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Esclavage et réparations. Comment faire face aux crimes de l'Histoire...
Tin Louis-Georges
STOCK
23,00 €
Épuisé
EAN :9782234074880
Extrait de l'introductionEn janvier 2013, coup sur coup, sortaient en salle deux films très importants sur la question de l'esclavage: Lincoln de Steven Spielberg et Django Unchained de Quentin Tarantino.Après Amistad, Spielberg abordait de nouveau le problème de la traite. Mais il s'intéressait cette fois aux derniers mois de la présidence d'Abraham Lincoln et montrait les efforts de celui-ci pour faire adopter le 13e amendement qui devait imposer dans la Constitution américaine l'abolition de l'esclavage. A côté du président Lincoln, le réalisateur mettait en scène un autre personnage, tout aussi intéressant, sinon plus: Thaddeus Stevens. Incarné par Tommy Lee Jones, Stevens était un élu républicain à la Chambre, qui défendait la cause de l'abolition avec acharnement. Dans une scène brève, et cependant cruciale, il discutait avec Lincoln des mesures qu'il convenait de prendre après le vote du 13e amendement. Selon lui, il fallait mettre en oeuvre des mesures de justice: confisquer les terres et les biens des esclavagistes, les attribuer aux esclaves afin qu'après la liberté, ils obtiennent aussi l'égalité. Bref, même si le mot n'est pas prononcé, Stevens plaidait en faveur des réparations. De fait, les réparations figuraient dans la plate-forme des républicains sur la base de laquelle Lincoln fut élu. Et juste après l'assassinat du président, Thaddeus Stevens fit adopter une loi en faveur des réparations, qui fut votée à la fois par le Sénat et par la Chambre des représentants. Mais le successeur de Lincoln, Andrew Johnson, qui était sudiste et foncièrement raciste, mit son veto, et la loi ne put être appliquée.D'une manière, certes, fort différente, c'est également la même question qui est posée dans le film de Tarantino: la réparation, principe de toute justice. En effet, Django ne cherche pas la liberté: elle lui est octroyée dès le début du film. Il cherche plutôt à se faire justice. A sa façon, violente et meurtrière, il entend réparer l'outrage subi par son épouse et par lui-même. Libéré par un chasseur de primes, l'ancien esclave se veut désormais justicier, et il entend châtier ceux qui, jadis, l'ont maltraité. Et quand il parvient enfin à délivrer sa bien-aimée Broomhilda, il ne songe pas à fuir: il s'applique à tuer jusqu'au dernier ceux qui avaient enlevé et torturé la jeune femme.Les deux films se situent dans le même contexte historique: 1858 pour Django, 1865 pour Lincoln, à une époque où l'heure est à la remise en cause de l'esclavage. Par ailleurs, dans un cas comme dans l'autre, il est question de réparer les torts faits aux esclaves. Mais là où Lincoln et Stevens envisagent des solutions politiques et collectives, lesquelles ne purent jamais être appliquées, Django met en oeuvre une réparation individuelle, violente et meurtrière - c'est la réparation, vue par Tarantino. Bien que le fait ait été peu noté par les commentateurs, il est frappant de constater que la question de la réparation est au coeur de ces deux films sur l'esclavage.Mais la réparation n'est pas seulement un sujet de fiction pour des cinéastes comme Spielberg ou Tarantino. Elle constitue avant tout un enjeu politique concret, aussi vieux que l'esclavage lui-même. En effet, les Africains capturés, déportés et contraints au travail forcé dans les colonies d'Amérique ou de l'océan Indien ne voulaient pas seulement la liberté. La plupart demandaient également qu'on les ramène dans leur pays d'origine, ou à tout le moins qu'on leur donne un lopin de terre, un pécule ou une pension - bref, ils voulaient des réparations. En ce sens, ils se battaient à la fois pour la liberté et pour la justice.
Le Livre des merveilles rend compte du long voyage de Marco Polo sur les routes de l'Orient et en Chine. En apportant des éléments nouveaux à la connaissance d'un monde redouté, il répondit à la curiosité humaniste des rois d'Europe et de leurs cours. On y découvre des observations d'ordre encyclopédique sur les coutumes tartares, mais aussi des légendes où le surnaturel tient la première place. Les siècles n'y font rien: le livre de Marco Polo instruit, étonne. émerveille toujours.
Résumé : Aux côtés de Marot, Louise Labé, Maurice Scève, Du Bellay, Ronsard, Jodelle, Desportes, d'Aubigné, une pléiade de talents méconnus qui n'appartiennent pas tous à la "Pléiade" retrouvent ici leur place. Car cette anthologie s'affranchit aussi bien de la condamnation de Boileau que des choix trop restrictifs opérés depuis le regain d'intérêt des romantiques pour le XVI ? siècle. Jean Céard et Louis-Georges Tin insistent sur la nécessité de rassembler l'ensemble du corpus : "Nous avons cessé de considérer le XVI ? siècle en gardant les yeux fixés sur le XVII ? . Mais nous sommes-nous pour autant débarrassés de cette vision évolutive ? Il n'est pas rare, aujourd'hui encore, que la poésie du XVI ? siècle passe pour prendre son essor dans les années 1530 grâce à Marot et aux marotiques, avant de commencer à s'épanouir avec l'école lyonnaise dans les années 1540 et d'atteindre son plein essor avec la Pléiade, que viendront relayer dans les années 1570 la poésie néo-pétrarquiste puis la poésie baroque". La marque première de cette anthologie, c'est de donner à lire des auteurs laissés dans les marges ou cités de façon anecdotique. C'est aussi d'accueillir les formes les plus diverses d'un champ poétique en plein mouvement et effervescence.
La Birmanie est dirigée depuis des décennies d'une main de fer par la junte. Le régime impose un quotidien menaçant et restrictif, orchestré par la violence. Malgré l'oppression, certains ont décidé de se battre avec pour armes l'intellect et la plume. Win Tin fait partie de ceux-là. Il choisit tout d'abord le journalisme, et finit par se résoudre à l'engagement politique. Il contribue à fonder la Ligue nationale pour la démocratie, à l'appel de Aung San Suu Kyi, future prix Nobel de la paix. Win Tin est devenu une véritable gêne pour le gouvernement : ses convictions le conduisent dès 1989 derrière les barreaux d'Insein, où il passe près de vingt ans entre torture et isolement. Lorsqu'il sort de prison le 23 septembre 2008, à l'âge de 79 ans, il se lance de nouveau sans attendre dans le combat politique pour l'avènement de la démocratie. Ce livre est coécrit par Sophie Matibeaux, grand reporter pour Radio France Internationale, spécialiste de l'Asie.
Pour la première fois en France, une douzaine d'associations adécidé de faire cause commune: près de 200 propositionsconcrètes et applicables immédiatement sont ici réunies pouren finir avec les discriminations. Exemples concrets à l'appui,les auteurs soulignent à quel point la discrimination estomniprésente, souvent à notre insu. Délit de faciès, plafond deverre dans l'entreprise, parcours du combattant au quotidienpour les aveugles et les paralysés, gays et lesbiennes harcelés àl'école, refus d'embauche pour ceux qui sont trop jeunes...outrop vieux. En somme, 100 % des Français sont discriminables! A l'initiative de Louis-Georges Tin, président de Républiqueet Diversité, un plaidoyer indispensable pour comprendre,faire savoir.
Résumé : Par un hasard miraculeux, Balthazar Janvier, enfant abandonné, devient le domestique dévoué de Lavoisier, père de la chimie moderne, homme encyclopédique : minéralogiste, météorologue, agronome, régisseur des poudres et salpêtres... Eduqué grâce à la générosité de son maître, Balthazar devient un Sganarelle de laboratoire, ébahi des expériences auxquelles il assiste. Mais ce domestique astucieux sera aussi le témoin des événements de son temps, au moment où la Révolution française s'emballe. Narrateur candide au coeur de la Terreur, il fera au lecteur le récit picaresque autant que tragique de la dernière année de vie de son maître. Le 24 novembre 1793, sous le coup d'un mandat d'arrêt, le chimiste se cache un temps dans Paris. Une nuit durant, Balthazar le conjure de s'exiler. Son maître décide de se livrer. Sans répit, le fidèle valet court Paris pour apporter au Comité de sureté générale la pétition signée par des savants en faveur de son maître. Rien n'y fait. Une dernière chance subsiste. C'est sans compter sur les passions humaines, exacerbées par la Terreur. La peur rôde dans chaque rue de Paris, dans chaque intérieur également, la frénésie, la folie, l'urgence sont racontées à hauteur d'homme, par ce jeune homme simple, qui est témoin de l'Histoire en train de broyer un monde, pour construire notre République. Mais elle coûte cher, cette liberté.
Quand le narrateur rencontre en 2003 Marlon Brando, star déchue sur les hauteurs de Hollywood, il découvre un ogre paranoïaque qui regarde en boucle ses anciens films. Epuisé et ruiné par les pensions de ses divorces, Roi Lear qui aura trop enfanté, dont un fils meurtrier, il n'est plus l'acteur bestial d'Un tramway nommé Désir, le révolté du Bounty qui acheta un atoll à Tahiti, le dictateur paternaliste du Parrain, le crâne monstrueux d'Apocalypse Now, mais un survivant qui attend la mort et cherche la force de l'apprivoiser. A travers un fascinant et joueur face-à-face, le narrateur sera son guide, puis son exécuteur.
Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.« Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : "inconnu". Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les "terroristes", interrogé. Puis ce sera l?engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l?en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j?irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l?inventerai. Pour qu?il revive. » J.-L.C.Le grand livre que Jean-Luc Coatalem portait en lui.Notes Biographiques : Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint à Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001, prix des Deux-Magots), Le Gouverneur d?Antipodia (Le Dilettante, 2012, prix Nimier), Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013), et, chez Stock, Fortune de mer (2015) et Mes pas vont ailleurs (2017, prix Femina Essai).
Résumé : C'est à un mystère que s'attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l'étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s'engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants ? dont le père de l'auteur?, qui s'évade d'Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été "mouillé" dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s'appeler "L'homme sans visage", tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui. Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l'alchimie de cette "banalité du bien" ?
Résumé : Le XXe siècle fut aussi celui du communisme : son irruption violente, les espoirs immenses qu'il suscita sur tous les continents, son apogée et sa trahison dans le stalinisme, enfin sa chute. Au-delà des querelles portant sur l'ampleur de ses méfaits ou le nombre de ses victimes, l'illusion qui en serait le fondement ou le mensonge qui en aurait permis la survie, Alexandre Adler en retrace l'histoire mondiale. Loin de toute orthodoxie, il offre une lecture originale d'un séisme politique dont on chercherait aujourd'hui en vain l'équivalent.
Polanyi Karl ; Malamoud Catherine ; Angeno Maurice
La "Grande Transformation", Polanyi le montre, c'est ce qui est arrivé au monde à travers la grande crise économique et politique des années 1930-1945: la mort du libéralisme économique. Apparu un siècle plus tôt avec la révolution industrielle, ce libéralisme était une puissante innovation du monde occidental, un cas unique dans l'histoire de l'humanité: jusque-là élément secondaire de la vie économique, le marché s'était rendu indépendant des autres fonctions et posé en élément autorégulateur. L'innovation consistait essentiellement en un mode de pensée. Pour la première fois, on se représentait une sorte particulière de phénomènes sociaux, les phénomènes économiques, comme séparés et constituant à eux seuls un système distinct auquel tout le reste du social - à commencer par la terre, le travail et l'argent - devait être soumis. On avait désocialisé l'économie; la grande crise des années trente imposa au monde une resocialisation de l'économie. Cette analyse du marché comme institution non naturelle suscite désormais un véritable regain d'intérêt dans un monde globalisé où le néolibéralisme est à son tour entré dans une crise dont on attend qu'il en résulte une nouvelle "grande transformation".
Résumé : Faut-il ranger le Manifeste du parti communiste parmi les documents qui jettent un regard éclairant sur le passé, et rien de plus ? Dans un paradoxe proprement dialectique, même les impasses et les échecs du communisme du XXe siècle, clairement fondés sur les limites du Manifeste, témoignent de l'actualité de ce texte : la solution marxiste classique a échoué, mais le problème demeure. Le communisme, aujourd'hui, n'est pas le nom d'une solution mais celui d'un problème, celui des communs dans toutes leurs dimensions : les communs de la nature, menacés par la pollution et l'exploitation ; les communs biogénétiques - le transhumanisme devient une perspective réaliste ; nos communs culturels, au premier rang desquels le langage, nos outils de communication et d'éducation, mais aussi les infrastructures et, last but not least, les communs comme espace universel de l'humanité, un espace dont personne ne devrait être exclu.
Résumé : Le problème, c'est l'obéissance. Ce monde va de travers, à tel point que lui désobéir devrait être une urgence partagée et brillante : d'où vient donc notre docilité ? Conformisme social, soumission économique, respect des autorités, consentement républicain ? Pour Frédéric Gros, c'est en repérant les styles d'obéissance qu'on se donne les moyens d'inventer de nouvelles formes de désobéissance. Sous sa plume, la pensée philosophique, en même temps qu'elle nous enjoint de ne jamais céder aux évidences, nous fait retrouver le sens de la responsabilité politique. A l'heure où les décisions des experts se présentent comme le résultat de statistiques glacées et de calculs anonymes, désobéir devient une affirmation d'humanité.