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Pages de journal. 1939-1944
Thomas Edith
VIVIANE HAMY
25,50 €
Épuisé
EAN :9782878580631
Une rebelle raconte l'Occupation, sa rupture avec le PC : c'est Edith Thomas (1909-1970). Deux livres, Pages de Journal, 1939-1944, Le Témoin compromis : inédits et saccageurs. " Le Canard enchaîné " 4 octobre [1940] Les premières mesures contre les Juifs : le recensement. J'en pleurerais. J'en pleurais presque cet après-midi chez le dentiste qui m'en parlait - avec indignation : "Comment est-ce possible, chez nous, en France ? " J'ai l'impression que toutes ces mesures soulèvent de dégoût même les plus réactionnaires. Peut-être y aura-t-il quelque chose à faire un jour contre tout cela. Quand même. Vivre pour cela. Et c'est tout. " Edith Thomas (1909-1970) fut un des acteurs déterminants de la résistance intellectuelle durant l'Occupation. Cheville ouvrière des Lettres françaises, elle publie ses Contes d'Auxois aux Editions de Minuit clandestines et trois de ses poèmes paraissent sous le nom d'Anne dans l'anthologie L'Honneur des Poètes. Sa rigueur, sa lucidité prémonitoire, sa formation d'historienne (issue de l'Ecole des Chartes, elle fut conservateur aux Archives nationales jusqu'à la fin de sa vie), font de son Journal et du Journal intime de Monsieur Célestin Costedet (régal de méchanceté vengeresse) - qu'elle tint d'octobre 1940 à mai 1941 et que nous publions en seconde partie de cet ouvrage -, des témoignages de tout premier ordre. Les deux, écrits au jour le jour, dépendent des mêmes contingences temporelles et leur lecture simultanée se révèle passionnante et riche d'enseignements.
Un matin de février, Daniel Lejeune, qui se rend à son travail, se penche vers un homme au volant d'une voiture qui semble vouloir lui demander son chemin. Il sera enlevé, enfermé, interrogé, humilié, battu. Il ne saura jamais pourquoi. Le lecteur n'en saura pas plus. L'enfermement durera un an. Un an de monologue, un an d'angoisse, un an d'espoir, un an d'attente, de rage, de reniement et d'orgueil. Puis Daniel Lejeune sera rendu à la liberté. Sans savoir pourquoi. Et le lecteur n'en saura pas plus. Daniel Lejeune retrouvera sa famille, le clan. Mais Daniel Lejeune n'existe plus. Ils se sont habitués à vivre sans lui. Lui et sa disparition incompréhensible, lui et son incapacité à se réintroduire dans leurs habitudes et dans leurs quotidien les gênent, les troublent, les mettent mal à l'aise. Lui et sa solitude refuseront de s'adapter ou de se réadapter. Il s'enfermera. Il coupera les ponts. Puis il retournera dans sa boîte. Son seul lieu de liberté. Le roman est impitoyable. Le lecteur est en permanence renvoyé à sa solitude fondamentale, à ses faiblesses, à ses lâchetés, à ses désirs fous, à la mort inéluctable qui l'attend. Mais il est aussi beau que ce « champ de tulipes éclatantes ployant sous le vent » dont il est question dans l'extrait cité. Le poli des mots, la retenue en même temps que la violence de chaque phrase fait penser à un tableau de Van Gogh. La Fosse vient à point nommé donner tout son sens à la critique enthousiaste d'Hugo Marsan parue dans le numéro de septembre de Page (librairie Clé) consacré à « La relève »: « Ce qui domine chez Armande Gobry-Valle, c'est sans aucun doute la jubilation de raconter, le besoin viscéral d'une reconquête de la destinée humaine par les mots. Une exploration du dénuement qui, paradoxalement, se transforme en richesse grâce à l'ampleur sensuelle de la phrase, comme si, contre la solitude et l'impossible recours à l'autre, la littérature était l'acte suprême de fusion et d'amour. »
Honni par les héritiers des Versaillais, qu'il a bafoués, rejeté par les descendants de la Commune, qu'il a abandonnée, Rossel n'appartient à personne. Et c'est là sa grandeur. Confronté à toutes les contradictions de son temps, qui n'est pas si différent du nôtre, le délégué à la guerre de la Commune fut à la fois un témoin engagé, et l'un de ces hommes intransigeants qui tentent de mettre en accord leur action et leur pensée, et ne se réfèrent jamais qu'aux impératifs de leur propre conscience. D'où le caractère en apparence contradictoire de ces démarches et la fidélité profonde à ses options fondamentales : Rossel ou la conscience libre qui ne relève que d'elle-même. A partir de documents souvent inédits, Edith Thomas, avec la rigueur et la patience du chartiste, mais aussi la chaleur du romancier et l'expérience personnelle de problèmes comparables, a retracé pas à pas la complexité de ce personnage exemplaire, à la fois pur et ambigu, qui gagne à sortir de la légende pour rentrer dans l'histoire.
Résumé : Tuân a quarante ans. Malgré le froid de l'hiver, il se promène dans la forêt de Chantilly avec l'espoir d'assister à la floraison des premières jonquilles. Lentement, il se laisse envahir par les souvenirs enfouis de son enfance indochinoise... S'il reste persuadé d'avoir été " presque parfaitement heureux jusque l'âge de douze ans ", Tuân a cependant été très tôt confronté au mystère effroyable de la mort. Ses parents sont tués une nuit par des voleurs, qui ont eux-mêmes été jugés et sauvagement pendus en présence de l'enfant de sept ans. Recueilli par son grand-père qu'il adore, le petit garçon va développer un goût pour la poésie et un amour immodéré pour la langue française : " En classe, les leçons étaient données en qu?c ng? et en français. " Mais l'aïeul, lui aussi, décède. Il est alors recueilli par l'une de ses tantes, Cô Anh. Et en 1954, il assistera, impuissant, au départ de sa tante et de ses enfants ? notamment Tiên, sa jeune cousine tant aimée ?, contraints de suivre leur mari et père, qui a décidé de rejoindre l'armée populaire. Si l'emploi de la langue des " colonisateurs " fait de lui, aux yeux de son oncle, un " traître à la patrie ", ils signent aussi sûrement son destin : son amour de la langue française et de la poésie de Gérard de Nerval sera son viatique, son talisman. Elle le soutiendra, elle sera son refuge, au coeur des pires atrocités qu'il vivra et rencontrera en traversant son pays déchiré par la guerre, puis par la partition d'un Viêt Nam exsangue. Hoai Huong Nguyen nous fait les témoins de la renaissance lumineuse de Tuân, grâce à la force éphémère des fleurs, les résonnances d'une langue avec ce qu'il y a de plus intime chez l'être humain, la vertu de la poésie, même la plus sombre. Avec une perpétuelle oscillation entre le passé et le présent, évoquant l'enfance comme les pires horreurs de la guerre, serti de haïkus, Sous le ciel qui brûle, qui convoque les plus subtils parfums du Viêt Nam, est une ode bouleversante à la langue française et à la puissance vitale et régénératrice des mots.
Au cours de ces vacances, ils souffrirent ensemble, mûrirent ensemble. Ils pleurèrent beaucoup sur eux-mêmes à Delphes et à Olympie. Ils firent aussi ce qu'on fait en Grèce, c'est-à-dire boire du Retsina, nager dans les criques, adopter un chaton sur l'Acropole, rire et faire l'amour (à l'insatisfaction générale). Quand ils revinrent à Paris, Patrick embrassa une existence homosexuelle dont il ne lui cacha pas grand-chose. Elle écoutait bouche bée, ne comprenait rien, lui pardonnait tout. Ils étaient liés par leur échec au-delà de ce qu'ils pouvaient croire. Ayant renoncé l'un à l'autre avec force sanglots, ils n'envisageaient pas de se passer l'un de l'autre. Croyant qu'ils ne s'aimaient plus, ils s'adoraient et se consacraient le meilleur d'eux-mêmes. Est-ce qu'ils y gagnèrent ? Est-ce qu'ils y perdirent ? Qui peut le dire ? Avant qu'elle ne retombe amoureuse de quelqu'un, il allait s'écouler dix ans. Et ce quelqu'un, ce serait moi, ecce homo". Ce roman, paru pour la première fois en 1996, est d'une incroyable modernité. Il aborde de front les questions qui agitent notre société : les évolutions de la famille traditionnelle, la place du père ou du géniteur au sein de celle-ci et le désir d'enfanter coûte que coûte ressenti par certaines femmes. Le lecteur, devenu voyeur sans compassion, se met à l'affût des rapports triangulaires qu'entretiennent les antihéros de cette histoire. "C'est superbement écrit. Cynique, lapidaire, inattendu. Un de ces romans qui procurent un vrai bonheur de lecture". Marie France
Yoram Leker est l'un des descendants du "train Kasztner" . Rezso Kasztner, pour certains, c'est l'homme qui a vendu son âme au diable. Pour d'autres, c'est un héros : ils ne lui doivent rien de moins que la vie. L'Ame au diable prend comme fil rouge l'affaire Kasztner, du nom de celui qui parvient à sauver 1684 juifs quand les déportations commencèrent en 1944 en Hongrie et qui fut condamné plus tard en Israël pour l'avoir fait. Avec humour et truculence, le narrateur déroule une saga familiale foisonnante sur plusieurs générations. Qu'il s'agisse de sa mère, l'exubérante Csillu, rescapée de Bergen-Belsen, ou de Tamàs, le cousin "à la mode de Kolozsvar" , éternel optimiste devant l'inéluctable, les personnages de Yoram Leker symbolisent la vie dans toute ce qu'elle a de tragique et de merveilleux, à la manière des grands contes yiddish.
Résumé : "An Linh n'existe pas. On ne peut arpenter ses rizières, parcourir ses collines, sentir sa brise à l'aube et se recueillir dans ses cimetières face à l'océan. Rien de ce qui suit n'est réel. La correspondance que vous allez lire aurait pu se tenir il y a deux cents ans. Endormis depuis de longues années, Isey, Thanh et leurs compagnons. se réveillent. L'un après l'autre, ils se lèvent pour entrer sur une scène imaginaire encore plongée dans la nuit. Ils s'apprêtent, revêtent des tuniques colorées, soulignent leur regard d'un trait de khôl, prennent une plume et des feuilles de papier pour jouer leur partie. Le paysage s'éclaire : ils vont ouvrir le bal... Puisse le Ciel donner vie à leurs lettres, clarté à leurs voix ? et leur accorder la grâce de vous rencontrer."