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Oncle Vania ; Les Trois Soeurs
Tchékhov Anton ; Adamov Arthur ; Cadot Michel
FLAMMARION
7,00 €
Épuisé
EAN :9782080712455
En quoi consiste le bonheur? Est-il à notre portée? Dans Oncle Vania (1897), les personnages s'interrogent. Aux élans d'espoir et de joie succèdent l'abattement et la détresse. Le dégoût d'être laid, vieux, malade. L'ennui d'habiter en province, où jamais rien ne se passe; de travailler comme un forcené, sans reconnaissance aucune. La douleur d'aimer sans retour. La fadeur de ne pas aimer. Ailleurs, à une autre époque, dans d'autres circonstances, peut-être, ils auraient pu être heureux... Bien sûr, il y a la révolte, la tentation du meurtre, celle du suicide. Mais en vain. La vie est là, amère et crue: on s'y enlise. «Vous dites que la vie est belle. Oui, mais si ce n'était qu'une apparence! Pour nous, les trois soeurs, la vie n'a pas encore été belle, elle nous a étouffées, comme une mauvaise herbe», affirme Irina dans Les Trois Soeurs (1901). Son rêve le plus cher, partir à Moscou, restera inaccompli. Que nul ne vienne chercher, dans ces pièces de Tchekhov, un héros classique, ou un geste grandiose; car ainsi que l'affirmait le dramaturge: «Dans la vie, les hommes ne se tuent pas, ne se pendent pas, ne se font pas des déclarations d'amour à tout bout de champ. Ils ne disent pas à tout instant des choses pathétiques. Ils mangent, ils boivent, ils se traînent et disent des bêtises. Et voilà, c'est cela qu'il faut montrer sur scène.»Traduction d'Arthur Adamov, révisée par Michel Cadot. Présentation par Michel Cadot
Voici des nouvelles sur le «royaume des femmes». Ainsi, la Dame au petit chien promène son ennui et son chien sur la digue d'une station de la mer Noire. Un homme solitaire la remarque, l'aime, mais ne peut triompher plus tard de toutes les barrières qui se dressent sur le chemin de leur bonheur.Tchékhov souffrait d'une impossibilité d'aimer. Mais l'amour lui inspire émotion ou ironie («Si vous craignez la solitude, ne vous mariez pas»), et une grande variété de tableaux : «Une nouvelle qui n'a pas de femmes, écrit-il, c'est une machine sans vapeur.» L'héroïne par excellence est pour lui la femme incomprise, qui rêve d'une autre vie, inaccessible.
Peu de pièces auront été autant jouées que La Cerisaie, depuis sa création en 1904. Et supporté des éclairages, des commentaires aussi contradictoires. Pièce-testament (Tchekhov meurt l'année même de la parution de la pièce), oeuvre charnière, La Cerisaie referme doucement une porte sur un monde agonisant, tandis qu'une autre s'entrouvre, par où pénètre, comme par effraction, l'aube d'une ère nouvelle. Aube ou crépuscule ? Tchekhov ne tranche rien. Il décrit le neuf et l'ancien, le passé comme l'avenir, avec les mêmes couleurs indécises, fluctuantes. Ses personnages ont l'allure de fantômes, d'ombres blanches, de marionnettes aux fils brisés. Leurs dialogues décousus, hésitants, laissent surgir des plages de silence, un vide soudain mis à nu où résonnent d'étranges échos. On ne peut ici s'accrocher à rien. Même la mort paraît incertaine, quand "la vie a filé, et on dirait qu'elle n'a pas commencé". Ainsi posée en suspens, la voix de Tchekhov, son murmure, ne cesse de nous interroger, avec une douce insistance. --Scarbo
4e de couverture : La Cerisaie et Oncle Vania mettent en scène deux familles confrontées à la question de la vente des domaines qu'elles occupent. Héritiers d'un monde éteint, les personnages contemplent la certitude de leur déclin. Venus après la défaite, les aristocrates de La Cerisaie sont condamnés à demeurer dans un monde auquel ils n'ont plus part. Des anciens privilèges seigneuriaux, il ne reste que celui de hanter ces demeures vouées à la ruine. Comme l'inlassable Khrouchtchev (Le Sauvage), qui replante les arbres à mesure que les hommes les arrachent, les personnages de Tchékhov sont tenus de prolonger indéfiniment le délai qui les sépare de l'inévitable. Loin de démentir ces trois drames, la brièveté des neuf pièces en un acte qui les suivent confirme l'impossibilité d'abréger l'éternité.Notes Biographiques : Né à Paris le 23 août 1923, Georges Poulot étudie l'art dramatique au Centre du spectacle de 1939 à 1946. Engagé à la Comédie-Française, il renonce pourtant au métier de comédien en 1950, devient alors lecteur au T.N.P. de Jean Vilar, puis pour le compte des Éditions Gallimard, où il se lie d'amitié avec les principaux membres de la N.R.F. Retiré en Bretagne, à Douarnenez, dès 1959, Georges Perros est mort le 24 janvier 1978 à Paris.
Iphigénie est innocente et vertueuse; c'est pourtant elle que son père doit se résoudre à sacrifier. Iphigénie incarne la douceur et la tendresse; c'est pourtant elle qui est au centre du déchaînement des fureurs familiales. Iphigénie exalte le dévouement et l'abnégation jusqu'au sublime; c'est pourtant elle qui subit les lâchetés et les excès dévastateurs. Tels sont les tragiques paradoxes d'Iphigénie, où l'oracle divin ne semble rien d'autre que le révélateur des passions des hommes.
Stratford-on-Avon 1564 - idem 1616, poète dramatique anglais. On connaît mal sa vie. Fils d'un commerçant ruiné, il se maria à dix-huit ans; en 1594, il était acteur et actionnaire de la troupe du lord chambellan. Vers 1598, il s'installe au théâtre du Globe et, vers 1613, il se retire à Stratford. Son oeuvre, qui comprend des poèmes (Vénus et Adonis, 1593) et un recueil de Sonnets (1609), est essentiellement dramatique. On peut distinguer dans son théâtre trois périodes: la jeunesse (1590 - 1600), marqué par un enthousiasme très élisabéthain, qui est l'époque des comédies légères et des fresques historiques (Henri VI, v. 1590; Richard III; la Mégère apprivoisée, v. 1594; Roméo et Juliette, le Songe d'une nuit d'été, v. 1595; le Marchand de Venise, v. 1596; Beaucoup de bruit pour rien, v. 1598; Jules César, v. 1599; Comme il vous plaira, les Joyeuses Commères de Windsor, la Nuit des rois, v. 1600); une période (1600 - 1608) où, sous l'effet des déceptions politiques et personnelles, les tragédies sombres alternent avec quelques comédies (Hamlet, Othello, Macbeth, le Roi Lear, Antoine et Cléopâtre, v. 1606; Coriolan, v. 1607; Timon d'Athènes, v. 1608); à partir de 1608, le retour à l'apaisement avec les pièces romanesques (Cymbeline, v. 1609; Contes d'hiver, v. 1610; la Tempête, v. 1611). Ecrit pour un public composé d'hommes du peuple et d'aristocrates, ce théâtre étonne par la variété et la vigueur du style, par le foisonnement des personnages et leur diversité sociale et psychologique, par la maîtrise de la construction dramatique.
De jeux de scène burlesques en pitreries, Le Médecin malgré lui est une farce réjouissante où le bûcheron Sganarelle. successivement mari dupé, faux médecin et marieur, réussira quelques jolis tours de force. Quand il aura battu Géronte, séduit la nourrice, acheté la confiance des tourtereaux Lucinde et Cléante, et risqué la pendaison, il n'aura plus qu'à faire la paix avec sa femme ! Le rire faisant fi des convenances, les serviteurs endossent ici l'habit des maîtres avec la bénédiction du spectateur.
Une jeune femme amoureuse joue la comédie pour s'affranchir de l'autorité paternelle ou maritale. Sa suivante rusée ou le valet lourdaud de son prétendant manoeuvrent pour faire triompher ses sentiments... Et le père sévère ou le mari jaloux se font allègrement duper. Tels sont les ressorts comiques dont Molière joue ici avec brio. Recourant à la fantaisie de la farce ou à l'élégance de la comédie-ballet, ces trois courtes pièces célèbrent le désir et se rient des donneurs de leçons.