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Les objets dans l'action. De la maison au laboratoire
Thévenot Laurent ; Dodier Nicolas ; Conein Bernard
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713210082
En quoi les objets méritent-ils la sollicitude dont ils bénéficient aujourd'hui de la part des sciences sociales et des sciences cognitives ? Longtemps, l'analyse sociale et l'analyse psychologique ont été peu disposées à leur concéder les titres qu'elles conféraient à des entités plus distinguées - les personnes, l'esprit, les systèmes symboliques, les structures sociales, la culture, etc. Elles les ont traités sous les catégories de l'instrumentalité, de la contrainte naturelle ou de la symbolisation, sous-estimant ainsi leur potentiel cognitif et pratique. Ces dernières années, la situation s'est modifiée. Le renouvellement des approches de l'action, le développement de la recherche sur la " cognition située ", l'application, par l'anthropologie des sciences, d'un principe de symétrie dans l'étude des associations entre humains et non-humains, l'esquisse d'une pragmatique du jugement... toutes ces démarches contribuent à faire découvrir l'importance du rôle médiateur des objets et invitent à renouveler les catégories de leur analyse. C'est de cette évolution que les auteurs de ce volume ont cherché à rendre compte.
Fondé sur la notion d'acteur et de situation, le concept de régimes d'action veut suivre au plus près les variables de la réalité, contre les présupposés théoriques monolithiques. Nouveaux développements à la pointe de la sociologie contemporaine.
Bibard Laurent ; Thévenet Maurice ; Bourion Christ
Les sciences du danger (Cindyniques) ont montré que la globalisation exige la prise en charge du respect de l'éthique par des systèmes d'alerte et que, pour remplir leur mission, les systèmes d'alerte ont besoin de sentinelles citoyennes pourvoyeuses de retours d'expériences. La cybernétique enseigne et l'évolution récente confirme qu'en leur absence, l'organisation devient très vulnérable. Les retours d'expérience permettent en outre de bénéficier, à titre individuel, d'un apprentissage continu sur " ce qu'il ne faut pas faire ". En raison de l'effet papillon, il n'y a plus d'incivilités mineures : la contravention non réglée, le coulage, l'indemnisation indue, le mensonge, le plagiat, la provocation et autres tricheries de proximité, menacent l'habitabilité de la terre. Le pouvoir de nuire, enchâssé dans les libertés individuelles, devient par conséquent, l'affaire de tous.
Résumé : La participation est au coeur d'un projet de renouvellement de nos façons de vivre ensemble. Promue par certains comme remède à tous les maux, elle est simultanément perçue par d'autres comme un espace de manipulation. Le livre propose de dépasser cette opposition à partir d'enquêtes sur des expériences concrètes : au travail et dans l'arène politique, sous des horizons autogestionnaires ou managériaux, à partir de problèmes mécaniques sur un vélo ou de planification de la mobilité urbaine. Aussi accessibles qu'approfondies, les analyses invitent à sortir des idées reçues et permettent de mieux saisir les potentiels tout autant que les limites de la participation. En examinant attentivement les charges et les conditions requises pour prendre part, le livre décrypte les déceptions et amertumes nées des promesses non tenues de la participation. Celles-là même qui, couplées à un accroissement des inégalités sociales, nourrissent aujourd'hui des populismes réactionnaires et menacent nos démocraties. L'intention de l'auteur est alors de nourrir nos capacités, à la fois analytiques et pratiques, à réaliser ces promesses. Le bonheur lumineux éprouvé à prendre part, les bienfaits politiques qui en dépendent, Julien Charles nous en découvre aussi tout le poids. [...] À quelles conditions et à quel prix pouvons-nous prendre part en exprimant ce qui nous importe et nous affecte, dans le mouvement des communautés auxquelles nous avons part ? écrit Laurent Thévenot dans sa préface.
Résumé : Josh, 16 ans, souffre de crises de migraine depuis son enfance. Son entrée au lycée va le troubler plus qu'il ne s'y attendait. Les migraines, qui l'avaient épargné pendant quelques temps, recommencent à le malmener. Il finit par en comprendre la raison : il a la capacité d'accéder au "flot" de pensées de toutes les personnes qui l'entourent. D'abord seul face à cette révélation, il trouve soutien et conseils auprès d'un internaute mystérieux, qui le contacte directement sur son ordinateur. Avec son ami Axel, petit génie de l'informatique, Josh va tout faire pour découvrir l'identité de son drôle de mentor et l'origine de son don. Une aventure numérique qui le mènera aux Etats-Unis, où il a vécu avec sa mère avant qu'elle meure dans de sombres circonstances il y a huit ans, et où un agent du FBI, Kyle Chester, a cherché en vain à élucider le mystère de cette mort. A une dizaine d'années d'intervalle, l'un et l'autre frôlent le danger pour mener leur propre enquête.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.