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Suites au désert
Thireau Philippe
TINBAD
15,00 €
Épuisé
EAN :9791096415816
Lili à l'os" nous transporte de Belleville en désert et conte l'histoire de Lili la belle, native de Miliana en Algérie, d'Ahmed son protecteur, pour se terminer dans les bras d'Isabelle Eberhardt morte et enlisée dans les sables du Sahara - l'auteur franchissant l'espace d'un trait pour les rejoindre. Dans l'Ouarsenis farouche, ancien fief d'Ali la Pointe, Robert, jeune héros de Fellaga, fait l'apprentissage de l'amour vrai dans la Voie lactée, celle-là même qui rugit chaque nuit au-dessus du bordj où s'étiole François Augiéras/Antinoüs dans les bras d'un colonel/empereur Hadrien (Le festin du léopard inclus)â, Nout, déesse égyptienne, dans un geste désespérant d'humanité, réunit Robert et le fellaga mort. Musique au coeur avec "Anne au plafond", Anne, un idiot à peine sympathique, reflet adulte de Robert, qui découvre le sexe avec un violoncelle, ou une viole à sept cordes, celle de Monsieur de Sainte Colombe, avant de trépasser au Désert, en Dordogne, près de la ville où François Augiéras rendit l'âme la tête dans la Voie lactée, précisément. Anne au plafond nous mène à la "Joye des Elisés", ce moment suspendu où tout se résout dans la singularité quantique. Joye des Elisées ou la vie sidérée dans le temps de la disparition.
Des animaux et des hommes : Depuis quand défend-on les animaux ? Les animaux sont-ils des hommes comme les autres ? Les bêtes pensent-elles ? De l'exploitation à la libération ? Le corbeau, plus intelligent que les primates ? La vénération du tigre, etc. Telles sont quelques-unes des questions que posera le prochain dossier de "Papiers". Pour comprendre pourquoi nous sommes si cruels avec nos cousins animaux. Egalement au sommaire de ce numéro : La vie sexuelle à Rome et en Grèce. Comment vivaient les hommes et les femmes de l'Antiquité. Ce qui était permis et ce qui était tabou. La place des esclaves. Homosexualité, hétérosexualité, des notions qui n'avaient alors pas de sens, etc. Carl Dreyer, cinéaste de l'espace et du visage. Vampyr (1932), Jour de colère (1943), Ordet (1955) et Gertrud (1964)? Autant de chefs-d'oeuvre qui ont influencé tout le cinéma de la fin du XXe siècle.
Ils regardent la ville qui rougeoie. LE POMPIER. - Regardez la ville ! N'est-ce pas le chaudron décrit par Basile et Odette, le lieu des pertes. Faut-il que nous allions tremper nos cuillères dans cette soupe ? BELETTE. - Oh ! la ville ! Elle est splendide ! Mille feux la réjouissent. Je sens qu'elle monte, qu'elle monte et enlace mes jambes. Emmenez-moi, la savane flambe derrière nous, emmenez-moi. Comment disiez-vous tout à l'heure à propos de la beauté des femmes ? Ah ! oui, je me souviens... Venez, pompier de mon coeur, admirer avec moi la majesté du point de vue. Ils disparaissent dans la ville.
J'ai toujours été frappé par la charge érotique de l'Iliade. La bataille des mots entraîne souvent celle des images de nos joutes amoureuses. Le couple traverse cette guerre des sexes dont on nous parle souvent et que l'écriture met à jour. Elle ouvre le champ où les corps se rencontrent nus dans la scansion, dans le rythme du désir, s'infligeant la blessure de l'attente que vienne à son terme la petite mort. Mêlant les trois temps de la mytholo- gie grecque (Aiôn, Chronos et Kairos), la joute érotique s'arme chair à chair, se fonçant dans la baie l'une l'autre, l'arme étant en même temps l'arme et le bouclier, le Kairos touffu et le sexe d'Aphrodite. G. B.
La civilisation occidentale, héritée des mondes grec et romain, repose sur cette tragédie que représente la figure masculine, arrogante, dévastatrice, guerrière, et la figure de la femme, dans l'attente, le respect, l'abandon du corps. noces à Syracuse, noces, conte philosophique, renverse ce paradigme ; Ulysse laisse la vie à la vie, quitte à abandonner le monde vrai et à rêver sa fin dans l'immortalité.
Je ne suis pas votre homme. Vous êtes beaucoup trop génial pour moi. Vraiment. Voyez Sollers, je vous l'ai dit cent fois ! Sollers aussi est génial. C'est lui votre interlocuteur. Je vous l'assure." C'est par ces mots que Gérard Bourgadier refusa ce manuscrit pour L'Arpenteur en 1995. Sollers ne le publia pas non plus... Plus de 20 ans après, voici enfin publié ce roman que l'auteur présente comme son chef-d'oeuvre, en tout cas une oeuvre propre à le faire rentrer dans la catégorie somme toute assez restreinte des "fous littéraires". Voici un extrait de la lettre de présentation de l'auteur aux éditions Tinbad en 2015 : "Excentrique, étrange, irréel. [...] structuré comme un solo d'Albert Ayler ou Ornette Coleman. Jazz. Il est écrit sur les harmoniques. Vertical, pointé vers le soleil, à la manière d'un nouage indéfini du langage sur lui-même tournant dans une structure en spirale. [...] L'intrigue (le squelette) y est simple : deux jumeaux foetus dans le ventre de leur mère décident de ne pas sortir par la voie naturelle mais par l'oreille de la parturiente (Rabelais, n'est-ce pas...) Avant leur ascension, ils cousent (nous y voici), ils cousent son vagin, crimen amoris (aidés par le lecteur). Ensuite, ils causent. Ils causent littérature, philosophie, théologie... Comilédie s'inscrit dans la ligne tracée par Raymond Roussel, Artaud, Joyce (cher Tinbad le Tailleur), Jarry, Queneau, ou encore Dubuffet, agitateurs de folies littéraires. Il est à lire comme l'urinoir de Duchamp se regardait : comme une entreprise de démolition de la littérature, un éloge du mauvais goût."
En dépit de tous les traitements qui lui ont été administrés par un certain nombre de ceux qui se sont succédé à son chevet dans l'espoir de la sauver, la littérature a succombé à la peste bubonique du roman, c'est-à-dire à la peste bubonique de la littérature, "Je hais les histoires" a dit T.B., l'un des plus violents de ces grands thérapeutes, "Je suis un destructeur d'histoires, je suis le démolisseur d'histoires type, quand je me mets d'écrire, si une anecdote se dessine, si je vois apparaître ne serait-ce que le moindre contour d'une histoire, je tire à vue, je la démolis aussitôt", a-t-il dit, mais nous, même si, tout comme lui, nom nous refusons à succomber à la peste bubonique du roman, T.B. ne pourra pas nous empêcher de raconter toutes les histoires qui nous passent par la tête, pour peu qu'elles s'inscrivent, parmi d'autres matériaux, dans la chronique d'une pensée qui se confond avec une chronique de la vie qui passe, si nous voulons raconter une histoire, T.B. ne nous en empêchera pas, T.B. ne nous fait pas peur, tous ont toujours tremblé devant T.B., tous ont toujours été terrorisés par T.B., et aujourd'hui encore, bien qu'il soit mort, bien qu'il soit complètement mort et complètement enterré, aujourd'hui encore tous demeurent terrorisés par T.B., depuis qu'il est apparu sur la scène littéraire, dès le premier instant, tous ont été frappés d'admiration, tous se sont enamourés de T.B., mais tous ont été en même temps anéantis par T.B., lui qui prétend qu'il est un destructeur d'histoires, un démolisseur d'anecdotes, mais lui qui est bien plus encore un destructeur d'écrivains en herbe et un démolisseur d'écrivains pourtant confirmés... C.H.
Encore une revue ? Une revue littéraire de plus ? Oui. Et, non. "Littérature/Art." Comme la "Revue de cinéma." Trafic, la meilleure dans son genre, Les Cahiers de Tinbad seront une revue de littérature et d'art, point. Nous avons pris acte de l'état des revues littéraires en France aujourd'hui : un mélange pas détonnant du tout d'idéologie, de politique et de dossiers en béton armé autour de grands auteurs du passé, morts en général ? : Aux Grands écrivains Morts, les revues reconnaissantes... : un véritable cimetière pour antiquaires !... Donc : la forme avant tout. L'idéologie, foutre ! La pensée, les idées ? Oui, mais : une pensée qui forme, alors, c'est-à-dire : une forme qui pense. C'est Jacques Sicard qui, avec trois magnifiques variations sur "Tinbad the Tailor", donne le mieux le ton de cette nouvelle revue : expérimentations sur le langage, croisements entre les arts, couture, montage, prélèvements dans le passé réactualisés dans le présent, etc.
Jacques Henric publie son premier livre, Archées, en 1969 dans la collection d'avant-garde littéraire fondée par Philippe Sollers, "Tel Quel", au Seuil. A la fois romancier, essayiste et critique, il a publié vingt-sept livres inclassables à ce jour. Il participe, avec sa femme Catherine Millet, à la fondation de la revue Artpress, dont il est le directeur littéraire depuis plus de quarante ans. Cet essai, qui est le premier à lui être consacré, interroge plus particulièrement l'un des grands thèmes de sa pensée : que peuvent les images ? Au début était-il le Verbe ou l'image ? Pourquoi tant d'iconoclasmes à travers les âges ? De quoi cela est-il le symptôme ? Doit-on adorer les images ou les haïr ? Personne, en France, n'a autant ni mieux creusé ces questions qu'on pourrait presque qualifier de théologiques. Deux chapitres de son essai Le Roman et le sacré, "L'image entraîneuse" - "Le texte vaurien", commençaient de répondre à ces interrogations.