Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Ruodlieb, conte latin du XIe siècle. Un ancêtre du conte du Graal
Thomas Joël ; Walter Philippe
UGA EDITIONS
24,50 €
Épuisé
EAN :9782377474325
Voici l'histoire de Ruodlieb, un jeune homme noble, fougueux et doué, qui rêve d'aventures et de découvertes. Un jour, ce fils d'une veuve quitte sa mère et découvre la vie. Il se met au service d'un grand roi pendant une dizaine d'années. Pour récompenser son mérite et son dévouement, ce roi lui fait cadeau de douze conseils qui l'aideront à maîtriser son destin et même à découvrir son nom ! Mais, ne serait-ce pas là l'histoire du Conte du graal de Chrétien de Troyes ? Assurément, puisque les deux oeuvres sont construites sur le même modèle de récit portant le numéro 910B dans la classification internationale des contes ("L'observance des conseils du maître "). Antérieur d'un siècle au premier récit du graal, Ruodlieb fut écrit en latin vers 1070 par un moine bavarois tout en humour et malice. Avant l'apparition des premiers romans courtois (en France et en Allemagne), un univers fictif inédit surgit sous nos yeux, à la lisière des contes de fées, mais d'un réalisme étrangement prémonitoire déjà teinté d'esprit chevaleresque. Loin des oeuvres pieuses, bibliques ou imitées de l'Antiquité, on y voit affleurer le récit d'aventures en vers du mi siècle. Cette première traduction française (avec le texte latin en regard) est replacée dans une perspective d'histoire culturelle européenne : son analyse souligne des analogies saisissantes avec le Conte du graal, qu'on ne peut plus relire de la même façon après avoir lu Ruodlieb !
Présentation de l'éditeur Relisons ici Virgile et Ovide : l'Énéide comme épopée initiatique des origines de Rome, et le poème mythologique des Métamorphoses. Au-delà de l homme romain, Virgile et Ovide y parlent à chacun de nous : la mythologie est la terre natale de toutes les formes symboliques. Par delà vingt-deux siècles, nous nous sentons dans une fraternité avec les peurs, les joies et les désirs qui s y expriment. Énée, confronté à l incertitude du risque et à la certitude de l amour, est l archétype de chacun de nous essayant de construire son espace personnel. En tant qu homo viator, il est à la fois guerrier, passeur et exilé ; et comme héros fondateur, il met en ordre le monde, à mesure qu il progresse dans l organisation de sa psyché. Comme le dit Paul Veyne dans sa préface à ce livre, nous y trouvons la « vérité profonde » de ces « structures privilégiées de l imaginaire humain ».Au-delà de ces fulgurances, c est cet écho que Joël Thomas essaie de repérer plus généralement dans l imaginaire des Latins, aussi bien pendant la période augustéenne que dans ses influences, en particulier dans la construction de l Europe. Car, dans une forme de feed back, l Énéide est à la fois la matrice et le reflet de la romanité ; et le phare de la romanité ne s est pas éteint avec ses formes matérielles. L Énéide inspirant La Divine Comédie, ou relue par la Créüside de Magda Szabo, Ovide revisité par David Malouf, ou Catulle modèle possible pour Le Bateau Ivre de Rimbaud : même lorsque ses formes transitoires ne sont plus, Roma Aeterna demeure, et « ce qui demeure, les poètes le fondent » (R.-M. Rilke).
Achille, Enée, Ulysse continuent à nous parler ; les bandes dessinées, les films, les séries télévisées l'attestent. Pourquoi les mythes résistent-ils au temps qui passe, comme une nappe profonde qui continue d'irriguer notre imaginaire, par-delà les strates des périodes historiques ? Tout récemment, les avancées des neurosciences ont permis de constater que voir et imaginer activent les mêmes zones de notre cerveau. A travers ses récits, le mythe peut alors se définir comme une mise en miroir des dynamismes organisateurs de l'imaginaire humain : quand nous imaginons les héros grecs et romains, c'est nous-mêmes qui nous mettons en jeu. Ce livre suit cette genèse et cette élaboration à travers les figures et les aventures héroïques, avant d'élargir notre propos vers l'esquisse d'une grammaire universelle des mythes. Comprendre le mythe, c'est le faire sien, et guérir.
Louis LLiboutry est considéré comme le père de la glaciologie moderne. Ce livre met en valeur une grande figure scientifique locale et une histoire scientifique en prise avec l'actualité. En appliquant les outils de la physique aux processus glaciaires, il a fortement contribué à faire passer la glaciologie d'une discipline naturaliste à une science quantitative, branche de la géophysique. Sa rigueur alliée à une grande intuition scientifique en font un précurseur dans les nombreux domaines dans lesquels il a brillé. A Grenoble, en 1956, la tâche est immense. La seule possibilité locale de recherche pour Lliboutry était la glaciologie, au carrefour de nombreuses disciplines : topographie, exploration géophysique, météorologie, métallurgie physique, hydrologie, etc. Mais fort de son expérience en Amérique du Sud, il lutte sur tous les fronts : monter au fil des ans un atelier de mécanique ainsi qu'une bibliothèque spécialisée, la glaciologie avait en effet à créer ses instruments propres, en particulier ceux de forage et de carottage; écrire de nouvelles publications ; chercher à regrouper les quelques glaciologues français; créer une filière d'enseignement de la géophysique à Grenoble en 2e et 3e cycle et obtenir des locaux indispensables au fonctionnement de cette toute nouvelle et restreinte équipe d'ingénieurs et de techniciens "aux mains d'or qui faisaient des moutons à cinq pattes pour résoudre des problèmes de forage". Pionnier de l'exploration scientifique des glaciers des Alpes et des Andes à partir des années cinquante, son héritage - qui permettra notamment de développer l'exploration polaire en Antarctique avec Claude Lorius - n'est toutefois pas assez reconnu en France. Ce livre est bien positionné (comité scientifique, adossement au laboratoire de glaciologie de Grenoble (IGE)) et revêt en outre une forte dimension internationale, qui correspond à des liens déjà existants dans le domaine de la recherche. Il propose un choix de textes et de documents photographiques inédits, mettant en valeur, à la fois l'oeuvre essentielle et le rôle que Louis Lliboutry a joué dans l'essor et le développement d'une science toute jeune et désormais cruciale. Il ne s'agit pas d'une simple biographie encore moins d'une hagiographie mais d'un portrait inédit de l'homme, de l'explorateur et du vrai savant, dont l'oeuvre scientifique se rapporte à la glaciologie et à la géophysique de l'environnement. Il est considéré comme le pionnier du développement de la géophysique de l'environnement en France.
Les débats contemporains sur les classifications psychiatriques illustrent la complexité des troubles mentaux. Ces tensions ne sont pas seulement cliniques mais relèvent de défis théoriques, méthodologiques et épistémologiques. L'un de ces débats concerne la tendance à s'éloigner des catégories diagnostiques conventionnelles. L'attention se porte alors sur les symptômes individuels et leurs interactions. Une telle interaction entre des symptômes s'aligne sur l'intuition du praticien à qui apparaît un ensemble de manifestations cliniques : il perçoit en effet un réseau de problèmes qui s'influencent mutuellement. Les réseaux de symptômes discutent cette intuition clinique au prisme de la philosophie de la psychiatrie et de la modélisation. Cette introduction aux réseaux de symptômes est destinée à un public de cliniciens et de chercheurs en psychologie et en psychiatrie non spécialistes, mais intéressés par les nouvelles classifications, les approches émergentes, la modélisation, les apports de la science des réseaux et la philosophie de la psychiatrie.
Derrière le pourcentage élevé de bacheliers au sein d'une génération qui marque les progrès de l'instruction en France, se cachent des différences notoires résultant des mécanismes d'orientation et d'exclusion scolaires. Certains élèves qui ne sont pas jugés aptes à suivre la voie générale au lycée et qui sont donc évalués par rapport à une norme représentée en partie par les programmes de la classe de 3e sont inscrits dans les voies technologique et professionnelle, d'autres, les décrocheurs, ne sont déjà plus au rendez-vous, ils ont quitté l'école, découragés, lassés de la scolarité. Cet ouvrage s'intéresse à ces élèves différents et décrit, pour mieux les comprendre, les mécanismes d'exclusion scolaire et d'orientation par l'échec liés à la maitrise de la langue écrite. L'exclusion, explicite ou implicite, et la notion d'écart à la norme sont les deux volets centraux du questionnement. Les études présentées dans cet ouvrage concernent des lycéens soit orientés vers les filières technologique et professionnelle, soit en reprise d'études après un décrochage scolaire. Le point commun de ces élèves (exception faite du groupe témoin des élèves de troisième) est d'être, soit en situation d'orientation non choisie, soit en situation de difficulté scolaire, soit enfin en situation de raccrochage scolaire après une période de décrochage. Pour mieux comprendre les liens entre compétence scripturale et orientation, les auteures ont choisi d'opérer une comparaison entre des élèves issus de ces filières et des élèves de classe de 3e, non encore orientés vers telle ou telle filière. Cette caractérisation par la différence est une voie utile à une didactique de l'écriture appropriée, en classe de français comme dans les autres disciplines scolaires. Elle permet également d'aller plus avant dans la recherche de pistes didactiques applicables dans des situations individualisées destinées à des élèves en difficulté. L'ouvrage est organisé selon une triple perspective. La première partie est descriptive et elle donne à connaitre la population de ces lycéens "pas comme les autres" , leur quotidien en classe, leurs compétences, ce qu'en disent les recherches. La seconde porte sur ce qu'ils disent de l'écriture scolaire, sur ce qu'ils en pensent et en font. Leurs propos sont comparés à ceux d'élèves d'une classe de 3e hétérogène. La troisième partie présente des études de cas d'élèves décrocheurs en situation de raccrochage et porte sur leurs stratégies de réappropriation des apprentissages. Ces trois approches ont chacune pour but de donner à connaitre ces élèves dans leur relation avec l'écriture et ses pratiques dans le cadre de leur scolarité, ce qu'ils savent faire, et non plus seulement ce qu'ils ne savent pas faire, ce qu'ils pensent de l'école et des activités d'écriture qui leur sont proposées, ce qu'ils en attendent. Il s'agit donc de dépasser les classiques évaluations qui pointent leurs lacunes, par comparaison avec les performances d'élèves qui suivent un cursus général. Il s'agit aussi, par la multiplication des approches, de tenter non seulement de saisir la complexité du rapport à l'écriture, mais aussi, et notamment avec les études de cas d'élèves décrocheurs en reprise d'études, de mettre sur la voie d'approches didactiques adaptées à la réalité de la relation des jeunes en prise avec les exigences scolaires en matière d'écrit.
D'où viennent les ZAD (zones à défendre) ? Qu'est-ce que l'"autonomie politique" comme régime d'action ? En donnant à lire l'autonomie politique dans son contexte actuel puis s'appuyant sur une enquête menée en grande partie sur la ZAD Notre-Dame-Des-Landes, cet ouvrage analyse des occupations territoriales associant stratégie défensive et déploiement de formes de vie totales. Se plaçant en dehors du système marchand et capitaliste, l'autonomie politique défend jusque dans ses alliances les plus récentes avec l'écologie, l'idée que des formes politiques et sociales émergentes sont irréductibles et doivent résister à toute tentative de formalisation (notamment par la sociologie) ou d'institutionnalisation. L'étude menée par Sylvaine Bulle restitue l'épaisseur d'un monde, celui des ZAD, qui par sa nouveauté et sa radicale différence, échappe au regard de la sociologie classique et en questionne la posture. L'enquête permet d'identifier la diversité au sein des groupes autonomes et affinitaires, mais également les fondements normatifs, économiques d'un projet incarné spatialement et dont les grammaires sont structurées autour de principes : la non domination, la solidarité ainsi que le refus de toute extériorité renvoyant à l'Etat. Sylvaine Bulle tente une incursion dans ce que certains ont appelé la "zone du dehors", auprès d'acteurs qui bousculent l'ordre social jusqu'à la démarche sociologique même.