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Etudes rurales N° 179 : D'une illégitimité à l'autre dans la Chine rurale contemporaine. Appropriati
Thireau Isabelle ; Kempinski Eva ; Perenchio Clair
EHESS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782713221507
L'objet de ce numéro est de rendre compte des débats récents qui intéressent la Chine rurale de la deuxième moitié du XXe siècle. Les contributions proposées ici s'appuient sur des données inédites et portent un regard nouveau sur la période dite collectiviste. Elles donnent lieu à une analyse des liens existant entre cette période et la période actuelle, dite de décollectivisation. Une attention particulière est accordée aux mécanismes d'appropriation des terres agricoles qui se sont succédé depuis la réforme agraire de 1950. Ces mécanismes sont observés à la lumière de ce que les différents protagonistes, depuis le gouvernement central jusqu'aux foyers paysans, considèrent comme légitime ou illégitime. Le flou juridique et normatif qui entoure ces procédures d'appropriation facilite les réquisitions illégales et explique l'impuissance des foyers paysans à lutter contre ces pratiques. A l'appui de témoignages et d'archives désormais accessibles, ce recueil montre que le problème actuel que constituent les appropriations arbitraires de biens fonciers collectifs ne peut être compris sans l'étude des règles et dispositifs mis en place pendant les premières décennies du régime communiste. Cet ouvrage fait dialoguer chercheurs chinois, chercheurs américains et chercheurs européens. De ces échanges il ressort que la question du légitime et de l'illégitime, longtemps passée sous silence, doit et peut, enfin, être posée.
La jolie Abricot, rescapée de la virée mortelle du marieur fou, reprend du service et embarque ses chéris dans le monde du cinéma argentique, qui fait de la résistance : évasion, cavalcade entre deux flics, course poursuite à travers la France avec le buste au nez cassé d'Henri Langlois sous le bras... Jean-Luc Godard suit l'affaire de loin. Terminus chez le réalisateur Jean-Pierre Stévenin, pile à la douane franco-suisse de La Cure, dans un drôle de café coupé en deux par la frontière ! Ca fait mal ! ... mais c'est pas fini ! Gabon et Abricot filent vers Lausanne en taillant des croupières à quelques méchants, nuit tombante ; ils ont l'idée, et la réalisent, d'enlever Jean-Luc Godard pour "emmieller" la Cinémathèque française. L'affaire est rondement menée à travers le canton de Vaud et se résout dans le camping le plus déjanté et convivial de la Confédération helvétique. Attention au Walther PP de Gabon, façon pétoire James Bond : il ne fait pas bon se trouver sur son chemin, surtout si on est un nuage.
En Chine, l'action collective est considérée comme une menace pour la stabilité sociale. On s'y rassemble pourtant, au quotidien et de façon régulière, dans des parcs, des lieux de culte ou sur des places pour accomplir ensemble une variété d'activités. L'enquête ethnographique menée dans la ville de Tianjin s'est intéressée à deux rassemblements publics : celui de la place de la Victoire pour la pratique d'exercices physiques ; celui de l'équipe des volontaires pour la protection du patrimoine architectural. Faiblement institutionnalisés et fragiles, ces deux types de rassemblement rendent cependant possibles l'action avec autrui, le partage des inquiétudes et des doutes, la consolidation de critères d'évaluation ou de savoirs pratiques. Dès lors qu'ils sont saisis comme des lieux de mise en forme de la coexistence entre concitoyens, des lieux qui ébranlent les cloisonnements et les hiérarchies officielles, ces rassemblements possèdent une dimension politique et reconfigurent le sens des engagements publics dans la Chine d'aujourd'hui.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.