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DE LA NATURE DES LIEVRES
CAUQUELIN
CHEMIN DE RONDE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782905357090
En écho de Court traité du fragment - l'essai décisif qu'elle a donné à l'esthétique en 1986 -, Anne Cauquelin propose, avec De la nature des lièvres et à partir d'une attention vive et affectueuse à l'oeuvre de Daniel Arasse, une réflexion aiguë, enjouée, sur la question du pan, du fragmentaire, de la diffraction du sens en peinture, en art, dans le texte. Interrogation générique se portant à sauts et à gambades sur les petites formes, sur le paragraphe et les isolats, sur la suspension, sur le dandysme du retrait et quelques singularités animales; affaire elle-même coupée-découpée, elle-même fragmentaire comme il ne pouvait en l'occurrence que se devoir. Dans les rebonds paragraphes de la pensée, ses bouffées autobiographiques, dans un dispositif où images, rêves, idées, souvenirs et sons se versent en écriture, en elle se déposent selon leur ordre propre et s'y composent comme naturellement, De la nature des lièvres, livre d'immédiate tension-instauration ludique (et savante, c'est tout comme), donne à lire une poétique de l'éclat-multiple: un feu artiste - une philosophie dansée.Professeur émérite de philosophie (université Paris-Ouest Nanterre La Défense, université de Picardie), spécialiste d'Aristote, directrice durant une dizaine d'années (jusqu'en 2011) de la Revue d'esthétique, Anne Cauquelin, essayiste, romancière et peintre, est l'auteur d'une oeuvre abondante, majoritairement publiée aux Presses universitaires de France et u aux Editions du Seuil, traduite en plusieurs langues et au sein de laquelle, outre Court traité du fragment. Usages de l'oeuvre d'art, on retiendra tout particulièrement Cinévilles (1979), Essai de philosophie urbaine (1982), L'Invention du paysage (1989, 2000), La Mort des philosophes et autres contes (1992), Petit traité d'art contemporain (1996), Petit traité du jardin ordinaire (2003), Le Site et le Paysage (2007), Fréquenter les incorporels. Contribution à une théorie de l'art contemporain (2006) et A l'angle des mondes possibles (2010).
Résumé : L'inexprimable, le rien, le vide semblent occuper l'art contemporain depuis quelques décennies : des monochromes de Klein aux corps virtuels du cyberspace, l'ère est à l'immatériel, voire au spirituel. Etrange tentation pour la technologie, que l'on dit si matérialiste Plutôt que de suivre comme souvent la vole zen pour décrire ce phénomène, l'auteur tente ici, non sans succès, de faire revivre une très ancienne physique, celle des stoïciens, et leur théorie des " incorporels ". Il est étonnant de constater à quel point cette théorie s'ajuste au plus près des manifestations artistiques actuelles, et combien elle en pénètre le sens de manière intime. Elle ouvre aussi sur la compréhension des structures mises en place par la technologie du virtuel et en donne raison. Penser selon les incorporels, les fréquenter, c'est aussi comprendre ce qu'il en est de nos implicites familiers, et des fragments de temps que nous appelons " vie ".
L'ordre animal des choses est caché dans les plis du pouvoir humain sur le monde. Ouvert à la mémoire et à l'imaginaire, il est son contrepoint secret, et comme innocent : sans le moi, habité par le silence des origines, dont les hommes sont exilés. Maintenant intacte la force initiale de la présence, il fait se croiser des animaux réels, mythiques, fantastiques, et quelques humains. Dans les récits qui composent L'Ordre animal des choses Antonio Prete nous invite à parcourir un univers parallèle à celui qui pour la plupart d'entre nous est seul à exister. Univers où les repères soudain sont perdus - les certitudes abolies, les points de vue modifiés. Il revient là au coeur des thèmes qui parcourent son oeuvre, fondent sa réflexion : le sentiment d'étrangeté, d'éloignement, la nostalgie (celle d'abord d'une pureté perdue), la frontière entre nature et culture, la relation entre l'animal et l'humain, ses porosités - la clé de voûte de l'ensemble étant le langage, véritable instrument de métamorphose. Passant de la gravité à la légèreté, de la mélancolie à l'humour, sa phrase incarne cette mise en crise d'un monde sûr de son pouvoir dont elle redessine les contours grâce au regard porté sur lui par des êtres qui parlent une autre langue. Labile, inventive, elle offre une fresque subtile, toute de correspondances, dont la contemplation nourrit les parts les plus rêveuses de notre esprit.
Ecrits dans une langue élégante et imagée, les poèmes présentés dans ce livre illustrent et explicitent (parfois en les contredisant malicieusement) les idées du mystique moderne Douglas Harding et du philosophe Emmanuel Levinas. Les thèmes de l'autre, de la conscience, de l'amour, de l'errance, de la mort, etc. , sont traités de manière originale, souvent avec un brin d'humour provocateur. Ce livre ne s'adresse pas seulement aux personnes s'intéressant à la philosophie ou à une spiritualité de type laïque mais aussi à toutes celles qui apprécient le raffinement d'un langage à la fois précieux et familier.
À partir d'événements qui se sont produits avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, Mario Cavatore a construit une fiction mettant en scène un personnage emblématique, Lubo Reinhardt, Tsigane et citoyen suisse dont la femme a été assassinée et les deux enfants enlevés pour être placés dans un établissement censé donner aux petits tsiganes une éducation «correcte». L'oeuvre de bienfaisance Pro Juventute et son corollaire, Kinder der Landstrasse, ont agi ainsi en toute légalité dès l'année 1926 et des milliers d'enfants ont été arrachés à leurs familles puis déportés dans des centres ou des familles «d'accueil» sans jamais revoir leurs parents. Avec, bien sûr, la pleine approbation de l'Allemagne nazie. Reinhardt décide de faire pièce à cette ignominie de façon particulière: on lui a pris ses deux enfants, il va séduire le plus grand nombre de femmes croisant sa route et donner naissance au plus grand nombre possible d'enfants. Ainsi, en chacun d'eux coulera du sang tsigane et sa communauté, sa culture ne seront pas anéanties. Le roman se déroule sur près de trente années et, après le premier geste de Lubo, suit le destin de l'un de ses fils, Hugo, autour duquel évoluent sa mère, son demi frère, Hans, et plusieurs figures secondaires mais très importantes, campées avec une maîtrise avérée du portrait et du dialogue. Le narrateur, après une première partie qui pose l intrigue et la traite sur le mode du roman policier, laisse la parole à Hans qui, à son tour, la laissera, sous forme de lettre, à Hugo: deux confessions, deux témoignages déchirants de frères victimes d'une violence qui les a traversés et les dépasse tous deux. Mario Cavatore donne, avec Le Geste du semeur son premier livre, écrit à cinquante-six ans, un roman d une précision et d'un suspense implacables; un texte sobre, direct, jamais ne versant dans le pathos ou le manichéisme. Erri De Luca a salué, dès sa sortie, la force narrative et le sens de l'humain, au sein même de la protestation, de son auteur, dont il a rapproché le style de celui de Leonardo Sciascia. «Je tombe une ou deux fois par an sur un livre à recommander à un ami. Aujourd hui, c'est sur Il seminatore, de Mario Cavatore.» L'ouvrage a remporté en Italie le prix du Premier Roman 2004 et fait actuellement l'objet d'une adaptation cinématographique due à Giorgio Diritti.