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Funky boy
Tenret Yves
MEDIAPOP
12,00 €
Épuisé
EAN :9782918932130
Jeune, j'étais bien décidé à ne jamais aller travailler ! Je voulais détruire l'idée bourgeoise du bonheur. Je voulais être l'émeute pour elle-même. Je voulais réinventer la révolution, être le révolté le plus artistique de tous les temps et le bohème le plus révolutionnaire de l'histoire occidentale. Je voulais inventer de nouveaux sentiments comparables en puissance à la haine et à l'amour. Etre maître du monde, ou bien, chanteur de rock... Je voulais faire la guerre de la liberté avec générosité et colère. Je voulais rester pauvre et insouciant, ne rien posséder. Et j'y suis arrivé ! Je voulais lutter contre la banalisation du monde, déchaîner une inflation mortelle dans le monde des concepts, abolir toutes les spécialités et tous les spécialistes. Je voulais déconstruire le système. Je voulais plus que tout dissoudre en moi-même le désir d'être aimé par les autorités. Je voulais le paradis sur terre sinon rien ! Je voulais réaliser ce que les artistes n'avaient fait que rêver. Je fus essentiellement un mythe, une légende ! Le plus extrémiste, le plus infréquentable des marginaux, connu de tous de par son style provocateur, intransigeant, élitiste. Et comme alors, je parlais bien le désesperanto !
Cette prose est belliqueuse, elle ne flatte pas, elle est pure niaque. Etant essentiellement paresse, je ne développe jamais rien, j'empile, j'entasse, je souffle court. Jeune, entre deux âges, j'étais vieux, radieux et fatigué. Vieux, je suis laborieux, angoissé et infatigable. J'ai été à l'hôpital, j'ai failli y rester, j'en suis revenu. Et à présent, ce n'est plus le passé qui est dramatique mais le futur ! Tout devient angoissant, chier, pisser, dormir et du coup, on se rend compte que pendant soixante-sept ans au moins, on a été insouciant... Cigale ? Eh oui ! Merde aux fourmis !
Une vieille prostituée atteinte d'un cancer, à un stade avancé, confie à son fils des bribes éparses de sa vie. Au fil de ce récit décousu et aviné, de ces histoires morcelées et discontinues se mêlent, dans la tête du garçon, des souvenirs plus anciens et un présent fictif qui vont donner un semblant d'humanité à la gouaille de sa mère. Tout oppose le fils aux m?urs contestataires et sa mère qui, en évoquant indifféremment le milieu du grand banditisme, le Bruxelles des années cinquante, la dernière guerre mondiale, ses problèmes de santé ou le génocide arménien, cherche à lui faire accepter sa vénalité agressive non plus comme une fatalité mais comme une rédemption. Accablé et fasciné, le fils se sent envoûté, foulé aux pieds, privé de lui-même. Elle est si forte! Ce portrait d'une mère est plus grinçant encore que ne l'était Comment j'ai tué la Troisième Internationale situationniste (La Différence, 2004), à propos duquel Gérard Guégan écrivait dans Sud Ouest: "Tenret est doué, il écrit drôlement et c'est un joli roman picaresque, et parfois rabelaisien qu'il nous offre."
Comment j'ai tué la Troisième Internationale situationniste est un bref roman iconoclaste sur le petit monde agité de l'ultra-gauche. Le mardi 6 août 1983, dans un Paris écrasé par la canicule, une quarantaine de révolutionnaires se réunissent au fond d'une cave. L'enjeu est énorme. Ils veulent fonder la Troisième Internationale situationniste. Leur déconfiture sera à la mesure de l'enjeu. Cela n'empêchera pas les deux principaux protagonistes, le saturnien mélancolique, Jérôme Malsain, et le provocateur pathologique, Jean-Luc Noyé, de continuer à gémir et à fanfaronner.
Les courtes monographies contenues dans cet ouvrage s'articulent autour de plusieurs pivots: le goût de George Grosz, James Ensor et Jean Dubuffet pour le graffiti, le ressourcement de Courbet et d'Ensor dans l'art populaire... Tous les artistes ici rassemblés ont en eux quelque chose de "barbare" - et savoir que Jérôme Bosch était membre d'une secte adamiste et hérétique qui considérait que la pratique de l'acte sexuel était une voie d'accès au royaume de Dieu, ne permet-il pas de le redécouvrir avec jubilation? Le refus du classicisme, du cartésianisme, de l'héritage de la Grèce antique leur est commun, l'ironie et la parodie aussi. Fumistes, hydropathes, incohérents, anarchistes, dadaïstes, architectes utopistes, pendant plus d'un siècle les artistes s'opposèrent au système dominant. Qui dira si ce temps-là est révolu?
Eric Dupont-Moretti, l'avocat, plaidait pour une justice plus humaine. Devenu Ministre de la justice, il se dit préoccupé par les conditions de travail du personnel pénitentiaire. Ce personnel est réuni dans #Prisons avec d'autres acteurs de l'insertion et des tribunaux. A visages découverts, ils vous livrent, les aberrations administratives et les cadences infernales, les prises d'otages et les cafards. Ils vous confient aussi leur espoir d'une autre prison. Une prison humaine qui réinsère plus qu'elle ne détruit. Et si les personnels pénitentiaires et judiciaires étaient prêts à changer les choses dès maintenant ? Et si, pour une fois, on laissait faire ceux qui s'y connaissent le mieux ? Et si l'innovation tant attendue n'était finalement pas une énième loi mais une réorganisation à 360° de cette administration à bout de souffle ? Le plus court chemin pour diminuer la délinquance pourrait bien passer par la libération de ceux qui travaillent dans nos prisons et nos tribunaux.
Pourquoi l'esprit a-t-il besoin de griffonner, d'esquisser des schémas, mêlant souvent lettres, lignes et couleurs ? Et si la pensée, dans sa naissance comme dans sa construction, était d'emblée image, et imagination graphique ? Ces tracés inventifs, ces ébauches plus ou moins élaborées mais toujours mystérieuses, qu'ils soient de la main du poète, du mathématicien, du philosophe, du musicien, de l'architecte, ou de tout un chacun, nous les nommons des "grammes" du grec gramma/grammè, "ligne, trait, dessin, écriture" , parce que le mot rend aussi hommage à leur légèreté, leur ténuité, voire leur fragilité, qui les rendent plus vivants et plus singuliers. Trente-deux "grammes de pensée" ont été ici choisis, auxquels répondent respectivement trente deux textes, qui voudraient offrir au lecteur comme un libre fil d'Ariane dans ces fascinants labyrinthes.
Résumé : Le 12 septembre 2019, Philippe Pascal disparaissait brutalement, alors que son groupe Marquis de Sade, séparé depuis 1981 et qui venait de se reformer pour une série de concerts, préparait un troisième album inespéré. Pour rendre hommage au chanteur magnétique qu'il rêvait d'approcher à ses débuts, Dominique Ané, connu sous son nom d'artiste Dominique A, nous livre le récit sobre et délicat de leurs rencontres souvent manquées, de ce qui a eu lieu et de ce qui aurait pu avoir lieu. Au fil des pages, ce sont les destins croisés de deux chanteurs liés à deux villes voisines, Rennes et Nantes, que nous raconte l'auteur sans enjoliver ou cacher ses sentiments.
Fasciné par Les Détectives sauvages, roman fleuve de Roberto Bolano, Julien Allouf décide de partir au Mexique emboîter le pas aux poètes réalviscéralistes dont il a suivi les errances à travers les rues de Mexico tout le long de sa lecture. Il décide de partir vivre leurs aventures, de retrouver les bars qu'ils avaient fréquentés, les bancs, les parcs, les trottoirs qu'ils avaient arpentés... Et, par une suite de heureux hasards, il croise le chemin des poètes infraréalistes qui ont inspirés à Bolano les personnages de son livre : Peau Divine, Ulises Lima, les soeurs Font... Il découvre leurs poèmes, leurs manifestes, leur quête : vivre la vie comme l'art et l'art comme la vie. "Convulsivement" . Et, petit à petit, il abandonne le livre pour se laisser gagner par la vie qui s'offre, un appareil photo à la main... Le journal de cette traversée se déploie entres lettres inédites, poèmes, manifestes et photographies et laisse apparaître, en filigrane, un portrait en creux de Roberto Bolano.