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Paris, formes urbaines et architectures
Térade Annie ; Huet Bernard ; Pinon Pierre ; Lambe
RECHERCHES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782862220338
Le fil conducteur de ce recueil est la construction de la ville. À partir d'exemples historiques ou contemporains, des thèmes majeurs émergent : l'articulation entre architectures et formes urbaines par la création de structures physiques (lotissement, percées de voies, typologies) et à travers l'évolution des procédures de régulation (du " règlement " aux ZAC?) ; la permanence sur la longue durée de tracés révélant la généalogie de l'espace urbain ; la composition architecturale ; les pratiques du projet ; les rapports entre architecture et modes de vie. Au-delà de la dimension "scientifique " du travail historique, se dégage un engagement discret des chercheurs en faveur d'un projet permettant la maîtrise des formes architecturales et urbaines par une réflexion sur la composition, la typologie, la réglementation et les usages. Ce recueil entend être le premier d'une série de cahiers thématiques présentant les résultats de recherches développées par l'Ipraus. Contributions de Huet (Bernard), Pinon (Pierre), Lambert-Bresson (Michèle), Fredet (Jacques), Cantelli (Marilù), Laisney (Francois), Clément (Pierre), Guth (Sabine), Eleb-Harlé (Nicole), Bertrand (Frédéric), Baty-Tornikian (Ginette)
Baudouin Thierry ; Laisney François ; Térade Annie
Loin de l'image d'une ville traditionnelle maîtrisable dans son espace et sa pratique, les métropoles d'aujourd'hui semblent désorienter autant leurs habitants que ceux qui sont en charge de leur aménagement. Pôles internationaux de la " globalisation ", leur " globalité " semble en même temps bien peu accessible, tant les fragmentations matérielles et sociales focalisent d'abord l'attention. Sous l'apparence d'une forme construite permanente qui fait image patrimoniale, sous celle de rapports stables et façonnés par un temps long entre Paris et sa banlieue, la donne a considérablement changé. Paris n'est plus seulement la capitale de l'État-nation, sa métropolisation est perceptible et analysable à toutes les échelles de l'espace urbain. De quoi la métropole parisienne est-elle faite ? De quels paysages, de quels modes de vivre, d'habiter, de se déplacer ? Quels modèles, quelles idées, quelles politiques, quels mécanismes " spontanés " l'ont-ils formée et transformée ? Quels problèmes posent aussi sa gestion et ses structures de décision ? 17 chercheurs (sociologues, historiens, architectes, urbanistes?) interrogent ici les défis que doit relever une capitale du XXIe siècle. Contributions de Barles (Sabine), Cohen (Jean-Louis), Baudouin (Thierry), Eleb (Monique), Fonty (Nicolas), Grillet-Aubert (Anne), Guével (Solenn), Leitner (Patrick), Pégard (Olivier), Renaud (Yann), Ronai (Simon), Sandrini (Clara), Térade (Annie), Villanova (Roseline de), Vivant (Elsa), Wakeman (Rosemary)
Unifier le territoire ? administrativement, politiquement, économiquement ?, faciliter la circulation des personnes et des marchandises : ces préoccupations ont durant tout le XIXe siècle projeté au premier plan l'amélioration des réseaux de routes et de canaux, la création de celui des chemins de fer. L'aménagement des villes, leur embellissement, leur extension n'en furent pas pour autant oubliés : au-delà même de ses effets directs, la création ou la modernisation d'un nouveau moyen de transport ou de déplacement s'avéra le plus souvent l'occasion, pour les autorités ou pour l'initiative privée, agissant de concert ou séparément, d'engager une intervention urbaine d'importance. Était-ce l'infrastructure nouvelle qui devait s'adapter à la ville et au territoire, ou était-ce l'inverse ? Comment ce rapport ? et la façon de le concevoir ? ont-ils évolué au fil des décennies ? Du territoire à la ville, du paysage à l'architecture des bâtiments, à quelles échelles peut-on lire l'impact des nouveaux réseaux ? Contributions de Bondon (Anne), Bowie (Karen), Castex (Jean), Ducos (Laure), Eveillard-Kervarrec (Cassandre), Guével (Solenn), Le Bollan (Christophe), Pinon (Pierre)
Résumé : À Sète où il a trouvé refuge, Nilo, ancien activiste italien, s'est rangé du militantisme. Agent de sécurité dans une usine, il passe une grande partie de ses journées au club de foot des Dauphins. Croit-il vraiment au renouveau de cette équipe en déclin lorsqu'il intrigue pour y faire engager un certain Moschetti ? L'ancien espoir du football Sergio Moschetti a, estime Nilo, les moyens de réussir son retour. Mais quelles sont les véritables motivations du narrateur en faisant revenir à Sète, Moschetti qu'il a connu enfant, fils d'un ancien frère d'armes exilé comme lui ? Est-il pris sur le tard du désir de prolonger dans le petit monde du football l'épopée avortée de ses combats politiques ? Veut-il renouer, en relançant Sergio, avec un amour de jeunesse ? Et si Moschetti refusait de jouer le jeu, au propre comme au figuré ? Dans le vieux port méditerranéen dont l'activité décroît inexorablement, le face à face entre les deux hommes incarne celui de deux générations que séparent leurs visions respectives de l'Histoire et de la réalisation de soi.
B. , un jeune homme à l'air absent, débarque un matin dans la gare de T. Il traverse la ville - celle de sa naissance - comme un étranger et se rend à la poste où il obtient un paquet laissé en instance à son nom. Il en sort un cahier vert dactylographié dont il entreprend et poursuit la lecture, tantôt installé comme un vagabond dans un square ou un café, tantôt à l'hôtel Terminus où une femme mystérieuse lui a retenu une chambre. Cette femme n'est autre que la comédienne Isabelle, narratrice du Cahier vert ; elle y raconte sa liaison d'avant la guerre avec B. - qu'elle nomme d'abord Blüher, puis Bluant -, leurs retrouvailles dans cette petite ville de T. , des années plus tard. Le roman d'une certaine Jeanne Limousin qu'ils ont lu (avec passion) ensemble autrefois est un peu le miroir de leur histoire. B. interrompt parfois sa lecture pour vivre en direct la fiction d'Isabelle, retrouvée, pour une saison à T. parmi sa troupe de théâtre. La comédienne veut avant tout aider le jeune homme à surmonter sa traumatisante angoisse provoquée par un père qui fut accusé d'avoir "donné" un réseau de résistants dans la région. Ainsi, comme un personnage qui se libérerait de la tutelle de son auteur, le "héros" pourrait-il reconquérir sa propre identité. Mais qui est ce B. , ce Blüher, ce Bluant dont les actes et les pensées obéissent aux froides "manigances" d'un cauchemar éveillé ? N'est-ce pas le triple visage d'un seul homme qui se perd dans les dédales de sa propre personnalité avec la lucidité tendue d'un film d'épouvante ?
Musil est aujourd'hui reconnu en France comme l'un des écrivains les plus lucides du XXe siècle ; des numéros de l'Arc, des Cahiers de l'Herne et de la revue Sud lui ont été consacrés. Le livre de Marie-Louise Roth, spécialiste éminente de Robert Musil, propose ici une approche de la vie, de la pensée et du langage de l'écrivain viennois, à partir de petits textes en prose écrits entre 1913 et 1931, publiés par Musil en 1935 dans un recueil au titre ironique : ?uvres pré-posthumes. Ce recueil apparaît comme une suite de variations sur le thème de la recherche d'un comportement humain nouveau. Les points de départ sont des faits observés, des données souvent très ordinaires. Musil réussit à donner à ces contingences de l'instant une pérennité universelle. Nous assistons en fait au procès d'une culture, à la quête d'une nouvelle morale, d'un nouvel humanisme.
Au-delà de la valeur littéraire d'une écriture, dont l'influence souterraine sur la littérature contemporaine est de plus en plus reconnue, au-delà de l'effort d'élucidation critique des essais, l'oeuvre de Maurice Blanchot, depuis Thomas l'obscur jusqu'à Discours sur la patience, ouvre une série de questions que notre époque se pose encore sous une forme confuse. Le parti pris de Blanchot pour la littérature a eu pour conséquence, voulue ou non, de constituer un dehors de l'oeuvre littéraire où, étroitement dépendant de l'écriture, s'édifiait un autre monde pour les hommes. Cet autre monde, dont nous parvient la rumeur prolixe et sourde, fût-il le produit d'une passion pour l'écriture, appartient à tous, à la communauté anonyme, mais à ce point piégé dans un rapport au langage et aux exigences dialectiques et sociales, qu'il est réduit au silence, et cela presque politiquement. C'est de ce monde recouvert que l'oeuvre de Blanchot se fait l'écho. Le dehors, le neutre, l'incessant, l'immédiat, la dissolution du présent et du sujet, l'absence de livre, ces termes n'appartiennent pas seulement à l'espace littéraire, ils commencent aussi à dessiner le monde à venir. Mais peut-être est-ce à condition d'en parler comme " parle " la littérature, que ce monde viendra au jour. Ce monde exige de nous une adhésion agissante, dont la portée est politique, et s'exprimant sous le terme de non-pouvoir.
Ville, race et travail? Comment bâtir des villes de travail, des villes au travail ? Qu'est-ce qu'une spatialité eugénique ? Comment forger une race de travailleurs (entendez tout autre chose qu'un prolétariat) ? Ces questions incandescentes posées par le XIXe siècle, cet âge de la mise au travail en masse, puis portées au fronton des "civilisations concentrationnaires ", nous traversent de part en part. Voyez Orwell, voyez Zamiatine. Â l'horizon de l'État, de tout l'État, un Taylorisme agrandi, étendu, ainsi que le décrivait l'auteur de Nous autres, "à toute la vie, à chaque pas, à chaque mouvement ", intégrant les vingt-quatre heures de la journée. Apprendre à travailler, voilà le leitmotiv de ce temps ; les camps de travail forcé n'en sont que la forme condensée. Peut-être alors comprendra-t-on que, de même que la cité minière ne devait son existence qu'à tenter sans trêve, inlassablement, de former une race de mineurs, la " ville industrielle " ne puisse être et durer sans cette recherche d'un homme nouveau, qu'après Musil, nous nommons "le petit travailleur infatigable ". La ville de santé, de travail et de bien-être ne se pense pas dans la catégorie du prolétaire, mais dans celle de l'homme nouveau : plus qu'un modelage somatique, plus qu'un dressage moral (" une moralisation "), une eugénique de la force de travail.
La transformation de la psychanalyse en composante essentielle de l'ordre social ne justifie pas le renoncement à toute analyse de l'inconscient ; non plus que les impasses des mouvements révolutionnaires la désertion généralisée du politique. En finir avec la dictature du cogito, accepter que des agencements matériels, biologiques, sociaux, soient capables de " machiner " leur propre sort et de créer des univers complexes hétérogènes : telles sont les conditions qui devraient permettre de comprendre comment le désir le plus intime peut communiquer avec le champ social.