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Azev ou Le tsar de la nuit. Pièce en deux actes, [Nantes, Maison de la Culture de Loire-Atlantique,
Thomas Bernard
GRASSET
17,85 €
Épuisé
EAN :9782246519515
Sur la Perspective Nevski, les Possédés se tiennent embusqués. Dans la pénombre, Rogogine, glacé d'épouvante, s'affronte au meurtre, par ascèse. Les bas-fonds grouillent de gueules crevassées en quête d'un peu de soupe. A chaque coin de rue, des bombes explosent, portées par des mystiques qui assassinent par amour de l'humanité. Le docteur Tchekhov pressent la clef du labyrinthe au fond de la Cerisaie qui se délabre. Dans un recoin opaque, Evno Azev : le plus sanglant des terroristes. Ses attentats abattent ministres, gouverneurs, grands-ducs et menacent jusqu'au tsar. Il est lui-même une sorte de tsar de la nuit. Son lieutenant, Boris Souvarski, ne jure que par lui. La jeune et ravissante comtesse Sophie vient se prendre au piège de leur univers de meurtres et de passion. Cependant, les militants tombent par dizaines : il y a un traître parmi eux. Comment peut-on imaginer l'inimaginable : que le même homme soit à la fois le tueur le plus féroce et l'espion le plus retors de la police secrète ? Une pelure d'illusion, une pelure de réalité : ainsi se pèle, selon Azev, l'Histoire. Mais qu'y a-t-il au fond, tout au fond ? Azev a vraiment existé. Boris, que Cendrars appelait "mon ami l'assassin" et qui fascina Churchill, fut vraiment son bras droit.
Il suffit de quelques secondes pour glisser à douze ans sous un RER. Il faut le reste de sa vie pour expier le malheur. Yann a refusé. De sa révolte, à l'hôpital Necker, après deux amputations, trois arrêts cardiaques, assez d'opérations pour se voir inscrit au Livre Guinness des records, il s'est accroché à la reconquête de son corps en morceaux. Sur une jambe, fort du miracle d'être en vie, il a bondi après cette renaissance. Son frère aîné qui a assisté à l'accident, sa mère qui l'a veillé jour et nuit, son père dont l'existence ne sera plus la même, la compagne de celui-ci, qui sut soigner son âme et ses chairs meurtries, tous l'ont accompagné comme ils pouvaient. Ce fut une longue et périlleuse navigation au propre comme au figuré entre les récifs de ce bout du monde qui devient le bout des mondes. Une étrange océanothérapie parmi des êtres familiers des tempêtes. L'enfant amputé en sortira avec son brevet de vie. Revenu de la mort, il est le pionnier d'un monde nouveau. Chaque jour il est prêt à forcer la porte d'un nouveau destin. Si vous êtes en panne d'espoir, passez une heure avec lui. Il n'en a pas fini avec les défis. Biographie de l'auteur Journaliste au Canard enchaîné, écrivain (La Croisade des enfants, Le Champ de la butte noire...), Bernard Thomas nous offre avec Le Voyage de Yann un récit poignant et plein de pudeur: le combat d'un fils et d'un père pour la vie, une très belle leçon d'amour et de courage.
Les grands principes de l'anarchie (du grec anarkhia, absence de commandement) reposent sur le refus de l'autorité de l'Etat, prônent la liberté absolue et l'initiative individuelle, la spontanéité ainsi que la solidarité. Telle qu'on la connaît, l'anarchie s'est formée au XIXe siècle. "De Proudhon à Louis Lecoin, nous dit Bernard Thomas, l'anarchie a ses penseurs, ses martyrs - Sacco et Vanzetti - ses marginaux, ses propagandistes. De la Ire Internationale et de la Fédération jurasienne à la guerre d'Espagne jusqu'à certains épisodes mal connus de l'indépendance algérienne, elle a tout un passé d'expériences, d'essais, de tentatives, de réussites, d'échecs et de réflexions". Dans ce petit recueil de citations choisies, l'auteur nous invite à découvrir l'univers et l'idéologie des hommes en noir et rouge. Plutôt que d'en raconter l'histoire, il s'est efforcé "de mettre en valeur les bases mêmes de l'anarchie, ses idées maîtresses", en donnant une part privilégiée à certains comme Proudhon et Bakounine, mais aussi Kropotkine et Stirner. A l'heure où l'on entend le plus souvent parler d'ordre, de devoirs, de lois, d'ultralibéralisme ou de social-démocratie, il est intéressant de se rappeler cette philosophie aux courants multiples, importante dans les mouvements sociaux qui ont permis l'acquisition de droits considérés aujourd'hui comme faisant partie de notre quotidien.
Résumé : Disons le tout net, ce livre est tout à la fois passionnant et bouleversant. Passionnant, parce que May Picqueray (1898-1983) n'aura Loupé aucun des grands rendez-vous de l'histoire de 1920 à sa mort. Dès 1921, en effet, elle envoie un colis piégé (il explosera sans faire de victime) à l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris, pour protester contre la condamnation à la chaise électrique, et malgré leur innocence, de Sacco et Vanzetti. En novembre 1922 elle est mandatée par la Fédération des Métaux de la CGTU au congrès de l'Internationale syndicale rouge à Moscou inaperçue. Car qui monte sur la table pour dénoncer un congrès en train de se goberger pendant que les ouvriers russes crèvent de faim ? Qui ose chanter " Le triomphe de l'anarchie " en fin de repas ? Et, qui refuse de serrer la main au généralissime Trotsky à qui elle est pourtant venu demander la libération des anarchistes ? Ensuite, en 1924, elle est encore là pour faire le coup de poing au meeting de la Grange-aux-Belles lors duquel les bolchos tuèrent deux ouvriers anarchistes par balles. Pendant la guerre, elle fit, bien évidemment des faux papiers et prit mille risques pour... Et puis, mai 1968, le Larzac en 1975, Creys Malville en 1977... Jusqu'au bout ! Bouleversant, parce que rien ne prédisposait une petite bretonne ayant commencé à travailler à 11 ans à rencontrer et à cotoyer des Sébastien Faure, Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berckman, Marius Jacob, Durruti..., et autres personnalités du mouvement anarchiste français et international du XXe siècle. Et tout cela, en se payant le luxe d'une intransigeance de tous les instants, d'un courage à toute épreuve et d'une gentillesse jamais démentie. Au bout du compte, mais on l'aura aisément compris, ce livre d'une " réfractaire " à toutes les injustices comme à toutes les oppressions est de ceux, rares, qui incitent à ne pas désespérer de l'espèce humaine. Mais, jugez en !
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.