Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Beria. Le Janus du Kremlin
Thom Françoise
CERF
45,00 €
Épuisé
EAN :9782204101585
En juillet 1953, au moment de l'annonce officielle de la chute de Lavrenti Beria, alors le tout puissant ministre de l'Intérieur de l'URSS, certains observateurs occidentaux sentirent qu'il y avait un "mystère Beria". Mais nul ne se douta à l'époque des enjeux de l'affrontement mettant aux prises les successeurs de Staline au printemps 1953. Ce travail qui repose sur de nombreux fonds d'archives de Géorgie et des autres républiques de l'URSS, complétées par des archives françaises, allemandes et américaines, ambitionne de montrer la physionomie politique de celui que Staline appelait son "Himmler". Car Beria ne fut pas seulement le bourreau docile de Staline, le maître espion, l'organisateur efficace de la bombe atomique de l'URSS, le prédateur sexuel semant la terreur dans les rues de Moscou. Cet apparatchik exemplaire avait une face cachée. A partir de l'étude de ses réseaux personnels, avant et pendant la guerre, il est possible d'établir que Beria a commencé très tôt à jouer un double jeu. Les témoignages de Caucasiens en contact avec le cercle intime de Beria montrent qu'en 1937 peut-être, en 1942-1943 certainement, Beria envisageait de renverser Staline. Mais l'antagonisme avec Staline n'était pas seulement personnel. Comme le montre son comportement après la mort du dictateur, Beria se rebellait contre le système stalinien - non pour des raisons morales mais parce qu'il ne supportait pas son absurdité. Au printemps 1953 Beria avait un projet cohérent de démontage du système soviétique, n'hésitant pas à remettre en cause le marxisme-léninisme. Il libéra la moitié du Goulag, voulut émanciper les nations de l'URSS, débarrasser l'économie de la tutelle du Parti, désenclaver le territoire de l'URSS, mettre fin à la persécution des croyants. En politique étrangère il voulut imposer un programme de réformes radicales à la RDA pour favoriser la réunification allemande. Toutes ces initiatives alarmèrent ses collègues et provoquèrent sa chute le 26 juin 1953. Comment expliquer le paradoxe de ce personnage qui fit tant pour renforcer le pouvoir d'un homme qu'il haïssait en secret, pour consolider un système dont au fond de lui-même il souhaitait la perte ? Et quelles furent les conséquences du discret travail de sape auquel se livrait Beria dès qu'il en avait la possibilité ? C'est à ces questions que s'efforce de répondre cette longue enquête. L'action souterraine de Beria jette un jour nouveau sur certains épisodes encore obscurs de l'histoire de l'URSS, comme l'aveuglement de Staline au printemps 1941 face au plan Barbarossa, l'engrenage des purges de l'après-guerre, le complot des blouses blanches. A travers le destin singulier de Lavrenti Beria nous revisitons toute une époque, explorant la période encore obscure mais combien passionnante de la fin du règne de Staline et de la première déstalinisation.
Résumé : Parce qu'elle s'étend de l'Est européen à l'océan Pacifique, entre l'extrême- ouest et l'extrême-est de l'" Eurasie ", la Russie est à la croisée des grandes aires géopolitiques mondiales. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise en proie à l'islamisme, dont les contrecoups se répercutent dans le Caucase, en Asie centrale et dans les républiques musulmanes de la Volga. Au nord, l'océan Arctique semble retrouver la valeur géostratégique qui était la sienne pendant la guerre froide. A cette immensité répondent les ambitions du pouvoir russe. Son projet ? Redonner à la Russie un statut de puissance mondiale, en opposition à l'Occident. Expliquer la géopolitique vue de Moscou, montrer son enracinement dans l'histoire, éclairer les implications de ces conceptions et leurs modalités pratiques en analysant l'évolution des politiques russes, tel est l'objectif de cet ouvrage.
Si le développement durable est aujourd'hui au coeur de toutes les préoccupations, ses modalités d'application sont encore loin de faire l'unanimité. II s'agit pourtant d'un enjeu majeur en matière d'urbanisme et d'architecture qui révolutionne notre façon de penser et de vivre la ville. Dans cet ouvrage, quatorze concepteurs livrent leur vision du sujet. Une chose est sûre : c'est ensemble que le défi du développement durable pourra être relevé.
Résumé : Comment définir le régime de Poutine ? S'agit-il d'un autoritarisme camouflé sous des décors démocratiques ? Avons-nous affaire à une forme d'autocratie, dans la continuité de l'histoire russe, ou à une oligarchie mafieuse ? Quelle est l'influence de l'ex-KGB, sur le mode de pensée des hommes du Kremlin et sur leurs méthodes de gouvernement ? Le régime peut-il survivre à son homme fort ? Pourquoi l'opposition donne-t-elle une impression de faiblesse et de division face à un pouvoir dont les échecs sont aujourd'hui flagrants ? Pour répondre à ces questions, l'auteur se penche sur la genèse et l'histoire du poutinisme. Elle souligne la place de la "com" dans ce système mêlant archaïsme et modernité. La politique étrangère de la Russie est analysée à travers les évolutions de sa politique intérieure. Ainsi apparaît le paradoxe de ce pays : l'affirmation d'une "civilisation russe" tournant le dos à l'Occident cache la passion nihiliste qui anime le Kremlin et qui exerce une influence délétère, en Russie et à l'étranger. Françoise Thom, spécialiste de l'URSS et de la Russie postcommuniste, enseigne l'histoire à l'université Paris-Sorbonne. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont Les Fins du communisme (1994), Beria : le Janus du Kremlin (2013) et récemment : Géopolitique de la Russie (avec J. -S. Mongrenier, 2016).
Le Second Empire a mauvaise presse : né d'un coup d'Etat en 1851, il se termine par la débâcle militaire de Sedan en 1870. La période charrie aussi des stéréotypes d'argent facile, de corruption, d'une perpétuelle "fête impériale"... Toutes ces images sont réductrices. Napoléon III, souverain éclairé, a modernisé la France comme personne avant lui, favorisant la création de lignes de chemins de fer et de banques, lançant la transformation de Paris conduite par Haussmann et appuyant le percement du canal de Suez par Lesseps. Empereur soucieux du sort des ouvriers, il autorise le droit de grève en 1864 et tolère les premiers syndicats. Sous son règne, la vie culturelle brille de tous ses feux avec Flaubert, Baudelaire, Courbet, Manet, Carpeaux, Gounod, Offenbach, Nadar... Défenseur des idéaux de 1789 et admirateur de l'oeuvre de son oncle Napoléon Ier, il restaure le suffrage universel et, après une période autoritaire, met peu à peu en place un régime libéral qui permet, à la fin du règne, de réconcilier dans les faits libéralisme et démocratie grâce à l'instauration d'un véritable régime parlementaire. Préoccupé de la grandeur de la France, il rend au pays, après la guerre de Crimée, la première place en Europe, avant d'aider l'Italie à réaliser son unité tout en rattachant à la France Nice et la Savoie. Il ne parvient cependant pas à faire face à la volonté de Bismarck de créer par tous les moyens l'unité allemande, ce qui provoque sa chute. Romantique, séducteur, attachant, Napoléon III vaut, comme le Second Empire, bien mieux que son image, c'est ce que l'auteur démontre ici de manière exhaustive, convaincante, avec brio et loin de toute hagiographie.
Résumé : L'affaire Dreyfus (1894-1906), du nom de cet officier juif alsacien accusé d'espionnage au profit de l'Allemagne, est toujours présente dans nos mémoires. Elle resurgit, au gré de l'actualité, comme une référence historique essentielle. Mais qui était au juste le capitaine Dreyfus ? Y a-t-il eu plusieurs affaires plutôt qu'une ? Le " J'accuse... ! " de Zola en offre-t-il un récit exhaustif ? Et l'écrivain a-t-il été assassiné ? Quels ont été les rôles réels des militaires Picquart et Esterhazy, du politique Clemenceau et de l'écrivain Péguy ? Les dreyfusards sont-ils à l'origine des pétitions ? C'est à ces questions, et à bien d'autres encore, que répond ce livre, tour à tour chronique d'un roman-feuilleton aux multiples rebondissements, plongée dans l'imaginaire de l'Affaire, réflexion sur ses " fake news " et méditation sur son actualité, entre erreurs judiciaires et " nouvel antisémitisme ".
Résumé : Jusqu'à l'été 1914, trois prestigieuses familles tiennent les rênes dans la vieille Europe : les Romanov en Russie, les Habsbourg en Autriche-Hongrie et les Hohenzollern en Allemagne. Les années qui précèdent l'attentat de Sarajevo voient une succession d'évènements dramatiques auxquels les membres de ces familles étroitement apparentées participent tout à tour. Liens de famille et politique se cotoîent et se téléscopent, laissant surgir des figures légendaires au c?ur du cataclysme : le tsar Nicolas et sa femme Alexandra, le Kaiser Guillaume II, François-Joseph, François-Ferdinand, puis Charles le dernier empereur d'Autriche. La révolution russe de 1917 sonne leur glas avant la défaite de 1918 qui les entraîne dans la mort ou dans la débâcle. On retrouvera ici avec bonheur la clarté des explications et la fougue du conteur exceptionnel.
Le second Empire, après avoir eu mauvaise presse, est aujourd'hui réhabilité car on reconnaît, sous les cendres de la défaite de Sedan, la France d'aujourd'hui. Avec Napoléon III, travaillent les équipes qui tracent les lignes de chemin de fer, agrandissent les ports, façonnent les grandes villes actuelles, qu'il s'agisse de Paris, Bordeaux, Marseille, Lyon, Le Havre. Le prix de cette modernisation: l'abandon, qu'on croit définitif, d'un régime libéral, le mépris envers un Parlement ramené au niveau d'un conseil général, la toute-puissance de l'administration, le gonflement des effectifs de la police et de l'armée qui doivent mouler la nouvelle société dans un corset d'acier, les classes populaires rassemblées en lisière des villes et la corruption installée au c?ur de l'Etat! La plume de Pierre Miquel donne à ce bilan contrasté le souffle d'une aventure.