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Le tigre et le papillon. L'école de la prison, 2014-2018
Théval Arnaud
DILECTA
20,00 €
Épuisé
EAN :9782373720723
Sur les murs d'une des cellules vidée de ses occupants, un tigre bondit sur un papillon. Impossible de saisir le sens de ce dessin. Cependant à entendre les surveillants raconter leur vie derrière les murs, je me demande qui du tigre ou du papillon est le plus représentatif de leur situation ? Tous ont ce même point commun, une même et unique école de formation, l'école nationale de l'administration pénitentiaire, construite à Agen dans les années 2000. Intrigué par l'existence d'une école de la prison, je poursuis cette énigme du tigre et du papillon dans ce coeur caché de l'administration, à la recherche des fondements de ce qui construit notre dispositif carcéral français et de ceux qui le font fonctionner. " Auteur de La Prison et l'Idiot, remarqué par la presse, Arnaud Théval explore dans Le Tigre et le Papillon l'univers carcéral abordé sous un nouvel angle : celui des gardiens de prison. De leur formation à leur affectation, il les accompagne au coeur de leur apprentissage pour devenir surveillants et surveillantes. Son projet emprunte le chemin d'une perception inversée : appréhender la prison à travers l'expérience de ceux qui l'organisent. Les différents moments du projet sont interdépendants et s'alimentent les uns avec les autres : croiser les étapes de la perception de l'univers carcéral et avancer sur le concept politique du déplacement des assignations par l'art, telles sont directions que prend l'ouvrage d'Arnaud Théval. Son immersion entreprend d'accéder aux enjeux depuis l'intérieur, pour y proposer des formes. Il invente, à travers ce long processus de création, un positionnement inédit mettant en jeu l'art, l'institution et ses acteurs. " Le tigre et le papillon, à l'instar d'un dessin photographié sur le mur d'une cellule, est la figure par laquelle je m'interroge sur, qui, du surveillant ou du détenu, incarne le mieux l'insecte fragile ou la force du félin ? "
Prison lisière Dans cet ouvrage, l'artiste propose une immersion dans la prison de Draguignan qui a ouvert ses portes en 2017, six ans après l'innondation de l'ancienne prison. Destinée exclusivement à des hommes en attente d'un jugement ou déjà condamnés à des peines de moins de deux ans, la toute nouvelle prison, à la lisière d'une forêt, nous ouvre ses portes sous l'oeil et à la plume d'Arnaud Théval. Au fil de son récit nous découvons les différents lieux de l'établissement et ses contacts avec le personnel et les détenus ainsi que leurs interactions entre eux. Ses photos accompagnent son texte et achèvent de plonger le lecteur dans l'univers carcéral.
Longtemps je me suis demandé ce que je ne voyais pas. Peut-être me dérobais-je face à mes propres inquiétudes ? Confronté à une organisation incompréhensible, je naviguais dans un quotidien étrange et proche, heurté et indifférent à la fois. J'ai appris, écouté, entendu, regardé les équipes et leurs relations aux patients, en me demandant si celles-ci influençaient leur façon d'être. Je me suis longtemps étonné de l'espace public de l'hôpital et de ses immenses couloirs semblant inoccupés. Du vide qui se remplit d'un coup. Après être resté là longuement, j'ai recherché ce que ion met de côté, ce que l'on ne dit pas. J'ai été frappé par cette détermination de chacun à être précis dans le récit de son rôle et à se situer dans l'ensemble. Il ne faut pas trop s'affirmer comme individu et en même temps être là, bien soi.
Quand je suis arrivé, je me suis présenté en précisant que j'étais affecté là. Le premier truc que le surveillant à l'entrée m'a dit, sans même me dire bonjour, c'est : " bienvenue en enfer ".
Ryan Bartholomew ; Danto Arthur Coleman ; Martin J
Présentation de l'oeuvre de l'artiste, qui utilise des oeuvres préexistantes qu'il détourne pour dénoncer la consommation dirigée, l'érotisme mercantile ou encore l'américanisation forcée de nos existences.
Préparant l'exposition "Esprit es-tu là ? ", laquelle s'apparente à une tentative de rétrospective augmentée de documents et de sources d'inspiration, je me suis replongé dans des travaux anciens. J'ai alors constaté, à peine surpris, que dès mes premières années d'artiste, avant même ma sortie de l'école des Beaux-Arts, certaines "obsessions" (je ne trouve pas immédiatement d'autre mot) se sont faites jour, qui n'ont cessé d'être présentes". Arnaud Labelle-Rojoux Artiste, essayiste et historien de la performance, Arnaud Labelle-Rojoux est une personnalité atypique formée à l'Ecole des beaux-arts de Paris. Il vit et travaille à Paris et enseigne actuellement à l'Ecole nationale supérieure d'art de la Villa Arson à Nice. Il est représenté par la galerie Loevenbruck à Paris. On notera les expositions suivantes : 2016, Villa Tamaris, Toulon ; 2014, "Tombe la neige" , galerie Loevenbruck, Paris ; 2013, "Le surréalisme et l'objet" , MNAM/CCI Centre Pompidou, Paris ; 2011, "L'oignon fait la sauce" , galerie Loevenbruck, Paris ; 2008, "Ne pas jouer avec des choses mortes" , Centre d'art de la Villa Arson, Nice.
Non sans humour, le travail de Laure Prouvost joue avec le langage et les codes de notre société, en particulier ceux qui guident l'adolescence. L'instabilité de ce passage de l'enfance à l'âge adulte est au coeur de la réflexion qu'a menée l'artiste au musée départemental d'Art contemporain de Rochechouart en 2015. L'exposition "We Will Go Far" révèle son intérêt pour l'exploration, les rêves d'ailleurs, les pistes mystérieuses. Pensée comme un contre-point, l'exposition "A Way to Leak, Lick, Leek" à la Flax Foundation, à Los Angeles, interroge les mêmes dimensions. L'ouvrage se compose comme un carnet de voyages, au sein duquel se rencontrent les thématiques explorées à Rochechouart et Los Angeles. Deux parties, l'une nourrie de l'exposition française, l'autre de l'exposition américaine, sont séparées par une série de photographies, d'installations, de captures de ses films. A rebours du catalogue classique, le propos tente de dessiner une narration, vécue du point de vue de l'adolescence. En lien avec les thématiques explorées par Laure Prouvost, l'oeil se déplace dans l'ouvrage et l'invitation au voyage se retrouve dans des notes manuscrites de Laure Prouvost, insérées çà et là dans les pages. Ce livre révèle la façon dont les films immersifs, les installations, les dessins et les tapisseries de Laure Prouvost, mêlant représentation du désir, onirisme et description fantasmée de la nature, mettent en péril notre relation au langage et à la compréhension à travers l'intrication de narrations complexes et de moments surréalistes qui nourrissent son approche, inhabituelle, des conventions du cinéma et de l'image. Il est enrichi de textes des commissaires, Annabelle Ténèze et Martha Kirszenbaum, ainsi que d'essais de l'écrivaine américaine Joan Didion (inédit en français) et des auteurs français Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah.