Reinhardt, Tsigane et citoyen suisse dont la femme a été assassinée et les deux enfants enlevés pour être placés dans un établissement censé donner aux petits tsiganes une éducation «correcte». L'oeuvre de bienfaisance Pro Juventute et son corollaire, Kinder der Landstrasse, ont agi ainsi en toute légalité dès l'année 1926 et des milliers d'enfants ont été arrachés à leurs familles puis déportés dans des centres ou des familles «d'accueil» sans jamais revoir leurs parents. Avec, bien sûr, la pleine approbation de l'Allemagne nazie. Reinhardt décide de faire pièce à cette ignominie de façon particulière: on lui a pris ses deux enfants, il va séduire le plus grand nombre de femmes croisant sa route et donner naissance au plus grand nombre possible d'enfants. Ainsi, en chacun d'eux coulera du sang tsigane et sa communauté, sa culture ne seront pas anéanties. Le roman se déroule sur près de trente années et, après le premier geste de Lubo, suit le destin de l'un de ses fils, Hugo, autour duquel évoluent sa mère, son demi frère, Hans, et plusieurs figures secondaires mais très importantes, campées avec une maîtrise avérée du portrait et du dialogue. Le narrateur, après une première partie qui pose l intrigue et la traite sur le mode du roman policier, laisse la parole à Hans qui, à son tour, la laissera, sous forme de lettre, à Hugo: deux confessions, deux témoignages déchirants de frères victimes d'une violence qui les a traversés et les dépasse tous deux. Mario Cavatore donne, avec Le Geste du semeur son premier livre, écrit à cinquante-six ans, un roman d une précision et d'un suspense implacables; un texte sobre, direct, jamais ne versant dans le pathos ou le manichéisme. Erri De Luca a salué, dès sa sortie, la force narrative et le sens de l'humain, au sein même de la protestation, de son auteur, dont il a rapproché le style de celui de Leonardo Sciascia. «Je tombe une ou deux fois par an sur un livre à recommander à un ami. Aujourd hui, c'est sur Il seminatore, de Mario Cavatore.» L'ouvrage a remporté en Italie le prix du Premier Roman 2004 et fait actuellement l'objet d'une adaptation cinématographique due à Giorgio Diritti.
Ecrits dans une langue élégante et imagée, les poèmes présentés dans ce livre illustrent et explicitent (parfois en les contredisant malicieusement) les idées du mystique moderne Douglas Harding et du philosophe Emmanuel Levinas. Les thèmes de l'autre, de la conscience, de l'amour, de l'errance, de la mort, etc. , sont traités de manière originale, souvent avec un brin d'humour provocateur. Ce livre ne s'adresse pas seulement aux personnes s'intéressant à la philosophie ou à une spiritualité de type laïque mais aussi à toutes celles qui apprécient le raffinement d'un langage à la fois précieux et familier.
En écho de Court traité du fragment - l'essai décisif qu'elle a donné à l'esthétique en 1986 -, Anne Cauquelin propose, avec De la nature des lièvres et à partir d'une attention vive et affectueuse à l'oeuvre de Daniel Arasse, une réflexion aiguë, enjouée, sur la question du pan, du fragmentaire, de la diffraction du sens en peinture, en art, dans le texte. Interrogation générique se portant à sauts et à gambades sur les petites formes, sur le paragraphe et les isolats, sur la suspension, sur le dandysme du retrait et quelques singularités animales; affaire elle-même coupée-découpée, elle-même fragmentaire comme il ne pouvait en l'occurrence que se devoir. Dans les rebonds paragraphes de la pensée, ses bouffées autobiographiques, dans un dispositif où images, rêves, idées, souvenirs et sons se versent en écriture, en elle se déposent selon leur ordre propre et s'y composent comme naturellement, De la nature des lièvres, livre d'immédiate tension-instauration ludique (et savante, c'est tout comme), donne à lire une poétique de l'éclat-multiple: un feu artiste - une philosophie dansée.Professeur émérite de philosophie (université Paris-Ouest Nanterre La Défense, université de Picardie), spécialiste d'Aristote, directrice durant une dizaine d'années (jusqu'en 2011) de la Revue d'esthétique, Anne Cauquelin, essayiste, romancière et peintre, est l'auteur d'une oeuvre abondante, majoritairement publiée aux Presses universitaires de France et u aux Editions du Seuil, traduite en plusieurs langues et au sein de laquelle, outre Court traité du fragment. Usages de l'oeuvre d'art, on retiendra tout particulièrement Cinévilles (1979), Essai de philosophie urbaine (1982), L'Invention du paysage (1989, 2000), La Mort des philosophes et autres contes (1992), Petit traité d'art contemporain (1996), Petit traité du jardin ordinaire (2003), Le Site et le Paysage (2007), Fréquenter les incorporels. Contribution à une théorie de l'art contemporain (2006) et A l'angle des mondes possibles (2010).