Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Politique de Retz
Terray Emmanuel
GALILEE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782718608945
Entre le despotisme de Richelieu et celui de Louis XIV, un intermède de désordre et de liberté: la Fronde, dont le souvenir se dépose bientôt dans un livre majeur: les Mémoires du cardinal de Retz. Que sont les Mémoires? Un récit partial et allègre des événements, une galerie de portraits à l'eau forte, une écriture alerte, une ironie dont l'auteur ne s'excepte pas, et, sous-tendant tout cela, une vision désenchantée de la politique et de l'histoire, où une anthropologie pessimiste à la manière de Pascal se conjugue avec l'éthique cornélienne de la grandeur et de l'héroïsme. Pour Retz, en cela fidèle à l'esprit de son temps qui est celui du baroque, un modèle guide la réflexion: celui du théâtre. La politique et l'histoire sont un spectacle, joué par des acteurs, les Princes, les Grands, devant un public silencieux, dont le jugement sera pourtant décisif, puisqu'il lui appartiendra d'accorder ce qui est recherché: la gloire. Cependant, la politique et l'histoire comme spectacle présentent certaines particularités: la pièce n'a pas d'auteur identifié et sa cohérence est rien moins qu'assurée; les acteurs à la fois mûs et aveuglés par leurs passions, sont à des degrés divers insensés, individuellement et plus encore lorsqu'ils agissent collectivement; l'État, terrain et enjeu de leur confrontation, est affligé d'une contradiction mortelle entre la proclamation du pouvoir absolu du monarque et l'inéluctable reconnaissance de la puissance de fait du peuple; il ne peut survivre qu'en enveloppant cette contradiction d'un mystère impénétrable. Enfin, la politique et l'histoire sont l'empire de la déraison et de l'irréel; à la différence de ce qui se produit dans la nature, il n'y existe aucune proportion définie entre la cause et l'effet, et le hasard y tient une place irréductible; par ailleurs, en politique et en histoire, l'imaginaire l'emporte sur le réel, et la parole compte plus que les actes. Dans un tel univers, l'action est malgré tout posible, parce que s'il n'y a pas de logique du réel, il y a bien en revanche une logique de l'action. Celle-ci suppose, d'une part, la définition d'objectifs situés juste au-delà de la frontière reconnue du possible et, d'autre part, le respect d'une cohérence rigoureuse entre la fin et les moyens. Ainsi deviennent possibles des destinées héroïques qui, pour Retz, relèvent exclusivement d'un jugement esthétique: furent-elles grandes? furent-elles belles?
Avons-nous perdu notre vie ? ", s'interroge Emmanuel Terray. Dans le Troisième Jour du communisme, il se demande quelle foi peut encore nourrir un homme de gauche. Quel héritage revendiquer ? Quelle résurgence espérer ou attendre ? Répondant au discours de la fin des idéologies, critiquant les dérives que celles-ci ont subies, il imagine ici un horizon social et un avenir où ne seraient pas nécessairement mises à l'encan la totalité des valeurs qui, naguère, fondèrent tant d'engagements...
Résumé : Ce livre d'Emmanuel Terray propose quatre portraits de femmes du xixe siècle. Pauline de Beaumont, Aimée de Coigny, Delphine de Girardin et Marie d'Agoult : chacune à sa manière a marqué son époque. Muses, amies ou amantes de grands écrivains ou artistes, elles sont reconnues elles-mêmes pour leurs écrits ou leurs actions. A la fois femmes de coeur et femmes d'esprit, ce sont aussi des caractères trempés. Libres et indépendantes, elles sont résolues à décider de leur destin dans un monde dominé par les hommes. En les peignant avec un talent de portraitiste visiblement fasciné, Emmanuel Terray éclaire l'histoire d'un siècle où les rémanences de l'Ancien Régime se heurtent au tumulte politique et social qui a suivi la Révolution. Chacune d'elles devient ainsi une figure emblématique illustrant la place des femmes dans la société française, leurs combats pour la reconnaissance et simplement pour la liberté de choisir leur existence. Un livre constamment captivant, qui restitue la vie et les idées de personnages hauts en couleurs, où les femmes d'aujourd'hui peuvent reconnaître leurs combats.
Dans la mythologie grecque, Méduse est l'incarnation conjointe de la Mort, de l'Horreur et du Chaos, tels qu'ils font irruption dans la vie des hommes et dans celle des cités. Elle transforme en pierre tous ceux et toutes celles qui ont le malheur de voir son visage. Tout au long de leur histoire, les hommes ont livré bataille à Méduse et les textes ici réunis rappellent quelques-uns de ces combats. On a parfois tenté d'éliminer Méduse en établissant sur terre le règne de Dieu ou celui de la justice, mais le remède s'est souvent révélé pire que le mal; d'autres ont voulu l'enchaîner et la réduire à l'impuissance, mais les dispositifs inventés à cet effet - le droit, la loi, la démocratie - se sont avérés peu sûrs. Ce passé annonce notre avenir: contre Méduse et ses métamorphoses, il nous faudra jour après jour forger de nouvelles armes dans une lutte qui ne finira qu'avec nous.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.