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Tenir, caché
Théval Arnaud
DILECTA
10,00 €
Épuisé
EAN :9791090490666
Longtemps je me suis demandé ce que je ne voyais pas. Peut-être me dérobais-je face à mes propres inquiétudes ? Confronté à une organisation incompréhensible, je naviguais dans un quotidien étrange et proche, heurté et indifférent à la fois. J'ai appris, écouté, entendu, regardé les équipes et leurs relations aux patients, en me demandant si celles-ci influençaient leur façon d'être. Je me suis longtemps étonné de l'espace public de l'hôpital et de ses immenses couloirs semblant inoccupés. Du vide qui se remplit d'un coup. Après être resté là longuement, j'ai recherché ce que ion met de côté, ce que l'on ne dit pas. J'ai été frappé par cette détermination de chacun à être précis dans le récit de son rôle et à se situer dans l'ensemble. Il ne faut pas trop s'affirmer comme individu et en même temps être là, bien soi.
Sur les murs d'une des cellules vidée de ses occupants, un tigre bondit sur un papillon. Impossible de saisir le sens de ce dessin. Cependant à entendre les surveillants raconter leur vie derrière les murs, je me demande qui du tigre ou du papillon est le plus représentatif de leur situation ? Tous ont ce même point commun, une même et unique école de formation, l'école nationale de l'administration pénitentiaire, construite à Agen dans les années 2000. Intrigué par l'existence d'une école de la prison, je poursuis cette énigme du tigre et du papillon dans ce coeur caché de l'administration, à la recherche des fondements de ce qui construit notre dispositif carcéral français et de ceux qui le font fonctionner. " Auteur de La Prison et l'Idiot, remarqué par la presse, Arnaud Théval explore dans Le Tigre et le Papillon l'univers carcéral abordé sous un nouvel angle : celui des gardiens de prison. De leur formation à leur affectation, il les accompagne au coeur de leur apprentissage pour devenir surveillants et surveillantes. Son projet emprunte le chemin d'une perception inversée : appréhender la prison à travers l'expérience de ceux qui l'organisent. Les différents moments du projet sont interdépendants et s'alimentent les uns avec les autres : croiser les étapes de la perception de l'univers carcéral et avancer sur le concept politique du déplacement des assignations par l'art, telles sont directions que prend l'ouvrage d'Arnaud Théval. Son immersion entreprend d'accéder aux enjeux depuis l'intérieur, pour y proposer des formes. Il invente, à travers ce long processus de création, un positionnement inédit mettant en jeu l'art, l'institution et ses acteurs. " Le tigre et le papillon, à l'instar d'un dessin photographié sur le mur d'une cellule, est la figure par laquelle je m'interroge sur, qui, du surveillant ou du détenu, incarne le mieux l'insecte fragile ou la force du félin ? "
Cet ouvrage retrace les rencontres humaines au coeur d'une cité populaire à Nantes. Invisibles est, depuis 2007, une oeuvre en perpétuel mouvement dont la démarche documentée se révèle dans l'espace de ce livre d'artiste. Cette oeuvre totale appréhende l'ensemble des interactions ayant permis de faire émerger une création dans le contexte social et urbanistique des quartiers Nord de Nantes. Un processus qui implique, par le verbe et la photographie, des personnes très diverses impliquées dans leurs lieux de vie et de travail. L'oeuvre, qui repose sur la notion de "relation" , s'intéresse à notre rapport aux stéréotypes de représentation et d'appartenance à des groupes sociaux. Elle implique des installations in situ, des multiples, même un jeu vidéo, tout ceci rassemblé dans un livre devenant, lui aussi, un lieu de création.
Quand je suis arrivé, je me suis présenté en précisant que j'étais affecté là. Le premier truc que le surveillant à l'entrée m'a dit, sans même me dire bonjour, c'est : " bienvenue en enfer ".
Figure majeure de la scène artistique française, Xavier Veilhan (né en 1963) vit et travaille à Paris. Son oeuvre est le résultat d'une pratique plurielle, entre sculpture, peinture, environnement, spectacle, vidéo et photographie. Il a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles, en France au musée d'Art moderne de la ville de Paris (1994), au Centre Pompidou (2004) ou encore au château de Versailles (2009) ; mais aussi à l'international : Hong Kong, Séoul, Barcelone, New-York, Londres, Los Angeles, entre autres. En 2017, Xavier Veilhan représente la France à la Biennale de Venise avec un dispositif immersif dans lequel viennent travailler des musiciens du monde entier pendant sept mois. A travers un entretien avec l'artiste, des textes critiques mais aussi une sélection d'essais de différents acteurs du spectacle vivant, de philosophes ou de poètes, l'ouvrage aborde deux pendants de la production de Xavier Veilhan, le film et la performance : deux pratiques à la fois distinctes et complémentaires, qui interrogent à leur manière le lieu et le rapport à l'image. De son premier Film du Japon (2002) à Mutant Stage 8 réalisé en 2017 pour Lafayette Anticipations, Xavier Veilhan conçoit ses films comme une addition d'étapes, de gestes et de faits : un cinéma de situation, sans réelle narration linéaire. A l'instar de ses films, les performances de Xavier Veilhan se lisent en relation directe avec sa pratique formelle. Boucle et Ville nouvelle (2006), deux performances jouées à l'occasion de la cinquième édition de Nuit blanche (Paris), rappellent le lien étroit qui lie l'oeuvre et son contexte. Ailleurs, la performance vient souligner le propos d'une exposition (Performance aérienne, 2012) ou la compléter, comme à Los Angeles (2012), où la Case Study House n°21 sert de pilier à l'élaboration d'une dialectique entre architecture et sculpture. Dans l'ensemble de ses oeuvres filmiques et scéniques, un rôle central est accordé à la musique. Elle y est presque mise en scène, au point de devenir un personnage à part entière.
Azoury Philippe ; Bonaccorsi Robert ; Corréard Sté
Un éclairage de l'oeuvre de F. Pardo, artiste psychédélique essentiel de la contre-culture des années 1960. Son parcours artistique est retracé à partir d'éléments biographiques et de la présentation de ses peintures.
Raoul Hausmann (1886-1971) est l'un des fondateurs du mouvement Dada à Berlin qui, au cours de la première guerre mondiale, a profondément redéfini la forme et les buts de l'art. Il fut un pionnier du collage, du photomontage et de la poésie sonore. Au-delà de son iconoclasme affiché, l'expérience dada a remis en cause les cloisonnements artistiques et la frontière entre l'art et la vie, postulat qui n'a jamais quitté ni Hausmann ni l'art du XXe siècle. En 1933, l'artiste fuit l'Allemagne nazie et, après un périple européen, trouve refuge en Limousin où il demeure jusqu'à son décès. Avec 700 oeuvres et un ensemble d'archives considérable (poèmes, textes théoriques, correspondances, carnets ou encore négatifs photographiques), le fonds Hausmann du musée départemental d'Art contemporain de Rochechouart permet de rendre compte de l'oeuvre ambitieuse de Raoul Hausmann et de l'arrière-plan historique et intellectuel qui l'a nourrie.
Le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria aborde la force de langage de la confiserie et des objets quotidiens. L'oeuvre explore les condensations de l'histoire, la résistance de nos héritages passés. Si le bonbon est un transmetteur universel qui humanise les relations entre les individus, il est ici l'objet moteur qui a le pouvoir de rassembler, de transmettre comme de se souvenir. C'est à travers la confiserie syrienne, que l'installation évoque et partage des souvenirs qui survivent au temps et à l'horreur de la guerre. Elle tisse des temporalités à la fois vraisemblantes et réelles sur fond de traditions partagées. Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd'hui autour de leur héritage vivant dont les souvenirs collectifs et individuels engagent la survie d'un immatériel qu'on ne saurait faire plier, réduire et oublier. Le Louloupti est un véritable petit bonbon qui nous rappelle les Abaib Ghouwar, petits sabots syriens en sucre, le souk d'Al-Hamidiyah et la Booza qui sont aujourd'hui plus que jamais dans la mémoire des Syriens en Jordanie, en France, au Canada, en Italie... Ces confiseries, objets-images et de liens, réparent notre regard et réveillent notre capacité à voir et à mobiliser. Imaginées par Benjamin Loyauté, ces sucreries narratives sont des agents transmetteurs, des actants. Durant plusieurs siècles, les peuples arabes introduisent le sucre dans la pharmacopée. Au XVIe siècle, le sucre était vendu par les apothicaires. Le bonbon avait ses vertus que l'histoire ne lui a pas depuis, reprises. Découverte en Syrie par Max Mallowan en 1937, l'idole aux yeux est une sculpture qui intrigue toujours et dont la fonction n'a jamais été véritablement tranchée. Le Louloupti dessiné à partir de cette archéologie est aussi spéculatif que tangible. En meringue et à la rose de Damas, il aurait aussi la fonction de prolonger le temps et les souvenirs comme de préserver l'avenir... En collectant les mots, les histoires et les "mémoires sucrées" de ses amis syriens sur des cartes postales, l'artiste et designer participe à la protection d'une culture dont la trace forme une armure. L'installation est une expérience "fictio-fonctionnelle" , où les objets-mots ont une force perlocutoire. Benjamin Loyauté utilise pour la première fois le terme design sémantique en 2014. Il définit alors le design comme un langage et développe ses premières installations autour des actes de langage. Il engage depuis une réflexion sur la géopolitique du design, nos sociétés contemporaines et l'ensemble de ses actes conditionnés par la langue, la culture, le temps et l'espace. "Les objets sont comme des mots et mes installations comme des histoires, aussi factuelles que spéculatives elles révèlent nos comportements, affectent nos certitudes et notre perception des choses" . B. L.